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17 mars 2007

La culture du risque.

Lors de son discours du 14 janvier Sarkozy a fait une interessante declaration sur les fonctionnaires qualifies de "demotives" et sur la fonction publique qui serait "le refuge de tous ceux qui ont peur de prendre des risques"

Et c'est cette notion de risque qui m'interesse.

Je fais le rapprochement avec une declaration recente de la presidente du MEDEF, dont Sarkozy porte la politique, qui disait en gros : "tout est precaire dans la vie, l'amour est precaire et pourquoi le travail ne serait il pas precaire ?"

Cet eloge indecent de la precarite doit etre lie a la pretendue "culture du risque" qui est l'une des tartes a la creme du neoliberalisme.

Il va sans dire que l'on parle ici du risque des salaries et des gens modestes.

Pour les elites, genre Sarkozy, le "risque" consiste a naitre a Neuilly sur Seine, de parents aises, a frequenter le lycee bourgeois du quartier avant de faire des etudes de droit dans une faculte non moins bourgeoise et d'ouvrir un cabinet d'avocat d'affaire sans doute avec l'appui familial ...

Pour les nantis c'est donc plutot la culture du risque zero : tel ces PDG qui exigent des millions d'indemnites en cas de licenciement et qui les touchent meme si ils ont ruine l'entreprise !! (Le risque oui mais pas la responsabilite apparemment :)

C'est encore le cas de ce fils de grande famille, adepte des sports extremes, et dont la famille mobilise l'armee et l'aviation le jour ou il s'egare dans le desert. Car les nantis aiment bien le risque mais modere !

A l'inverse si le fils de Mohamed X, ouvrier smicard dans le batiment, s'egare de la banlieue dans le metro parisien, il peut compter sur la celerite de la police et de la justice pour le remettre dans le droit chemin :)

Bref la culture du risque dont cause le neoliberalisme, c'est le risque maximum applique aux salaries.

Faisons un retour par la case economie. Dans la liturgie patronale l'entrepreneur est celui qui donne son temps et son argent (ou celui des actionnaires) pour creer une entreprise et qui en supporte le risque (tres modere dans le cas des societes)

C'est sur la base de cet argument que le patronat refuse de partager equitablement la richesse produite par l'entreprise : puisque c'est moi qui prend le risque il est normal que je ramasse tout le benefice et que je laisse des miettes aux salaries.

Bien evidemment cet argument est bidon. Dans une entreprise ce n'est ni l'entrepreneur, ni les actionnaires qui creent la richesse, ces sont les salaries !!

Mais revenons a la theorie patronale neoliberale, que l'on peut dater - sans carbone 14 - des annees 60 à 80. Il s'agit maintenant de deporter les risques qui sont supportes par l'entreprise sur les salaries !

En pratique cela conduit a ne plus payer les charges sociales (retraites, secu ...) au nom de la liberte (bien sur !) pour chacun de cotiser individuellement pour la maladie, la retraite etc (le salarie doit apprendre a supporter les risques de la vie et a ne plus etre un assiste !)

Et plus precisement on cherchera a ne plus payer que le travail effectif. Par exemple j'ai besoin de 2 journees de travail alors je paye 2 journees, et tant pis si le salarie creve de faim le reste du mois, c'est son probleme pas le mien.

Ce qui conduit le neoliberalisme, dans le cadre de la "mondialisation", a supprimer partout la notion meme de contrat de travail. Desormais, et c'est le projet explicite de Sarkozy - sous le nom de contrat unique - on en revient au contrat de louage.

Exemple : je vous embauche pour produire, mais le marche se retrecit et je vous vire aussi sec, eventuellement a la prochaine embellie je vous rembauche pour quelques jours, et ainsi de suite ... la precarite generalisee !

Et en effet, de cette facon une grande partie des "risques" qui etaient supportes par l'entreprise sont aujourdhui reportes sur les salaries. Une baisse des ventes ? Pas de souci je vire 10 salaries et mon compte d'exploitation reste intact ! (et tant pis si je brise la vie des salaries et de leurs familles c'est pas mon probleme)

Le neoliberalisme repose sur un egoisme forcene et antisocial, et associal meme !!

Car on ne peut pas construire une societe viable sans un minimum de securite pour les moins nantis ...

C'etait ce regime de precarite qui etait en vigueur au 19eme siecle ou le "journalier" (on dirait SDF aujourdhui) errait de villes en villes chercher son travail a la journee ... jusqu'a ce que des Revolutions imposent un contrat de travail qui permettent de vivre decemment, d'avoir une habitation, d'elever une famille etc ..

Le neoliberalisme porte par Sarkozy nous propose de revenir a cette belle epoque.

Malheureusement pour lui, et on l'a vu le 29 mai 2005 avec le rejet du TCE ultraliberal, les gens commencent a se mefier !!


Eliminer Sarkozy sera une question de vie ou de mort pour nombre de salaries !!


PS
Et quand on voit la reforme des maladies professionnelles et des accidents du travail concoctee par le patronat et les syndicats on peut se dire que la formule n'est pas forcement excessive !!

11:52 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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