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27 octobre 2007
Retraites (suite)
Vu a la télé le reportage - assez court - sur la visite de Sarkozy dans un dépôt SNCF et qui résumait le débat qui a duré 2 bonnes heures entre le président, les syndicats et les salariés. Sarkozy était venu vendre aux cheminots un produit invendable.
Car c'est le propre des hommes politiques que d'être de formidables vendeurs d'illusions, des commerciaux de première force ! Bien que leur travail d'intox soit quand même bien facilité par des années de campagnes anti sociales, relayées dans les médias, et provenant de tous les horizons (friqués) : droite, gauche, intellos à gages, "experts", etc.
Et cette fois Sarkozy devait expliquer pourquoi les cheminots allaient devoir cotiser plus, travailler plus, pour toucher moins de retraites. La télé montrait un moment clé : un salarié venant présenter la facture et expliquant que la réforme lui enlèverait 700 euros par trimestre de retraite (pour des retraites moyennes de 1500 E/mois).
Le cheminot expliquait aussi un aspect encore peu connu de la réforme des retraites : c'est qu'une telle baisse de revenus, qui n'est que le prélude a des baisses programmées plus importantes, allait multiplier les "nouveaux pauvres" chez les plus de 60 ans ...
L'augmentation du nombre d'années de cotisation et l'application d'une large décote fait baisser toutes les retraites de 20 à 30% - a l'exception de ceux qui ont travaillé 40 ans ou plus mais ils sont rares de nos jours -
Evidemment Sarkozy n'a rien pu répondre à ces évidences alors il s'en est sorti par une pirouette : je serais intraitable sur la durée de cotisation mais pour tout le reste on peut discuter ... (ca mange pas de pain de discuter :)
Mais discuter de quoi si le système nouveau ramène la plupart des retraites à la moitié du SMIC ?!!
Alors Sarkozy a lancé au hasard : on n'appliquera pas la décote aux cheminots !!
En son temps Fillon avait eu le même réflexe. Pour éviter un risque de grève générale en 2003 il avait promis que les régimes spéciaux ne seraient pas remis en cause et il avait obtenu la division des grévistes. (Et on voit aujourd'hui ce que vaut ce genre de promesses)
Sarkozy emploie la même astuce : ne faites pas grève, la reforme ne s'appliquera pas aux cheminots qui sont actuellement en activité (tant pis pour les autres ... )
Je ne doute pas que quelques syndicats - notamment ceux qui bénéficient des fonds patronaux pour "fluidifier les relations sociales" - vont bruyamment approuver cette extraordinaire concession ...
Mais pour ceux qui n'ont qu'une confiance très modérée dans les promesses des politiciens, ce type d'annonce sent l'arnaque a cent lieues. La vérité pourrait bien être que la loi soit votée cette année, puis durcie les années suivantes lors du vote des lois de financement de la Sécu. Et dès l'année prochaine pour tous les salariés.
Sarkozy a utilisé aussi le classique argument du financement insuffisant des retraites. Parfois résumé par le slogan choc (mais stupide) : plus de retraités, moins d'actifs, on fait comment ?
La réponse c'est qu'on pourrait faire comme d'habitude : quelque soit l'époque, le système social et le système de retraite, ce sont toujours ceux qui travaillent qui font vivre la société, vieux inclus !
A un moment donné ceux qui ne travaillent plus vivent de l'activité de ceux qui produisent, la seule question c'est de savoir comment répartir les richesses créées.
- Dans le système par répartition on décide que tous auront le droit de recevoir une retraite correcte s'ils ont eux même travaillé pendant une certaine durée (et 37 années était tout a fait honnête)
- Dans le système par capitalisation on décide que la retraite sera proportionnelle aux sommes que les salariés auront versé à des fonds de pensions, ce qui revient en fait à faire une sélection riches/pauvres
Et dans la réalité, la charge du retraité repose toujours sur les travailleurs. Il n'existe pas de moyen de faire autrement pour les 80% de salariés qui n'ont pas de grosse fortune personnelle.
- dans le cas des retraites par répartition l'argent provient des cotisations sociales (bénéfices + salaires) et/ou des impôts
- dans le cas de la capitalisation l'argent provient des dividendes des entreprises dans lesquelles les fonds de pension sont placés
(A noter que seule la répartition est un système viable, dans le cas de la capitalisation les retraites ne sont jamais garanties car c'est une entreprise privée qui peut faire faillite comme Maxwell, Enron, et d'autres )
Aux discours simplistes, à destination du grand public, il faut opposer le choix de la société dans laquelle on veut vivre :
- soit une société dans laquelle on "s'arrange" pour tous aient une retraite décente en décidant qu'une partie des richesses sera consacrée aux personnes âgées
- soit une société dans laquelle seuls une poignée de privilégiés pourront bénéficier, selon leur fortune, d'une retraite convenable
Mais dans les deux cas il n'y pas de problème de financement. A un moment donné la quantité d'argent disponible est fixe. On peut seulement décider de lois qui orientent son usage.
Aujourdhui par exemple il manque 10 milliards pour la Sécu parce que le gouvernement a exonéré les entreprises de 20 milliards de cotisations sécurité sociale.
Et le budget de l'Etat préfère accorder des milliards pour les grandes fortunes, et même 4 milliards uniquement pour les hôteliers restaurateurs par exemple, plutôt que de verser 10 milliards pour combler le déficit de la Sécu
Il n'y a la dedans aucun déterminisme économique, il s'agit seulement de décisions politiques.
Mais Sarkozy se garde bien de donner ce type de précisions.
Pour parler franchement, si demain une grève générale paralyse le pays, alors le gouvernement, le patronat et les privilégiés trouveront rapidement de quoi financer les hôpitaux et les retraites !!
Et ils n'auront pas a chercher bien loin : l'argent est la, il suffit de l'affecter au bien être de la population plutôt que de le verser aux nantis !!
