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31 mars 2006

CPE - La guerre !!

Le Conseil constitutionnel vient de valider le CPE, comme il avait valide le CNE l'annee derniere.

Si la loi est promulguee immediatement ce sera incontestablement une declaration de guerre aux jeunes, aux jeunes salaries et aux salaries en general.

La strategie du gouvernement est claire : passer en force et faire la preuve que l'on peut imposer le demantelement du Code du travail en France.

C'est un pari risque. Les sondages confirment que 80% de la population rejette le CPE et ce qu'il represente : l'arbitraire patronal, la precarisation des jeunes, le liberalisme sauvage du 19eme siecle ...


Maintenant la suite des evenements est facile a deviner.


1 - Une repression de grande ampleur.

L'ouverture des colleges, lycees et universites par la force. Des sanctions contre les "meneurs", contre les enseignants aussi. Chantage aux examens, arrestations en masses des manifestants, condamnations exemplaires ...

Dans le contexte d'une campagne mediatique intensive et en utilisant - ou en creant - de nombreuses provocations.



2 - Des syndicats complices.

Le gouvernement suppose, a juste titre, que les syndicats feront tout pour eviter la crise politique cree par une greve generale.

On va donc nous rejouer la serie "Retraites 2003" avec son cortege de "temps forts" sans lendemain et de manifs traine-savate aux slogans indigents.

On va attendre que le mouvement s'essoufle, puis ensuite la "rupture" du front syndical parachevera le travail de demolition du mouvement de contestation.



3 - Une gauche politiquement absente.

Deja les premieres declarations socialistes sont explicites : pas question de risquer une crise politique, par exemple en demandant la demission de Villepin.

On soutient vaguement mais on n'agit pas. Rien avant 2007 !



Ce scenario catastrophe peut parfaitement echouer. Mais il va falloir se prendre en main !

Tous ensemble !!

Ce qui implique une urgence : creer l'unite de la jeunesse et des salaries.

- creer partout des coordinations etudiants-salaries
- decider democratiquement de revendications sociales communes
- preparer ensemble la greve generale reconductible

On est quand meme nombreux et motives, donc ...

14:46 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5)

28 mars 2006

CPE - Comment gagner ?

Au dela de l'inevitable et habituelle - et mesquine - bataille de chiffres, il apparait clairement que la mobilisation du 28 mars est encore plus forte que celle du 18.

C'est la convergence de trois mouvements massifs issus du secteur public, du secteur prive et de la jeunesse lyceenne et etudiante.

Et cela est d'autant plus remarquable que l'on connait la difficulte de faire greve dans le prive et que la mobilisation du public, moins concerne par les contrats precaires, n'etait pas assuree.

C'est donc la majorite des travailleurs, le pays "reel", qui rejette le CPE.

Et qui rejette aussi, probablement, l'entreprise de demolition du Code du travail et la regression sociale que des abrutis mediatiques nous presentent comme une "modernisation" voire un "progres" !

Cela dit rien n'est regle. Sauf un improbable retournement politique, Chirac Villepin Sarkozy et le MEDEF-UMP n'ont pas l'intention de reculer.

Derriere Villepin et son ambition insensee de devenir le "Thatcher" francais, c'est toute la bourgeoisie nationale et europeenne qui reve d'ecraser notre modele social.

Bien involontairement la majorite des travailleurs et des jeunes se trouve engagee dans un bras de fer "classe contre classe" ... initie par le patronat et ses representants !

La situation se complique du fait qu'il ne faut attendre aucune aide de la "goche" officielle, PS PC et Verts, qui se reserve pour 2007. Ces partis esperent bien recuperer les benefices electoraux du combat des jeunes et des salaries, mais en aucun cas il ne souhaitent une crise politique susceptible de compromettre leurs esperances.

Et du cote des syndicats c'est un terrible dilemme. Soit jouer les pompiers et risquer de perdre sur tous les tableaux, c'est a dire encaisser une defaite sociale de plus et perdre la confiance - et les adhesions - des salaries trompes. Soit les syndicats engagent l'epreuve de force avec le risque non negligeable d'ouvrir une crise politique et d'en subir les consequences ..

Pour le moment l'inhabituelle duree du "front syndical" signifie surtout que chaque organisation essaye de temporiser. Se raccrochant au fragile - et peu credible - espoir de faire revenir Villepin a la raison et a la table des negociations serieuses.

Mais il ne faut pas rever, les jeunes et les salaries ne doivent accorder aucune confiance aux professionnels de la politique et du syndicalisme. Ces gens la ne defendent ni les patrons, ni les salaries, mais d'abord leurs propres interets de boutique.

La clef de la situation c'est de bien comprendre pourquoi le 28 mars a ete une reussite: parce que c'est l'alliance, au dela des clivages de secteurs ou de generations, de la majorite des salaries (et futurs salaries).

Ou pour le dire avec un rien de nostalgie, le 28 mars c'est l'application triomphante du celebre slogan "Tous ensemble !!"

(de mon temps c'etait "el pueblo unido jamas sera vincido" mais je suis un vieux crouton :)

Et la suite des evenements va certainement dependre de la possibilite de maintenir et de developper une action coordonnee des salaries et des etudiants.

Ce qui suppose de mettre en place des coordinations de salaries, partout ou c'est possible, sur le modele de la coordination etudiante, de maniere a optimiser les actions des uns et des autres en agissant de concert.

Et par ailleurs des coordinations etudiants, salaries, syndiques, non syndiques, ... assurent au mouvement de fonctionner le plus democratiquement possible et de limiter le risque d'etre pris en otage par les organisations officielles.

