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20 novembre 2007

Convergence.

La grève du 20 novembre aura sans doute été du niveau des mouvements de 2003 contre les retraites. C'est à dire un mouvement massif (avec plus de 60% de grévistes dans l'enseignement) et des manifestations importantes.

Le seul point noir étant la trop faible participation des salaries du prive dans cette lutte contre la politique neoliberale de Sarkozy qui frappera tous les salaries de tous les secteurs.

On apprenait avant hier que près d'un quart des tribunaux de prud'hommes vont fermer et on imagine facilement la motivation d'une telle réforme : sous le prétexte des économies budgétaires il s'agit de détruire les moyens de défense des salariés.

De même quand la suppression des fonctionnaires laissera moins de 400 inspecteurs du travail dans toute la France (oui vous avez bien lu : 400 pour 3 ou 4 millions d'entreprises !)

Et sur le plan juridique la "modernisation" du contrat de travail et du statut de la fonction publique laissera les salaries a la merci du patronat ...

Par quelque bout que l'on aborde le problème on aboutit à des revendications globales qui devraient être communes à tous les salaries, publics ou prives !

Et précisément c'est la convergence des luttes sur des revendications communes qui est le point clé de la situation.

L'exemple des retraites est frappant.

Les attaques des capitalistes ont détruit le système de retraite en attaquant séparément chaque secteur et en les battant les uns après les autres !! D'abord le privé, puis le public, puis les petits régimes.

Le principe est vieux comme le capitalisme !

Isolés les travailleurs sont battus, tous unis sur des revendications communes ils peuvent gagner.

(Et de fait ils ont souvent gagnés de cette façon .. les congés payés et la sécu par exemple !)


En face la tactique de nos ennemis - patronat, gouvernement et directions syndicales - est claire : tout faire pour diviser les travailleurs !!

J'observais aujourdhui avec étonnement la place attribuée aux cheminots par les syndicats dans les manifs : en queue de cortège, comme un boulet à traîner !!

Alors qu'il s'agit d'un secteur en lutte pour une revendication qui nous concerne tous : ramener la retraite à 37 annuités !!

Il aurait été logique de mettre en premier les acteurs de cette lutte et de défiler derrière eux en signe de soutien massif ...

Mais non ! La bureaucratie syndicale essaye depuis plus d'un mois de faire échouer la grève des cheminots par tous les moyens. En octobre par une "grevette inoffensive" pour gagner du temps et démobiliser un peu les salariés. En novembre en annonçant tous les jours - à demi mot - qu'il serait temps de reprendre le travail pendant qu'on "négocie" avec un gouvernement qui dit haut et fort qu'il n'y a rien à négocier !!

Avec un excité comme Sarkosy (un "enragé" du capitalisme sauvage) il n'y a pas d'autres négociation que le rapport de force. Faire croire le contraire c'est tout simplement tromper les gens pour les manipuler.

Et par ailleurs tout ce beau monde essaye de gagner du temps jusqu'au 1/1/2008 afin de pouvoir réprimer les grèves avec la nouvelle loi ... négocions, bavardons ... la loi sera votée le 30 décembre et le lendemain on envoie l'huissier et la police s'occuper des grévistes ...

Alors nous en sommes la. Et il n'y a plus que deux possibilités : soit les cheminots sont écrasés et reprennent le travail avec leurs 40 annuités (et bientôt 45 pour tous en 2008), soit nous nous y mettons tous, publics et privés, pour imposer des revendications sociales simples : 37 années pour tous, SMIC à 1500, arrêt des cadeaux aux plus riches ..

Des revendications simples, claires et qui sont celles de 80% des salariés.

Mais des revendications honnies par les bureaucrates syndicaux et qui à ce jour ne sont - réellement - avancées que par la LCR (soit dit sans faire de publicité clandestine - mais c'est la vérité !)

A part cela je respecte les choix des salariés en lutte, mais de laisser la direction de la grève à une petite clique de bureaucrates syndicaux véreux (pléonasme !) au lieu d'utiliser une coordination nationale, c'est une grave erreur !

Il nous reste encore une chance : en créant de toute pièces un mouvement de solidarité et en regroupant les innombrables luttes qui se déroulent en ce moment ...

Oui la convergence des luttes sur un programme commun est notre dernière chance !

Dernière étape avant le capitalisme sauvage.

17:55 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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