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26 octobre 2007
Viol politique.
Sarkozy l'avait annonce, il l'a fait : le traite européen rejeté par les électeurs en 2005 sera adopte sans vote populaire. Car c'est essentiellement le vote des français qui bloque le projet européen ultraliberal depuis 2005.
Et voila donc le "nouveau" traite européen qui est en pratique identique au TCE de 2005.
Quelques bonnes volontés, dont par exemple le site d'Etienne Chouard, ont comparé les deux textes. La conclusion est claire : on a retire le drapeau et l'hymne et reporte la "concurrence libre et non faussée" dans les annexes, mais pour le reste le nouveau texte de 260 pages (quand même :) reprend l'essentiel de l'ancien TCE.
Ah si une particularité, le nouveau texte a été rendu encore plus abscons que l'ancien, des fois que le peuple se melerait de regarder de quoi il s'agit en réalité.
Et cette fois plus question de demander l'avis des électeurs, on passe en force !
L'argumentation de Sarkozy consiste à dire : j'ai dit que je referais un TCE avant l'élection et donc maintenant que j'ai été élu je n'ai plus besoin de consulter le peuple.
C'est un argument totalement irrecevable. Un président est élu sur un projet précis, or au moment des présidentielles le texte du "nouveau" traité n'était pas connu. Et sur un texte d'une telle importance, qui va engager l'avenir de tous les français pendant des décennies, rien ne justifie le mépris des électeurs !
D'autant que les dits électeurs se sont déjà prononce, avec une large majorité, contre ce type de traite européen. Dans ce cas de figure, avec quelques belles paroles, Sarkozy montre son mépris total de la volonté populaire !
C'est pourquoi l'expression de "viol politique" me parait correcte pour qualifier la manoeuvre de Sarkozy.
On peut d'ailleurs considérer que Sarkozy a menti aux électeurs.
Dans ses discours il a promis d'étudier un nouveau texte européen et non de reconduire quasiment à l'identique celui que les francais refusent.
Sur le fond le nouveau traité instaure une Europe capitaliste totalement inféodée aux intérêts des capitalistes et sans aucune responsabilité envers les peuples. Quelque soient les magouilles de l'exécutif européen, de la Commission, de la BCE, ils ne sont responsables devant personne. Même le Parlement européen ne peut pas les sanctionner !
Evidemment un tel traité satisfait les banquiers, les industriels, et les divers groupes de pression économiques (qui ont installés a Bruxelles des milliers de "lobbyistes" aux méthodes douteuses pour faire voter des lois conformes à leurs intérêts)
Evidemment aussi la droite politique française, du PS à l'UMP en passant par les Verts, approuve largement le nouveau traite et la méthode Sarkozy. Et tous vont voter POUR ou s'abstenir, afin de faire passer le traite au congrès.
Mais évidemment aussi, tout cela va à l'encontre des intérêts des salariés, qui vont voir leur vie dégradée par des lois "imposés par Bruxelles alors on ne peut rien faire" refrain connu ...
Eh bien si justement, on peut y faire quelque chose tout de suite.
Il s'agit de renouveler le gigantesque mouvement de protestation populaire de 2005 :
- dénoncer le contenu du "nouveau" traité qui recopie le TCE
- dénoncer la méthode anti démocratique de Sarkozy pour contourner le vote populaire
- proposer un pacte social européen en remplacement
Exigeons un nouveau référendum !!
11:11 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
21 octobre 2007
CLNF.
Le CNLF est le Comite National de Lutte contre la Fraude cree en octobre 2006 pour lutter contre la fraude aux prestations sociales et place sous l'autorité du ministre de la santé.
Sa creation repose sur l'un des dogmes de l'idéologie neoliberale : tous les pauvres sont des feignants, des assistes et des fraudeurs potentiels. A l'inverse des riches qui sont honnêtes, travailleurs et scrupuleux. (merci de ne pas rire, "ils" le pensent vraiment, même s'ils ne le disent pas toujours tout haut :)
Cela dit les grosses fortunes ou les patrons qui fraudent les cotisations sociales, les impôts, ou la TVA européenne - réputée une passoire a 40 milliards d'euros - volent bien plus que le chômeur qui fait un black a 100 euros. Mais eux sont intouchables !
Sarkozy a donc décidé de muscler le CNLF et d'en faire un organisme interministeriel efficace.
Le texte annonçant le nouveau CNLF/DNLF se trouve ici. Communiqué.
Et le texte complet de la lettre de mission de Woerth se trouve ici. Document (pdf)
Et j'en recommande la lecture. C'est un exemple type de ce langage politico-administratif "faux cul" qui aligne idées générales, lieux communs et cliches démagogiques pour masquer ses objectifs véritables.
Le texte se compose d'une lettre de "cadrage" et d'une seconde partie donnant des directives plus précises et plus concrètes. La lettre de cadrage est le document de présentation dans lequel Sarkozy commence par assener quelques généralités de gros bon sens : la fraude et la triche c'est mal et ca nous coûte de l'argent. Certes ! :)
Il va donc falloir mener une guerre impitoyable et sans merci contre :
- la fraude aux prélèvements obligatoires (impots et cotisations sociales)
- la fraude aux prestations sociales (allocations, maladie, chomage)
Jusque la rien a redire. : après tout les fraudeurs ne méritent guère notre sympathie !
Mais déjà un détail met la puce a l'oreille du lecteur avisé. Sarkozy prend bien soin de préciser qu'il faut lutter contre la fraude mais surtout ne pas embêter les "honnêtes contribuables" (et les grosses fortunes et les patrons font partie des "honnêtes contribuables"). Cela va de soi mais c'est mieux en l'écrivant :)
Et puis dans la seconde partie du texte Sarkozy donne des directives très précises. Et la tout s'éclaire !
