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30 mai 2008

Les bouffons !

Comme le soulignait un article du journal Rouge, l'accord signé entre gouvernement, patronat, CGT et CFDT représente une véritable révolution dans les relations sociales en France.

Pendant longtemps le patronat s'est appuyé sur des syndicats minoritaires (CFTC CGC FO ..) pour diviser les salaries et signer des accords avantageux (pour le patronat !)

Désormais c'est un changement de stratégie radical, car gouvernement et patronat veulent peu de syndicats mais des syndicats forts pour appuyer les réformes libérales et c'est ce que fait l'accord avec la CGT et la CFDT qui leur permettra de monopoliser le syndicalisme au détriment des petits syndicats et surtout au détriment des syndicats les plus combatifs du type SUD.

D'ailleurs dans ce contexte l'adhésion syndicale pourrait bien devenir obligatoire pour les salaries ...

Or le gouvernement vient de dynamiter une partie de cet accord en présentant son projet de destruction des 35H qui permettra en fait à chaque entreprise de faire ce qu'elle veut au cas par cas.

Comme le dit Besancenot : "c'est une grande claque dans la gueule des syndicats !"

Et cote gouvernement le ministre déclare qu'il n'était pas lie par cet aspect de l'accord CGT CFDT, ce qui est une façon élégante de dire a la CGT et a la CFDT :

"On vous accorde des privilèges et le monopole de la représentativité syndicale mais en échange le patronat veut du concret"

La réaction des dirigeants CGT et CFDT est incroyable de bassesse : une vague protestation verbale et une nouvelle manif presse bouton et traine savate pour le 17 juin !

La palme du syndicalisme couché revient toutefois au chef de la CFDT qui déclare :

"le gouvernement nous amène à réagir simultanément sur le temps de travail et les retraites. Cela nous entraîne dans une mobilisation globalisante, ce contre quoi j'ai toujours résisté, y compris dans la CFDT"

Ce qui en bon francais signifie que Chereque est bien embêté car il est oblige de faire semblant de réagir et a il a peur que ca dégénère en grève générale qui pourrait embêter le gouvernement et le patronat !!

Ben justement, la grève générale seule solution pour enrayer au moins provisoirement la perte de tous nos droits et de tous nos avantages sociaux, faudrait y penser !


GREVE GENERALE !!


Pour sauver les retraites, les 35H, le code du travail des salariés du privé et le statut des salariés du public !

27 mai 2008

Contraintes.

La nouvelle loi sur les chômeurs nous est présentée a grand renfort de démagogie comme le rempart ultime contre les fainéants qui ne cherchent pas a travailler.

L'année dernière une télévision nous avait même présentée le chômeur professionnel qui s'est payé son appartement et sa bagnole de luxe avec les allocations chromages ... sans rire !

Je suis vraiment étonné quand je vois des gens qui croient encore a ces boniments.

La plupart d'entre nous avons des amis ou de la famille au chômage, sans parler des jeunes, et tous savent bien que le problème ne vient pas des salaries mais des entreprises ... et parfois de la conjoncture

Mais ce gouvernement agit ouvertement contre les droits des salaries. Deja plus de 50% des chômeurs n'ont plus aucune allocation chomage !!


Or il se trouve que nous avons des emplois précaires, mal payés, aux conditions de travail infernales (genre hotellerie restauration) et dont personne ne veut puisque ces emplois ne permettent pas de vivre décemment !

Alors le gouvernement Sarkozy a la solution : obliger les chômeurs a prendre n'importe quel emploi.

C'est pas grave s'ils sont pas assez payés pour se loger ou pour manger : ils feront SDF ou ils iront aux restos du coeur ...

Eh oui Sarkozy est un humaniste : il soutient fortement les organismes caritatifs, surtout religieux

Et pis c'est toujours ca de gagné sur les petits salaires :)


Ce qui nous vaut une nouvelle loi qui interdit aux chômeurs de refuser plus de deux emplois !

Résultat prévisible, la prochaine génération de serveurs ou de balayeurs sera forme des gros bataillons de cadres licencies et de diplômés inexpérimentés ...

Jolie façon d'entrer dans le 21eme siecle !


Mais cette idée d'imposer les deux emplois me donne des idées ... pour vaincre réellement le chômage !!

