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21 avril 2007

La Gauche ?

Les petits candidats ayant beneficie d'une large diffusion tele de leurs programmes vers 3H du matin je reproduis quelques extraits du programme politique du candidat que je soutiens, Besancenot, sur un theme cle de cette election : ou elle est la gauche ?

Y-a-t-il une gauche dans la gauche ?

Dans la seconde moitié des années 90, l’Europe comptait 13 gouvernements sur 15 à participation socialiste, ou dirigés par la social-démocratie. Jamais cette composante de la gauche n’avait été aussi influente. Non seulement aucun des traités libéraux précédents (dont celui de Maastricht) n’a été remis en cause, mais ils furent scrupuleusement mis en oeuvre, et renforcés par de nouveaux traités et accords. En France, le gouvernement de la gauche plurielle a plus privatisé d’éléments du secteur public que les deux gouvernements de droite qui l’avaient précédé. Dans d’autres pays, cette politique libérale des socialistes a été encore plus loin, comme dans l’État Espagnol ou en Italie. La “ troisième voie ” de Tony Blair est celle qui a donné la cohérence théorique la plus construite à cette évolution, mais en Allemagne « l’agenda 2010 » du gouvernement Schröder de coalition avec les Verts n’en est guère éloigné en pratique.

La social-démocratie européenne s’est désormais moulée dans le cadre libéral. A la notable exception d’une partie du PS français, elle a unanimement soutenu le projet de constitution libérale organisant « la concurrence libre et non faussée ». Le “ changement de société ” naguère revendiqué par un parti comme le PS français appartient au passé. Dans le cours du siècle précédent, jamais ce parti une fois parvenu au pouvoir n’a réellement mis en cause les racines de la société d’exploitation, quand il n’a pas volé à son secours, jusqu’à l’infamie du soutien aux guerres coloniales. Mais il trouvait dans chaque cas des prétextes de circonstance à ces politiques : le changement, le vrai, était renvoyé aux calendes. Il est désormais carrément abandonné. Le ralliement de la social-démocratie européenne à « l’économie sociale de marché » des nouveaux libéraux est un long processus, amorcé chez certains dès la fin de la guerre mondiale.

Ce processus a connu des seuils et des paliers, comme le congrès de Bad-Godesberg où la social démocratie allemande a renoncé officiellement au marxisme ou les renoncements accumulés en France sous les septennats de Mitterrand. La chute du mur de Berlin, celle du stalinisme, ont accéléré cette évolution, acceptant comme indépassable l’horizon du capitalisme, sous prétexte d’éviter la dictature de “ l’économie administrée ” . Les discours de Tony Blair sur « la troisième voie » , ceux des conseillers de Schröder sur le « nouveau centre », le « réformisme réformé » d’un DSK ne font qu’officialiser cette mue idéologique qui accompagne une fusion organique de plus en plus poussée entre les cercles dirigeants de la social démocratie et ceux du grand patronat.

Cette évolution bouleverse la place de la social-démocratie dans la gauche. En particulier, l’espace où sa politique peut sérieusement se distinguer de celle des partis de la droite classique diminue, jusqu’à parfois disparaître. Dans ces conditions, les partis alliés qu’elle entraîne sont, quelles que soient les intentions proclamées, conduits à partager la responsabilité de cette atténuation des frontières entre le centre-droit et le centre-gauche. La distinction entre les deux “ centres ” est d’ailleurs fragile, même sur le plan des proclamations théoriques. Il s’agit au mieux d’opposer “ une société de marché ” (passion des libéraux) à une “ économie sociale de marché ” qui serait au service de l’humain. Comme la logique de ce marché est impitoyable, (c’est celle de la marchandisation de tout “ le social ”), l’opposition se réduit en définitive à limiter ou tempérer les ravages des politiques capitalistes libérales, acceptées comme inévitables. C’est “ le social-libéralisme ”, dont le contenu est le libéralisme et l’écume le social.