Sarkozy évoque d'abord la fraude fiscale, notamment la fraude transnationale - chiffrée a des milliards - pour proposer d'essayer de s'entendre avec les autres pays. Et c'est pas gagne car la concurrence mondiale existe.
Et de nouveau Sarkozy insiste (il veut être sur d'etre bien compris !) Woerth peut faire un peu d'esbroufe mais pas question d'embêter les "honnêtes contribuables" !
Sarkozy glisse ensuite un couplet sur le travail illégal. Et contre le travail illegal. Il recommande d'etre severe avec les employeurs fraudeurs et de les menacer ... d'une amende ! Trop dur Sarko !!
Petite parenthèse. Il faut préciser que la lutte contre le travail illégal est mene par les inspecteurs du travail. Et que le meme Sarkozy qui "souhaite" intensifier la lutte contre les employeurs malhonnêtes est en train de diminuer le nombre des inspecteurs du travail et surtout de réduire leurs pouvoirs d'investigation ! (vous avez dit double langage ?!)
Et puis on en arrive au point le plus important, qui dévoile l'objectif réel de la lettre de Sarkozy. Je cite :
Le chantier de la lutte contre la fraude aux prestations sociales (...) est celui pour lequel les efforts les plus importants sont à mener (...) elle doit devenir un souci constant pour l'ensemble des administrations gestionnaires: Etat, sécurité sociale, collectivités territoriales, UNEDIC, régimes de retraite complémentaires, mutualité sociale agricole,
Il s'ensuit ensuite plusieurs recommandations de Sarkozy (des ordres en fait, pour qui sait lire entre les lignes !) dont on n'a pas fini d'entendre parler.
1 - la création de sanctions spéciales contre les pauvres.
Un allocataire pourra voir ses aides remises en cause si son train de vie est juge trop important (quoi ?! un chômeur qui a une voiture ?! scandale !?)
Un allocataire qui a fraude se verra privé de toute aide pendant des années.
Pour voir ou se situe le problème prenons un exemple:
C'est l'histoire d'une RMiste qui vit seule. Et voila qu'un jour elle rencontre l'homme de sa vie. (ben oui ca arrive :). Bref ils sont bien ensemble, c'est le bonheur.
Hélas ! La malheureuse a oublie d'informer la CAF de sa bonne fortune conjugale. Et alors c'est le drame ! Le contrôleur de la CAF arrive, pénètre dans son appartement - les pauvres n'ont pas de vie privée - et constate le délit : elle ne vit pas seule !!
De plus le zélé fonctionnaire constate qu'elle possède un écran plat luxueux, peut être acheté d'occasion mais comme elle a perdue la facture c'est louche !!
Notre RMiste est foutue ! La fraude est prouvée puisqu'elle a omis de déclarer son conjoint. De plus une enquête sera ouverte pour "revenus d'origine inconnus" ...
Notre pauvre RMiste devra donc rembourser tout ce qu'elle a touche depuis des années. Elle sera ensuite prive de toute aide publique pendant plusieurs années, même si elle y a droit. Et sans préjudice des poursuites pénales éventuelles.
Notez, comme le dirait Sarkozy, qu'on est en démocratie et qu'elle peut se défendre. Il lui suffirait d'engager un avocat a 500 euros la journée et de faire un procès devant le TASS ...
Et trois ans plus tard, si elle gagne et qu'elle n'est pas morte de faim entre temps, on réexaminera sa situation, mais sans aucun engagement. Car l'Administration est bonne fille envers les pauvres mais faut pas en abuser :)
Et il existe des exemples encore plus tordus que connaissent bien ceux qui ont été radié abusivement de l'ANPE pour baisser les statistiques du chomage, mais ca devient technique ...
2 - toutes les administrations devront participer a la chasse aux pauvres.
La création de la DNLF et sa subordination au premier ministre l'indique déjà. La volonté de Sarkozy est de mobiliser toutes les administrations publiques et sociales dans une gigantesque chasse aux pauvres. Et pour y parvenir on utilisera le bâton et la carotte envers les fonctionnaires.
Le bâton ce sera des objectifs chiffres permanents avec obligation de résultat. Un peu comme les 25000 immigres imposes a la police ...
La carotte ce sera un "intéressement", ou pour parler clairement les fonctionnaires qui auront dénoncé le plus de pauvres toucheront une prime ...
Ambiance sympathique garantie a la CAF, ANPE et autres administrations !
3 - utilisation intensive des fichiers informatiques. (et biométrie?)
L'interconnexion des fichiers administratifs concernant les bénéficiaires d'allocations sera multipliée.
Et dans quelques années, la CNIL oubliée dans son petit placard, chaque francais disposera d'un dossier complet mélangeant données scolaire (Base Ecoles), de santé, professionnelles, etc.
Et gageons que les dossiers dit sensibles (politiciens, notables, milliardaires,...) seront eux verrouilles efficacement :)
Une société libérale certainement mais avec bien peu de libertés !
Finalement lorsque le CLNF/DLNF fonctionnera a plein régime, on assistera a ce qui se passe actuellement envers les immigres : une chasse sauvage !!
Avec parfois des sanctions justifiées et avec de nombreuses dérives (au nom de la culture du résultat chiffré !) et avec de nombreuses bavures individuelles !
Tel est le destin des salaries pauvres dans la France neoliberale et sarkozyste du 21eme siècle !!
PS.
On rapprochera utilement cette note de Sarkozy créant la DLNF avec les déclarations d'un certain Sarkozy cet été qui se prononçait pour la "dépénalisation du droit des affaires" c'est à dire des fraudes fiscales et patronales :)
15:42 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19 octobre 2007
Retraites (ter)
La suite du mouvement après le succès du 18 octobre continue a poser problème !
Il y a clairement autant de stratégies que de syndicats. Bien que pour la plupart des syndicats les choses sont claires : la reforme des régimes de retraites doit etre acceptée dans son principe et négociée pour les détails.