Imposons aux entreprises l'obligation de recruter un chomeur de longue durée lorsque l'offre d'emploi sera jugée "valable"

Pour être clair : quand une entreprise reçoit deux ou trois candidats valables (diplome, experience, competences ...) pour un poste elle n'aura plus le droit de refuser !!

Et si elle refuse elle sera privée des aides directes ou indirectes, des subventions, des exonérations sociales et fiscales et de l'accès aux marchés publics !!

Après tous la plupart des entreprises vivent à nos crochets, ce ne serait que justice qu'on exige une contrepartie !


Et croyez moi avec cette loi le chômage des plus de 50 ans, qui sont généralement refuses a cause de l'age, malgré leur compétence, reculerait significativement !

Et ca c'est pas des promesses a la Sarkozy :)

24 mai 2008

Tous divisés !!

La manifestation du jeudi 22 mai à Marseille regroupait environ 60000 personnes et rappelait l'ampleur des manifestations de 2003 lors de la "réforme" Fillon sur les retraites.

Sauf que cette fois le passage au 41 annuités concerne a la fois le privé et le public.

Aussi je me faisais la réflexion suivante. En 2003 on avait aussi des manifestations de 60000 personnes avec seulement les fonctionnaires.

Aussi cette fois avec le privé et le public on devrait avoir bien plus de monde dans la rue !

Que s'est il passé ?

Première hypothèse : Est ce que le privé n'aurait pas suivi le mouvement contre les 41 annuités ?

La réponse est négative puisque j'ai constaté, de visu, la présence de très nombreux cortèges de manifestants venant du secteur privé. (Banques, Arcelor, Panzani, etc )

Autre hypothèse : c'est que le secteur public s'est moins mobilisé que d'habitude. Mais alors pour quelles raisons puisque le passage au 41 annuités pénalise encore plus les fonctionnaires que les salariés du privé ?

Et c'est en lisant quelques comptes rendus de l'AFP que j'ai compris que cette deuxième hypothèse était la bonne.

Les syndicats du public n'appelaient pas a la grève le 22 mai !!

Certes ils appelaient à une journée "d'action" mais ils laissaient libre leurs syndicats catégoriels d'appeler ou non a la grève. Ainsi le 22 mai n'était pas un jour de grève générale dans la fonction publique !!

Ce qui explique cette moindre mobilisation. (enfin c'était quand même plus de 500000 manifestants !)

Et dans le cas de Marseille, je me suis rendu compte également que les syndicats avaient même organises deux cortèges séparés ce qui amoindrit d'autant la manif principale, objet de mon étonnement ...

Bref si la manifestation principale ne comprenait "que" 60000 personne c'est que c'était voulu !!

En 2003 la mobilisation contre la "reforme" des régimes de retraites s'était brisée contre le même immobilisme et le sabotage par les dirigeants syndicaux.

En 2008 la situation s'est aggravée puisque tous les syndicats, sauf une partie de l'UNSA, ont ouvertement rejoint le camp néoliberal et torpillent discrètement tous les mouvements globaux de contestation de la "modernisation" néolibérale.

Et c'est intéressant de se pencher sur ces manœuvres des dirigeants syndicaux pour affaiblir les mobilisations. Rien de bien nouveau sous le soleil mais des manipulations minables qui sentent fort l'argent du MEDEF pour "fluidifier les relations sociales" :)

D'abord sur le plan des principes on ne peut rien reprocher aux syndicats. Ils font de grandes déclarations indignées, lancent d'innombrables appels a la grève (enfin sauf la grève générale bien sur :), émettent quantité d'énergiques motions de soutien aux grévistes etc.

On peut même dire que plus le syndicat est timoré en matière de revendications et de luttes et plus ses déclarations verbales sont tonitruantes ...

Par exemple dans la grande tradition des dirigeants de FO qui ont l'habitude de nous jouer la célèbre scène du "Retenez moi sinon on va tout casser !!" ... mais qui par bonheur trouvent toujours quelqu'un pour les retenir :)

Mais en sous main la réalité de l'action des syndicats est tout a fait différente. Quelques exemples des coups bas habituels employés par les dirigeants syndicaux pour torpiller les luttes :

- séparer les secteurs en luttes et empêchant concrètement qu'ils fassent grève dans l'unité, le même jour et sur les mêmes revendications

- jouer la division syndicale en organisant des actions séparées et des manifestations en des lieux et à des dates distinctes

- créer un climat de démoralisation parmi les militants en envoyant verbalement des consignes défaitistes aux cadres locaux "attention pas de grande action vous allez au casse pipe !"

