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14 novembre 2007

Réforme.

Ce matin à la radio un politicien PS discutait de la "réforme" des retraites avec un membre du gouvernement. Devant les énormités - habituelles - proférées par son interlocuteur, le socialiste a finit par lâcher :

"Avec votre réforme vous vous acharnez contre des pauvres types, pour faire un exemple"

On passera sur le "pauvre type" du cheminot mais il faut admettre que même un politicien socialiste a des instants de lucidité. (Au PS il doit se sentir bien seul puisque la majorité des socialistes approuvent Sarkozy !)

Car c'est vrai que la notion "d'équité", si chère à Sarkozy, concerne essentiellement des pauvres gens ou pour être plus respectueux des gens pauvres ...

Un cheminot culmine à moins de 2000 euros par mois en fin de carrière et avec des primes ... pour finir avec une moyenne de 1500 euros quand il part à la retraite. "L'équité" impose de lui réduire sa retraite ?

S'acharner avec tant de haine et de pugnacité pour ôter quelques centaines d'euros par mois a des retraites déjà maigres est tout simplement ignoble !! Et montre le vrai visage de la droite, bourrée de fric, arrogante, haineuse envers les faibles !

Surtout quand ceux qui prônent ces réformes mettent en oeuvre des dispositions qui leur permettront de toucher des retraites exorbitantes, qu'ils empochent parfois bien avant 55 ans.

L'autre aspect de la situation, souligné par le socialiste, c'est que Sarkozy cherche à faire un exemple. D'une part il souhaite "effacer" décembre 1995 en infligeant une défaite sévère aux cheminots, et par procuration à l'ensemble des salariés de ce pays. D'autre part il est bien évident pour tout le monde que la défaite des cheminots signifie automatiquement une nouvelle attaque massive contre la retraite de tous les salariés.

C'est vrai que Sarkozy joue sur du velours. La population encaisse les nuisances de la grève ce qui permet à quelques énervé de la droite anti sociale de mener leurs campagnes anti grévistes

Du cote de la "gauche" la reforme Sarkozy est approuvée et défendue. Et les syndicats qui encadrent la grève ont tous déjà leur petite idée pour la faire cesser rapidement :

Ils y a les vendus qui renoncent à lutter avant même le conflit ! Comme le syndicat autonome qui propose aux roulants une réduction de retraite en échange de 1% d'augmentation par an (même pas l'inflation !)

Il y a ceux qui démarrent la grève en disant par avance qu'elle est abusive :

"Si on ne fait pas évoluer les régimes spéciaux, ils seront en faillite et les pensions ne seront plus versées", déclare François Chérèque, le secrétaire général de la CFDT, le 10 septembre 2007"

Il y a ceux qui partent en grève tout en commençant à négocier ... sur autre chose. De manière à avoir un motif de se retirer rapidement du conflit ...

"Nous ne sommes pas par nature des gréviculteurs", a affirmé mercredi Jean-Christophe Le Duigou, responsable des retraites à la CGT.

ou encore mieux "nous ne souhaitons pas refaire 1995", déclaration de Bernard Thibault. Or 1995 était une grande victoire et ne pas le refaire signifie accepter une grande défaite ..

Le seul syndicat présentable parmi cette bande de branquignols c'est SUD, mais il est mis à l'écart par les autres syndicats et par le gouvernement de manière ostensible : même pas invité aux négociations fictives !!

Alors il faut le dire et le répéter sans cesse : aujourd'hui ce que la grève défend ce n'est pas un statut particulier mais les retraites (et le système de protection sociale) de tous les salariés.

Le "Tous ensemble" s'impose maintenant autant qu'en 1995 !!


Les quelques étudiants qui appellent à faire converger leur lutte - contre la libéralisation des universités - avec les luttes des salariés - contre la libéralisation anti sociale - ont bien compris cette problématique. Des luttes isolées n'ont aucun avenir, c'est la convergence de toutes les luttes qui pourraient nous permettre d'obtenir de nouvelles avancées sociales.


PS.
Au passage je signale la bêtise crasse de l'argumentation de Chereque :

Que se passerait il si les entreprises et le gouvernement cessaient de payer les retraites au motifs qu'ils n'ont plus assez d'argent ? (ce qui fait rire quand on voit les profits modernes :)

Eh bien, au lieu de quelques millions de retraités qui survivraient avec une rente modique, la société devrait face a des millions de vieux pauvres, crevant dans les rues comme aux USA ...

Est ce vraiment un type de société viable ??

Commentaires

Ne tinquiète donc pas. KARKOZY a tout prévu en faisant entrer le president d'Émmaüs dans son gouvernement.

Écrit par : DELVANT | 14 novembre 2007

Effectivement il s'agit de remplacer la solidarité, c'est a dire le partage EQUITABLE des richesses produites, par la charite

Peut être même la charite religieuse comme au 19eme !!

En effet Zarko est un moderne et moi un archaique :)

Écrit par : touriste | 14 novembre 2007

Les commentaires sont fermés.