La CGT principal syndicat de la SNCF propose une grève limitée a un jour (une grève "carrée") puis renvoie a mi novembre pour une journée interprofessionnelle, nous refaisant le coup des luttes intermittentes de 2003 ...
La CFDT est encore plus en retrait si c'est possible. Son dirigeant ayant même évité de manifester a Paris le 18 pour bien montrer tout l'intérêt qu'il accorde a la défense des retraites. Et c'est le même refrain : une petite grevette puis on négocie. Car sur le fond, comme en 2003, la CFDT est POUR la reforme des retraites.
Le syndicat SUD a adopte une stratégie - correcte - de lutte reconductible afin de tenter de créer un mouvement d'ensemble de la fonction publique, puis du secteur prive, pour défendre les acquis sociaux de tous les salariés. Et il faut savoir que SUD a été exclu de l'interfederale par les autres syndicats !!
Enfin la FGAAC "autonome" appelle a cesser la grève reconductible au motif que les agents de conduite auraient obtenu le maintien de leur retraite. Tout cela sent bon l'arnaque : on parlerait de passer de 50ans a 55ans en rattrapant le décalage avec un "compte épargne temps", c'est a dire payer sa retraite en heures supps ?!
D'autre part quelle confiance peut on avoir en la parole du gouvernement Fillon ?
Faut il rappeler qu'en 2003, pour diviser les grévistes, le même Fillon avait promis que les régimes spéciaux seraient épargnés par la reforme des retraites.
On voit aujourd'hui ce que vaut sa parole !! Rien !!
Et pourtant comme en 2003, la situation est bien claire. Les enrages neoliberaux veulent laminer l'ensemble des acquis sociaux de l'ensemble des travailleurs.
En dehors d'un tous ensemble pour défendre notre modèle social - que le monde entier nous envie - il n'y a pas d'autre solution que de regrouper des luttes reconductibles
Toute autre stratégie relève de l'arnaque syndicat gouvernement et elle sera perdante !!
Perdante pour tous : public ou prive !!
Comme d'habitude on ne peut compter que sur nous même et la solution de la coordination - interpro et intersyndiqués - devrait commencer a être envisager sérieusement, et sans attendre le bon vouloir des "chefs" syndicaux bien trop occupes a "négocier" ...
D'autant que le temps joue contre nous, a la fois parce que les actions éparses et sans lendemain ne peuvent que démobiliser. Et d'autre part parce que le gouvernement attend le 1er janvier pour utiliser la loi anti grève.
On a donc toutes les raisons de préparer et de lancer un mouvement fort immédiatement.
PS
En attendant, la grève continue, très partiellement. Espérons que le w-e sera l'occasion de s'organiser de manière rationnelle en vue de la lutte d'ensemble ("tous ensemble") qui est maintenant la seule arme utilisable pour faire reculer Fillon et Sarkozy
Car c'est possible. Nos retraites ne sont en rien menacés par des soit disant contraintes financières.
Encore aujourd'hui ce gouvernement vient de faire voter une loi accordant 50.000 euros d'exonérations au patrons qui paient l'ISF (sic) !!
C'est peut être l'argent gagné sur le dos des salaries, en passant les cotisations de 37ans a 40ans, qu'ils sont en train de redistribuer aux "nécessiteux" du patronat :)
21:31 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
18 octobre 2007
Retraites (bis)
Le succès inouie de la grève des cheminots (plus fort qu'en 1995 !) mérite que l'on s'attarde sur la situation politique : le succès du 18 octobre est un premier frémissement. D'autant qu'il impliquait de nombreux secteurs qui ont fait grève également et que des manifestations honorables se sont déroulées dans 70 villes.(50000 a Marseille selon les syndicats)
Car les belles promesses de Sarkozy se sont envolées et les faits sont la.
Les heures supplémentaires sont apparues pour ce qu'elles sont, un gadget sans grand interet pour la majorité des travailleurs (mais qui permettra a quelques patrons d'engranger des exonérations sociales juteuses !)
Le pouvoir d'achat ne s'est évidemment pas amélioré ; avec des salaires qui stagnent ou qui régressent et le cout de la vie qui augmente sans cesse (bientot +10% sur les produits laitiers)
La chasse aux immigres, censée fédérer les "vrais" francais, apparaît de plus en plus comme une manoeuvre ignoble pour ramasser quelques voix d'extrême droite. Le test ADN est rejeté meme par une partie de la droite (et pourquoi pas aussi exiger des etrangers des tests physiques : courir le 100m en moins de 12 secondes par 'exemple ?)
Et tout ce qui reste c'est un gouvernement anti social, anime par une bande de neoliberaux enrages qui s'acharnent a détruire tout notre système social (services publics, education, sante, retraites ... ) pour l'améliorer a la mode anglo saxonne. (une enquête en GB indique que faute de service de santé les malades les plus pauvres se soignent les dents eux même avec des outils de bricolage !)
Dans ce contexte la lutte pour préserver ce qui reste de retraite apparaît bien comme une nécessité. Rappelons les (tristes) faits :
Vers 1993 le gouvernement Balladur a reforme a la baisse le mode de calcul des retraites du secteur prive.
En 2003 la reforme Fillon, par souci de justice (mais une justice qui ne concerne pas les nantis !) a reforme a la baisse le calcul des retraites du secteur public.
En 2007, symboliquement car cela ne concerne qu'une petite partie des salaries, Sarkozy et Fillon entendent supprimer les avantages dont bénéficient quelques professions réputées pénibles.
Et j'aimerais bien rencontrer un de ces politiciens (dont les retraites dorées ne sont pas du tout modifiées, elles !) qui me dise en face que c'est bien normal de faire conduire un train par un cheminot de plus de 60 ans, qui se lève a 3H du matin pour conduire une machine pendant 7H ...