L'enjeu est tellement important - la disparition de ce qu'il reste des droits des travailleurs - que l'on devrait se donner tous les moyens pour lutter efficacement et gagner !

14:57 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

26 mars 2006

CPE - Exigeons le départ de Sarkozy et Villepin.

C'est une situation politique relativement compliquee qui se presente.

1 - On n'insistera par sur le bien fonde du mouvement des salaries et des etudiants : le rejet du CPE ne peut pas se negocier.

Le CPE est inadmissible :

- une période d'essai de deux ans n'a aucune raison d'exister, il ne faut pas deux ans - même à un patron mongolien - pour juger de la qualité du travail de son employé !

- le licenciement sans motifs est inacceptable, même les instances internationales comme le BIT exigent que les licenciements soient justifiees.

Le CPE, comme le CNE, ne sert qu'a installer davantage de précarité et d'arbitraire.

2 - Ce qui complique la situation du point de vue de la droite c'est que le conflit du CPE est instrumentalisé par Villepin pour servir ses ambitions présidentielles. Gagnant, il aura prouvé qu'il est bien le "chef" naturel de la droite capable d'imposer les pires derives ultrliberales, et donc le candidat non moins naturel pour 2007.

Perdant il fait chuter l'ensemble du gouvernement, Sarkozy compris !

Lequel Sarkozy commence a perdre les pedales. Il ne peut pas ne pas soutenir son rival. Tout en mesurant, comme ministre de l'interieur, le grave danger d'explosion sociale qui se profile.

Il soutient tout en critiquant mais en assurant de son soutien indefectible ... bref n'importe quoi :)

3 - Mais la situation n'est pas meilleure du point de vue de la gauche et des syndicats. Le PS ne pense qu'a une chose; surfer sur la vague du CPE pour atteindre peinardement 2007 !

Et surtout ne pas provoquer de crise politique. C'est que le PS a besoin de Villepin comme repoussoir. Une chute du gouvernement serait la pire des choses et tout doit etre fait pour l'eviter.

Et comment l'eviter si le CPE n'est pas retiré, ce que Villepin ne peut pas faire sans se suicider politiquement.

4 - Du cote des syndicats c'est le meme dilemme. La CFDT qui vient de perdre 10% des ses adherents depuis 2003 ne veut plus negocier unilateralement. Idem pour la CGT qui vient d'essuyer une serie de defaite et qui ne peut plus se permettre aucune compromission.

C'est ce qui explique le "front syndical" inhabituellement durable ...

La situation semble donc bloquée.

Il y aurait bien une solution : que tous les salaries descendent dans la rue avec les etudiants et imposent le retrait du CPE et de quelques lois anti salariees prises ces dernieres annees.

Tous dans la rue le 28 mars !!!

22:27 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3)

18 mars 2006

CPE - Vers la grève générale ?

Plus de un million de personnes sont descendues dans les rues pour s'opposer au CPE.

Les sondages montrent évidemment qu'une écrasante majorité des francais est contre le CPE.

Et comment en serait il autrement quand le gouvernement se propose de demanteler le Code du Travail pour faire de chaque salarie un precaire en sursis!


Dans une démocratie lorsque plus d'un million de citoyens donnent leur opinion le gouvernement ferait bien d'en tenir compte ...

Si le gouvernement s'entete il ne restera plus d'autre choix que de preparer la greve generale !!


Politiquement le MEDEF-UMP peut faire le choix de d'enteter, ce qui causera inevitablement la chute de Villepin. Cela n'inquiete pas trop les strateges patronaux qui ont en reserve un Sarkozy de choc pour faire passer l'ultra liberalisme ...

Mais le calcul pourrait s'averer perilleux si apres des decennies de foutage de gueule patronaux, les salaries se mettaient a l'idee de refaire 1936 ou 1968 ...

20:15 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

17 mars 2006

CPE : Non à la répression aveugle !!

Les incidents qui éclatent "spontanément" (suivez mon regard :) lors des manifestations anti CPE donnent l'occasion au gouvernement Villepin Sarkozy de ressortir le bon vieil "argument" du matraquage, des interpellations massives et des condamnations arbitraires qui s'ensuivent.

Non seulement le CPE doit etre retire immédiatement mais ce gouvernement devrait se rendre compte que ce serait de la folie de jeter de l'huile sur le feu en essayant l'intimidation, les menaces et la violence.

Le Contrat Esclavage que refusent les jeunes n'est que la partie émergée d'un véritable iceberg de lois, récentes et multiformes, destinées à détruire toutes les dispositions du Code du Travail qui sont favorables aux salariés.

C'est l'ensemble des salariés, et à tous les niveaux, qui sont menacés par les dispositions des textes comme le CPE.

"Tous ensemble" dans la rue le 18 mars !!

Pour exiger le retrait du CPE et le respect de la liberte de manifester pacifiquement.



PS.
Les braves deputes UMP indignes par l'affaire Outreau ne voient pas d'objection a laisser faire des centaines de petits Outreau ? Arrestations arbitraires, mepris des droits de la defense, condamnations a la chaine ... pendant combien de temps devrons supporter que notre pays soit cite en permanence comme un exemple des violations des droits de l'homme ? Encore recemment la France vient de se faire epingler par Bruxelles a ce sujet ...

PPS Jeu-concours:

Parmi les dizaines de jeunes casseurs masques qui attaquent les manifestants et les policiers combien d'entre eux sont des delinquants chevronnes ayant touches quelques billets pour aller "animer" les manifestations etudiantes ?

Les meilleures reponses seront publiees ici :)

14:38 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)