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28 mars 2006

CPE - Comment gagner ?

Au dela de l'inevitable et habituelle - et mesquine - bataille de chiffres, il apparait clairement que la mobilisation du 28 mars est encore plus forte que celle du 18.

C'est la convergence de trois mouvements massifs issus du secteur public, du secteur prive et de la jeunesse lyceenne et etudiante.

Et cela est d'autant plus remarquable que l'on connait la difficulte de faire greve dans le prive et que la mobilisation du public, moins concerne par les contrats precaires, n'etait pas assuree.

C'est donc la majorite des travailleurs, le pays "reel", qui rejette le CPE.

Et qui rejette aussi, probablement, l'entreprise de demolition du Code du travail et la regression sociale que des abrutis mediatiques nous presentent comme une "modernisation" voire un "progres" !

Cela dit rien n'est regle. Sauf un improbable retournement politique, Chirac Villepin Sarkozy et le MEDEF-UMP n'ont pas l'intention de reculer.

Derriere Villepin et son ambition insensee de devenir le "Thatcher" francais, c'est toute la bourgeoisie nationale et europeenne qui reve d'ecraser notre modele social.

Bien involontairement la majorite des travailleurs et des jeunes se trouve engagee dans un bras de fer "classe contre classe" ... initie par le patronat et ses representants !

La situation se complique du fait qu'il ne faut attendre aucune aide de la "goche" officielle, PS PC et Verts, qui se reserve pour 2007. Ces partis esperent bien recuperer les benefices electoraux du combat des jeunes et des salaries, mais en aucun cas il ne souhaitent une crise politique susceptible de compromettre leurs esperances.

Et du cote des syndicats c'est un terrible dilemme. Soit jouer les pompiers et risquer de perdre sur tous les tableaux, c'est a dire encaisser une defaite sociale de plus et perdre la confiance - et les adhesions - des salaries trompes. Soit les syndicats engagent l'epreuve de force avec le risque non negligeable d'ouvrir une crise politique et d'en subir les consequences ..

Pour le moment l'inhabituelle duree du "front syndical" signifie surtout que chaque organisation essaye de temporiser. Se raccrochant au fragile - et peu credible - espoir de faire revenir Villepin a la raison et a la table des negociations serieuses.

Mais il ne faut pas rever, les jeunes et les salaries ne doivent accorder aucune confiance aux professionnels de la politique et du syndicalisme. Ces gens la ne defendent ni les patrons, ni les salaries, mais d'abord leurs propres interets de boutique.

La clef de la situation c'est de bien comprendre pourquoi le 28 mars a ete une reussite: parce que c'est l'alliance, au dela des clivages de secteurs ou de generations, de la majorite des salaries (et futurs salaries).

Ou pour le dire avec un rien de nostalgie, le 28 mars c'est l'application triomphante du celebre slogan "Tous ensemble !!"

(de mon temps c'etait "el pueblo unido jamas sera vincido" mais je suis un vieux crouton :)

Et la suite des evenements va certainement dependre de la possibilite de maintenir et de developper une action coordonnee des salaries et des etudiants.

Ce qui suppose de mettre en place des coordinations de salaries, partout ou c'est possible, sur le modele de la coordination etudiante, de maniere a optimiser les actions des uns et des autres en agissant de concert.

Et par ailleurs des coordinations etudiants, salaries, syndiques, non syndiques, ... assurent au mouvement de fonctionner le plus democratiquement possible et de limiter le risque d'etre pris en otage par les organisations officielles.

L'enjeu est tellement important - la disparition de ce qu'il reste des droits des travailleurs - que l'on devrait se donner tous les moyens pour lutter efficacement et gagner !

14:57 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

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Écrit par : tisseur de toile | 28 mars 2006

bug dans l'adresse ci-dessus

Écrit par : tisseur de toile | 29 mars 2006

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