La manoeuvre gouvernementale ne trompe d'ailleurs personne. Un sondage récent indiquait que 61% des personnes désapprouvait la grève (on admirera le 1% pour dépasser 60, un peu comme les prix a 99 pour ne pas atteindre 100 :)
En réalité, sondage bidon ou pas, la plupart des gens se rendent bien compte de la situation. Ce ne sont pas seulement les retraites des cheminots qui sont menacées mais bien celles de l'ensemble des travailleurs.
Des l'année prochaine une nouvelle loi laminera les retraites de tous les salaries. Et si beaucoup de gens soutiennent la grève des cheminots - malgre les désagréments - c'est parce qu'ils savent que ce sera bientôt leur tour de souffrir ...
La solution existe mais il va falloir l'imposer. Car deja la CGT s'oppose a la grève dure (on connait le refrain : "camarades il faut savoir terminer une greve, etc.. et bla et bla :)
(J'ai idee que l'argent du Comite des Forges a bien servi a "fluidifier les relations sociales" .. mais enfin ceci est une autre histoire ... mdr)
Dans l'immédiat la solution c'est 37ans et demi pour tous.
En taxant les bénéfices des entreprises qui ont encore battu des records cette année et en supprimant les cadeaux fiscaux aux plus riches.
Et sans surprise cette solution passe par le "tous ensemble" dans la grève ou dans la rue.
Le gouvernement et les syndicats jouent la montre, en pariant que la loi sur le service minimum empêchera toute grève efficace a partir du 1er janvier 2008.
En attendant si les cheminots et d'autres secteurs démarrent la lutte, pourquoi ne pas organiser un financement collectif de leur grève ?
Je pense que dans la situation actuelle si vous descendez dans la rue en demandant de l'argent pour défendre les retraites de tous les salaries, ca peut payer !
PS.
Par contre il y a un bon risque de se ramasser un coup de matraque des CRS, Sarkozy n'étant pas vraiment le genre a se laisser marcher sur les orteils ... et le libéralisme ne répugne à employer des méthodes de voyous quand il s'agit de défendre les gros sous de quelques nantis !
22:34 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14 octobre 2007
Retraites.
L'événement de la semaine qui vient c'est la greve du 18 contre la reforme des retraites.
Balancées depuis des années, les plus grosses conneries anti sociales sont devenues des quasi vérités pour la plupart d'entre nous.
Les cheminots cotisent seulement 37 ans et demi, quel scandale !?
Personne ne souligne que le régime des cheminots ne coûte rien a l'Etat et qu'en 37 années un cheminot cotise davantage qu'un salarie du public pendant 40 ans !
(Et pas un mot sur les régimes très spéciaux dont bénéficient les politiciens :)
L'augmentation du ratio vieux/actifs compromet le financement des retraites ?!
Mais personne ne fait remarquer cette évidence : quelque soit le nombre des vieux, ce sera toujours le travail des actifs qui leur permettra de survivre sans travailler !
(Sauf bien sur si on décide que certains - devinez lesquels - ont moins le droit de survivre que d'autres !)
Bref une avalanche de gros mensonges.
Le journal Rouge énumère une longue liste de ces grossiers mensonges.
Un dossier édifiant et à faire circuler partout !!
En attendant la manoeuvre de Sarkozy et de ses amis patronaux est cousue de fil blanc.
Ils ont dabord rétréci le régime des retraites du prive. Puis évidemment ils ont aligné le régime des fonctionnaires, par souci de justice bien sur.
Ils s'attaquent maintenant au dernier carre des salaries qui avaient encore le droit de cotiser 37 ans.
Et demain - si on les laisse faire - ils nous publieront quelques rapports tronqués qui "prouvera" que tout le monde doit cotiser 42 ans, voire plus puisque le MEDEF envisage froidement la retraite a plus de 65 ans pour tous et toutes ...
La réalité est très différente de l'argumentaire patronal. Les régimes sociaux sont en difficultés mais pas à cause des exigences de leurs bénéficiaires qui seraient excessives.
Ces régimes ont été mis en déficit volontairement depuis 50 ans, et au passage ils ont servi de pompe à fric pour le patronat et parfois pour le budget de l'Etat.
Chaque année c'est pas moins de 20 milliards d'euros d'exonérations de cotisations sociales accordées au patronat chaque année.
Et après on s'étonne d'avoir 10 milliards de déficit ...
Et dans la plupart des pays européens ce sont les mêmes stratagèmes pour tenter de liquider les acquis sociaux.
Donc le 18 octobre, malgré les magouilles syndicales pour ne pas trop se mouiller, c'est tous ensemble - public et privé - que nous devons manifester pour défendre nos droits !
PS
Et en plus vous passerez a la télé et le présentateur dira que vous êtes des gros richards !!
C'est vachtement valorisant ce genre de grève :)
Le coup de chapeau de la semaine sera décerné a M. Gautier Sauvagnac, banquier, responsable du MEDEF et châtelain de province, qui a soutire 10 millions d'euros des comptes de l'UIMM ... pour "fluidifier les relations sociales" (sic)
Encore que je me demande pourquoi cette affaire qui date de début 2006 ressort presque deux ans plus tard .. et pourquoi un banquier professionnel ne sait pas comment faire pour barboter 10 millions sans laisser de traces ...
Il y a de quoi s'interroger. Néanmoins on salue la performance de l'artiste :)
19:21 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
12 octobre 2007
Les aveux.
Voila plus de 20 ans que les neoliberaux vitupèrent contre les services publics qui seraient - selon eux - pléthoriques, inefficaces, tracassiers et j'en passe des meilleurs !
Et qui sont en réalité parmi les plus efficaces du monde, et que le monde entier nous envie (voyez les anglais et les américains saliver en évoquant la Sécurité sociale, et qui tentent parfois de venir se faire soigner en France !!)
Mais ainsi va la propagande, plus c'est gros mieux ca passe. Et parmi les tonnes d'énormes mensonges que le politiciens et les médias nous assènent quotidiennement il y a un argument qui est récurrent !