La coupure avec les bases sociales traditionnelles de la social-démocratie qu’entraînent ces politiques ont conduit certains partis socialistes à la rupture (comme en Allemagne) ou à des tensions sérieuses (comme en France). Au sein de la social-démocratie et de certains secteurs de gauche qui lui sont alliés, existe ainsi la volonté de résister aux dérives social-libérales, mais, la plupart du temps, accompagnée de l’illusion que la réponse à une telle évolution réside dans le retour à l’âge d’or du passé, aux années 50 et 60, même en admettant pudiquement que cette période (celle des guerres de libération coloniales) n’était pas un “ âge d’or ” pour tout le monde. Des politiques économiques d’inspiration keynésiennes, appuyées sur des institutions financières adaptées, un État rétabli dans sa vocation sociale, un renforcement des secteurs et services publics, une meilleure protection des salariés contre la rapacité patronale, un chômage faible et des emplois plus stables, un retour au partage revenus/profits plus favorable aux premiers : voilà le rêve de ces courants. Si un tel “ retour ” aux sources de la social-démocratie se manifestait, il constituerait certainement un progrès par rapport aux renoncements actuels. Mais ce rêve fait la plupart du temps abstraction des rapports de force qui ont obligé les classes dominantes de l’époque à ces compromis effectivement moins favorables pour elles. Pour récupérer des droits ou des acquis sociaux liquidés depuis le début des années 80, il faudrait infliger des reculs considérables aux classes dominantes et accepter d’organiser une confrontation d’ampleur avec le capitalisme. Exactement celle que propose la gauche radicale.

Finalement, c’est bien à ce point qu’en sont rendus les dirigeants de la social démocratie et ses alliés. Le réformisme qu’ils opposent à notre alternative révolutionnaire ne conduit pas à des réformes, même plus lentes et modestes que ce que nous voudrions. Comme stratégie d’accommodement avec la bourgeoisie, ce réformisme devient pour le social-libéralisme au mieux une politique d’accompagnement des contre-réformes libérales. En ce qui concerne par ailleurs le parti communiste le choix se fait toujours plus délicat entre une alliance de soumission avec le social-libéralisme (comme pendant l’expérience de la gauche plurielle) et une alliance de combat des forces antilibérales et anticapitalistes.

Tout ceci ne signifie pas qu’il n’y ait plus aucune différence entre la droite et la gauche, et entre les partis qui parlent en leur nom. Le clivage gauche/droite demeure structurant pour la vie politique en France. Question d’héritage de combats passés, question de valeurs de référence qui restent encore distinctes, même si la portée symbolique de ce clivage s’efface du fait d’un rapprochement effectif entre social libéralisme de gauche et libéralisme social de droite. Surtout, les forces sociales qui soutiennent l’une et l’autre continuent à être durablement séparées. Comme le montre la leçon donnée par le « non de gauche » au référendum sur le projet de traité constitutionnel européen, les problèmes et les espoirs immédiats de ceux qui votent socialiste, vert, communiste peuvent souvent conduire à des exigences communes avec ceux qui votent pour les partis de la gauche radicale. C’est la raison pour laquelle nous ne confondons pas la gauche et la droite.

La majorité du parti socialiste n’a plus grand chose de commun avec la social démocratie d’avant-guerre, par sa composition sociologique (en particulier celle de ses directions), ou celle de sa base électorale. Mais même ainsi il reste soumis à une contradiction majeure : assumer la soumission aux exigences de la globalisation capitaliste au risque de se couper des couches populaires (comme en avril 2002), ou développer un discours plus apte à être entendu de celles-ci, mais au risque de voir une fois de plus les actes démentir les paroles.


PS. Cette analyse est l'occasion de rappeler que pour les salaries, le vote utile c'est le vote 100% a gauche pour defendre leurs interets !! Demandez le programme ! (pdf)

Commentaires

Je suis auxilaire de vie et aujourd'hui je passais l'oral pour la reconnaissance d'un travail effectué depuis six ans dans cette ville de Montpellier.
Expérience tres enrichissante pour un ancien taxi parisien que je suis !

Et pourtant l'auxiliaire de vie, qui doit avoir des connaissances diverses et variées n'est pas reconnue du tout, souvent employée en femme de menage, ce qui ne doit pas etre le cas, et remunérée au SMIG par les associations !

Écrit par : mimi | 21 avril 2007

En effet c'est un travail pas facile, surtout avec les personnes agees, et sous paye en plus

Il y a le meme probleme avec les aides soignants en plus penible encore

Pourtant c'est un metier indispensable avec le nombre des personnes agees qui essayent de rester a domicile ...

Écrit par : touriste | 21 avril 2007

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