L'Etat serait inefficace et il emploie trop de personnel : alors nous, libéraux, nous sommes capables de faire mieux avec moins !
L'argumentation qui l'accompagne est tellement débile qu'elle prêterait a sourire si une intense campagne de propagande n'avait pas reussi a en convaincre une partie de la population.
En effet, comment imaginer qu'en supprimant des hôpitaux, des médecins et des infirmiers, et en diminuant les remboursements, la population va être mieux soignée !
Dans la même veine, il faut être idiot pour penser qu'en supprimant des écoles et des collèges et en réduisant le nombre des enseignants, alors que le nombre d'élèves ne diminue pas significativement, on va améliorer l'enseignement !
Et depuis que ce programme de réduction des services publics - afin d'engraisser les capitalistes du secteur privé - a été mis en oeuvre, il s'est produit une chose étrange : depuis que l'on réduit le service public, le public dispose de moins de services, étonnant non ?! :)
C'est ainsi que les 3000 recettes et trésoreries qui quadrillaient notre pays a la fin des années 80 se sont réduites a 2000 et bientôt seront réduites a une centaine de centres "fusionnes"
Partout les classes des écoles fondent comme neige au soleil, les collèges sont "regroupes" et les hôpitaux - pour des raisons de sécurité, of course - sont fermes.
Mais voila, cela commence a se voir et les français commencent a réfléchir.
Tout le monde pense aux "services publics" anglais qui ont été "thatcherises" dans les années 80, avec des conséquences dramatiques : par exemple les transports publics agonisent, l'éducation régresse et l'hôpital demande six mois d'attente pour une opération de chirurgie !
Dans ce contexte l'intervention de Fillon le 10 octobre a le mérite de la clarté :
Dépêche AFP - Mercredi 10 octobre, 21h30
Fillon: "la réforme de l'Etat", c'est "moins d'Etat" sur le territoire
PARIS (AFP) - François Fillon a déclaré mercredi soir devant les Réformateurs de l'UMP que la réforme de l'Etat supposait "que chacun d'entre nous accepte qu'il y ait moins de services, moins de personnel, moins d'Etat sur son territoire".
"Je dois le dire devant tous les élus qui sont présents ici: la réforme de l'Etat, ça supposera que nous soyons courageux, la réforme de l'Etat supposera que chacun d'entre nous accepte qu'il y ait moins de services, moins de personnel, moins d'Etat sur son territoire", a affirmé le Premier ministre.
"Parce que la réforme de l'Etat général qui satisfait tout le monde mais qui ne se traduit par aucune suppression d'aucun établissement sur le territoire, ça n'existe pas", a ajouté le chef du gouvernement qui a été applaudi par le millier de participants à la convention de rentrée des Réformateurs de l'UMP qui se tient à Paris.
Cette fois nous sommes dans la réalité des faits et loin du discours propagandiste imbécile sur le "moins d'Etat mais mieux d'Etat" !
Ce que les libéraux veulent faire c'est "dynamiser la sphère privée" (lire "engraisser les plus gros capitalistes") et tant pis si la majorité de la population salariée doit en subir quelques graves inconvénients.
Le discours de Fillon intervient a quelques mois des élections municipales de 2008 et les élus UMP sont légitimement inquiets : une zone rurale qui perd son école, sa gendarmerie, sa poste et sa trésorerie, c'est un territoire condamne a mort !
Et les électeurs assez mécontents sont susceptibles de vouloir faire payer les responsables, c'est a dire les politiciens UMP et leurs allies ..
Jusqu'à maintenant les élus UMP s'en tenait au bon vieux double discours :
- a Paris ils votaient les lois supprimant les services publics
- en Province ils juraient aux électeurs qu'ils se battraient jusqu'à la mort pour maintenir l'école et la poste :)
Il va leur falloir maintenant assumer les conséquences de la politique de Sarkozy !
Pour tous ceux qui sont attaches aux acquis sociaux, les municipales de 2008 seront une occasion de le montrer haut et fort
En 2008 faisons une hécatombe de candidats UMP !!
PS
Et tant pis s'ils font un malaise, ils n'avaient qu'a pas supprimer l'hôpital ! :)
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08 octobre 2007
Reforme de l'Etat.
Cette semaine le ministre du budget a annonce la fusion de deux administrations : les impots et le tresor public (dénommés, administrativement parlant, la direction generale des impots et la direction de la comptabilite publique)
Depuis des lustres on se répétait, dans les milieux neoliberaux, aussi bien a droite qu'a gauche, que ces administrations employaient trop de fonctionnaires : 70000 aux impots et 60000 au tresor, ce serait beaucoup trop par rapport a ce que font les pays étrangers.
En la matière les comparaisons avec l'étranger ne sont pas très pertinentes : ce ne sont pas les mêmes législations, ni les memes missions, ni le même type d'employés ... et les comparaisons se résument souvent a additionner des pommes et des poires ...
En réalité la furia anti fonctionnaire ne sévit pas forcement partout comme en France, exemple:
Extrait d'une depeche Reuters du 07.10.07
L'économie américaine a créé 110.000 postes nets hors secteur agricole en septembre (...) reflet de la hausse de l'emploi dans le secteur administratif (...) il y a eu 37.000 créations de postes dans l'administration en septembre.
Bref tandis que la France supprime ses fonctionnaires, meme dans les secteurs clés de la Nation, les américains en recrutent sans complexe ! Mais peut etre que les neoliberaux américains sont moins dogmatiques et moins stupides que les nôtres ! :)
Dans cette affaire le seul point qui est pris en compte c'est la suppression du nombre de postes de fonctionnaires et l'économie budgétaire qui sera réalisée (ce qui permettra de nouveaux paquets cadeaux de 15 milliards pour les plus riches !)
L'existence de services publics efficaces est devenu tout a fait secondaire, conformément au credo ideologique des neoliberaux : si tu veux un service, tu le paies !
Et pour faire avaler la reforme, la propagande assène quelques gros mensonges qui sont répétés en boucle par les perroquets neoliberaux :
1 - les deux administrations feraient le meme travail
Mais non ca ne fonctionne pas ainsi. Le Tresor public gere tout l'argent de l'Etat et des collectivites locales aussi, sous le controle etroit de la Cour des comptes et de l'inspection des finances.
Contrairement a une idée très répandue les fonctionnaires du Tresor travaillent peu dans les impôts, guere plus de 10% du personnel s'occupe des impôts. Au Tresor public 90% des employés ont des taches différentes : gestion des amendes, des finances des mairies, des hopitaux, etc.
Du cote des impots les 70000 fonctionnaires calculent le montant des impots et contrôlent les déclarations, assurent l'Enregistrement, le Cadastre, les Hypotheques, etc. Et les services des impots encaissent deja - pour le compte du Tresor public - une partie des impots.
Les deux administrations ont donc des taches tres différentes. L'idee de faire assurer par un meme fonctionnaire toutes ces taches est aussi intelligente que l'idee, proposee pour l'education nationale, de demander a un professeur de musique d'assurer en meme temps les cours de francais et de mathématiques ...
2 - la fusion améliorera le service rendu a l'usager
L'idee de présenter un guichet unique parait effectivement tres convaincante. Désormais l'usager pourra s'adresser a un meme lieu pour régler ses problèmes.
Mais en pratique - avec moins de personnel - cela signifie des attentes plus longues, surtout aux periodes de pointe puisque la "foule" qui etait repartie entre deux points d'accueil sera désormais concentrée sur un seul.
Par ailleurs la fusion signifie que chaque employé devra etre polyvalent, ce qui signifie forcement une perte de compétence car une seule personne ne peut pas tout savoir. Et cela aura des conséquences deroutantes :
Desormais pour aller payer ses impots, obtenir un renseignement fiscal, payer une amende routiere, regler la cantine des enfants, etc etc ... vous aurez affaire a une seule personne : le contrôleur des impôts !!
Si l'on sait que la legislation cumulee des impots, du tresor et des collectivites correspond a plus de 100.000 pages de textes juridiques, on imagine bien qu'un seul fonctionnaire sera incapable de tout maitriser.
Pour parler clairement on va transformer des administrations efficaces, organisées et méthodiques en de veritables souks ... et je doute que l'usager y gagne beaucoup sur le moyen terme !
3 - la reforme conservera les 2000 trésoreries locales
Aujourdhui le Tresor public entretient plus de 2000 tresoreries et les impots possèdent environ 500 centres de proximités. C'est une plaisanterie de faire croire que l'on conservera 2500 points d'accueil la ou quelques centaines de points départementaux seront juges suffisants ... et plus économiques (moins de loyers, moins de personnels, etc.)
Par exemple il y en avait 3000 tresoreries a la fin des années 90 et comme elles nécessitent beaucoup de personnel dans des zones parfois peu peuplées, elles ont ete progressivement regroupées. Et cest la suppression de tous ces petits centres dispendieux qui est nécessaire pour faire des économies.
Mais les municipales 2008 arrivent dans quelques mois. Et annoncer la suppression de toutes les tresoreries rurales serait proprement suicidaire pour l'UMP et ses allies. Alors on n'hesite pas a mentir.
La vérité c'est que toutes les trésoreries, rurales notamment, seront supprimées apres les élections municipales !
Et ce sont aussi les élus locaux qui peuvent commencer a pleurer. L'aide qui leur était apportée par les fonctionnaires du Tresor disparaîtra ... et sera remplacée par internet et son programme Helios !
Le plus étonnant dans cette affaire c'est qu'il était parfaitement possible de rationaliser tous les services et d'ameliorer la qualite du service rendu aux usagers, avec a peu pres le meme nombre de fonctionnaires. Mais cela supposait deux choses :
- améliorer les systèmes informatiques actuels en fusionnant les fichiers et les applications pour les rendre souples et compatibles
- simplifier radicalement la législation actuelle, hyper complexe, pour faciliter les restructurations des services publics
Au lieu de cela le système informatique a été concu comme une vitrine qui permet a l'usager (devenu notre "cher client" :) de payer par internet, tandis que derrière, en coulisse, l'informatique obsolète et les fichiers datent encore des annees 70-80 ...
Et chaque jour qui passe voit arriver de nouvelles lois financières toujours plus alambiquées (cf la loi sur les heures supps, un monstre !) que les services de l'Etat, asphyxies, ne pourront plus appliquer équitablement. (c'est peut etre l'objectif inavoué !)
Alors comme d'habitude le dogmatisme neoliberal - et une bonne dose de cupidité - l'ont emporte sur les considérations d'intérêt général !!
Bienvenue dans le monde néolibéral du fonctionnaire unique ! (Wells, 1984 :)
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02 octobre 2007
Une embrouille verte.
Le Grenelle de l'environnement est l'occasion d'evoquer ici quelques faits désagréables sur la gestion capitaliste des problemes écologiques.
- La première constatation, a mon avis irrefutable, c'est de voir que les problèmes environnementaux ont pris une importance enorme depuis les annees 1960. C'est a dire pendant la phase de reconstruction et de développement accelere des pays occidentaux. Au prix de terribles degats humains et ecologiques
Pollution de l'air, empoisonnement de l'eau, destruction de la faune et de la flore, contamination radio active, menaces sur le climat ; l'énumération des degats ecologiques du capitalisme est une liste interminable. Et d'ailleurs en accroissement permanent. A tel point que dans tous les pays développés chacun se sent de plus en plus concerne et que le problème devenant visible est devenu politique.
- Le deuxième fait désagréable, mais pourtant facilement vérifiable, c'est qu'il s'est développé un business politicien autour de l'écologie. Et dans de nombreux pays des partis, etiquetes "ecologie", ont obtenus des responsabilités gouvernementales et se sont comportes en politiciens, dans le pire sens du terme.
Je pense a tels politiciens allemands defendant les petits oiseaux et les rivieres et bataillant pour diminuer le niveau de vie des salaries. Ou encore en France ce ministre "ecolo" défendant les centrales nucleaires ou les OGM ...
Désormais pour un politicien etre de gauche, de droite ou ecolo, ce n'est guere plus qu'un choix de carriere. Au final ce sont les financiers et les industriels qui prendront les decisions que des pitres repeints en bleu, en rose ou en vert se chargeront de vendre aux électeurs soigneusement désinformés.
- Enfin il y a un troisieme fait déplaisant que l'on peut rappeler, c'est que le capitalisme s'est emparé du probleme ecologique et entend y apporter ses propres solutions.
Le changement de vocabulaire est significatif. On est passe de l'ecologie ou defense de l'environnement au terme - assez étrange dans ce contexte - de developpement durable. Mais dans l'esprit des capitalistes, et de leurs intellectuels, il ne s'agit pas du développement de la societe humaine en general, mais du developpement durable du capitalisme !
La problematique est assez simple : d'un cote le systeme capitaliste doit gerer le rejet massif de modes de production insensés qui déglinguent la planete et ses habitants. D'un autre cote le système capitaliste en tant que systeme economique est a bout de souffle. Et je ne parle pas des tares ostensibles, comme les 40 millions de pauvres aux USA - le pays le plus riche - mais du fonctionnement meme d'un système qui repose sur toujours plus d'exploitation des travailleurs et de la nature.
L'écologie est pensée comme l'emergence de nouveaux marches qui vont permettre encore davantage de profits, davantage d'exploitation (et sans doute aussi - mais ce sera cache - de nouveaux dégâts sur l'espèce humaine et son environnement.
On peut se faire une idee de cette tendance en examinant les nouveaux arguments publicitaires : la nature, la santé, l'environnement (pour vendre une centrale nucléaire par exemple - sic - )
On peut aussi voir le processus a l'oeuvre en allant sur le site gouvernemental du Grenelle qui propose de "resoudre" les problemes "ecolos" avec des méthodes assez curieuses.
Je passe rapidement sur le cote bateleur du ministre en charge de la propagande verte, Borloo, (le mec qui vendrait des skis a des touaregs dans le Sahara !). En l'ecoutant on comprend bien que le but des entreprises n'est pas de faire du fric a n'importe quel prix. Au contraire, le liberalisme a comme unique but de nous apporter une vie meilleure, une societe plus juste et plus epanouissante, une alimentation plus saine et plus equilibree et une Nature toute requinquee et biodiversifiee a fond la caisse ... vi vi vi !
Il suffit de voir les intitules artistiquement flous des 6 groupes de travail, et le titre du dernier (groupe 6) est pour le moins inquiétant. Quel rapport logique peut il exister entre environnement, emploi et competitivite des entreprises ? (Peut etre la derniere loi anti greve ou anti sociale de Sarkozy nous sera t-elle présentée comme favorisant les économies d'energie ?)
Et il faut savoir également que d'emblée le Grenelle exclut de discuter - même simplement de discuter - de plusieurs problèmes cles pour notre environnement : le nucleaire, les OGM, le transport routier ... Evidemment il s'agit de secteurs economiques puissants qui realisent de gros profits - au détriment de toute la société - et qui "drivent" les politiciens et qui sont donc intouchables !
Il ne fait pas de doute que le battage médiatique autour du Grenelle verra arriver quelques nouvelles ecotaxes, dont les nantis seront exclus d'une manière ou d'une autre, et qui frapperont les salaries. Et que quelques industries juteuses (batiment, automobile, ..) bénéficieront de quelques lois incitatrices (les consommateurs, surtout les plus modestes, devront payer quelques surcouts destines a financer des industries soit disant vertes)
La pensée écologique - en version capitaliste - ne concoit pas le risque de destruction de la planète comme un inconvénient majeur mais comme l'ouverture de nouveaux marches gigantesques et de nouvelles sources de profits. Une opportunité inouie ! Par exemple, que l'eau soit polluée n'est pas gênant, des lors qu'une nouvelle industrie de l'eau du robinet en bouteille est nee et qu'elle est hyper lucrative !
Alors oui la protection de l'environnement est un problème crucial, mais le capitalisme n'esquisse meme pas le debut d'un commencement de solution serieuse ...
Et le pire c'est que ce capitalisme vert essaye de nous culpabiliser. Avec parfois un discours façon catho : "tu vois mon fils, si les petits biafrais meurent de faim c'est un peu de ta faute parce que tu as oublie d'éteindre la lumière dans les WC" ...
Mais moi je rappelle toujours ces deux chiffres : En France les déchets des ménages représentent environ 20 millions de tonnes tandis que les dechets industriels - souvent bien plus dangereux - representent environ 600 millions de tonnes.
Alors trier ses ordures n'est pas inintéressant (moi je le fais souvent !) mais visiblement ce n'est pas la qu'est la solution a nos problèmes de pollution massive. Il serait plus efficace de faire payer les activités industrielles - ou agricoles - polluantes ...
Et pour être complet il faudrait signaler que les responsables des dégâts actuels, sur la nature comme sur les humains, bénéficient d'une impunité presque totale (j'ai dit Total ! :)
Que l'on se souvienne de l'affaire de l'amiante ou les industriels, l'Etat et les syndicats ont sciemment dissimule le problème pendant 50 ans ... et n'ont jamais été inquiétés. Et maintenant ce sont plutôt les victimes que l'on harcelé pour leur refuser leurs indemnités ...
Voila qui en dit plus long qu'un grand discours sur le véritable souci "écologique" du néolibéralisme !
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