- dissimuler des informations importantes aux salaries, exemple : "la loi sur la mobilité c'est embêtant mais c'est pas si grave, ca ne justifie pas une lutte à mort !"

- diffuser des fausses informations : "vous savez, les autres secteurs sont pas prêts a lutter avec vous, alors ne faites pas grève sinon vous serez seuls"

etc.

et j'en passe des bien plus pourries du genre "imprimer un tract national ? ah non désolé en ce moment on a plus de papier a cause d'un problème de trésorerie !"

Ce qui fait que les salaries qui se battent pour sauver leurs acquis sociaux sont littéralement poignardés dans le dos et pris en tenaille entre le patronat de combat et son gouvernement de choc d'un coté et des dirigeants syndicaux corrompus de l'autre coté ...

Bon soyons réalistes, on ne va pas changer le monde en une semaine :)

Mais par contre on peut très bien préparer la grève générale contre les 41 annuités et mettre Sarkozy à genoux !!

Certes on n'est pas sur de gagner, mais qui ne tente rien ... et puis la retraite avec 800 euros par mois ca va être un peu dur les fins de mois je pense ...

Allez un petit effort, avec +50% de bénéfs au CAC40 on doit bien pouvoir prélever quelques cacahuètes pour nos futurs pauvres vieux :)

GREVE GENERALE !!

C'EST LE MOMENT !!

20 mai 2008

ISF.

Deux gros énormes mensonges sont diffusés régulièrement par la propagande libérale pour tenter de discréditer l'impôt sur les plus riches.

1 - un impôt qui coûte plus qu'il ne rapporte.

On retrouve l'argument des la création de l'ISF (ex IGF) dans les années 80.

A peu près tous les médias sérieux ont diffusés l'idée que l'ISF ne sert à rien puisque "cet impôt nous coûte plus cher qu'il ne nous rapporte"

Alors voila les vrais chiffres.

En 1982 cet impôt a été mis en place pour un coût presque nul, en gros le coût du papier pour imprimer les déclarations.

Non seulement pas un seul fonctionnaire n'a été recruté, mais cette année la le gouvernement supprimait - deja - une centaine de postes d'agent des impôts.


coût = 0

rapport = 7 milliards de francs


Et pendant plus 20 ans tous les "experts" qui discutent doctement de "l'ISF qui nous coûte plus cher qu'il ne rapporte"

Edifiant sur la propagande bourgeoise et la crédibilité des "experts", non ?



2 - un impôt qui fait provoque la fuite des riches.

Dans un premier temps on assista à quelques grands spectacles donnés par des "people" protestant bruyamment contre tous leurs impôts en général !

Protestations émouvantes venant de miséreux milliardaires "saignés" par le fisc qui prétendait leur appliquer la loi commune. A eux ! Scandales !

Puis les libéraux ont affinés leurs arguments : tous ces impôts, forcément, ca doit faire fuir les riches qui sont - on le sait bien - les forces vives de notre pays.

Alors à grand renfort de statistiques - d'autant plus trafiquées qu'elles sont invérifiables - quelque hauts fonctionnaires aux ordres ont "calculés" que 843 personnes seraient parties pour ne pas payer leur ISF

Il est bien évident que ce chiffre est fantaisiste et invérifiable, car les motifs de quitter un pays sont multiples : opportunités de carrières ou de business, affaires familiales, envie de changer de climat ou de mode de vie, etc

Le souhait de partir dans un pays aux impôts plus légers est tout a fait minoritaire car les pays les plus intéressants (USA, GB, Europe) ont des taux d'imposition à peine inférieurs aux notres ...


Et d'ailleurs l'argument selon lequel on doit supprimer l'ISF car il nous fait perdre les milliards d'impôts éludés par les plus riches est particulièrement débile :

- si les milliardaires partent nous perdons leurs milliards d'impôts

- si les milliardaires viennent après la suppression de l'ISF nous perdons encore ces milliards

Si les "calculs" des propagandistes libéraux sont justes, alors autant garder l'ISF puisque de toute façon nous ne gagnerons pas un kopeck à le supprimer !


Sauf à considérer que les milliardaires sont les forces vives d'un pays ...


Dans la vraie vie, les milliardaires restent en France et font des montages juridiques particulièrement astucieux pour ne payer d'ISF du tout, le gros de cet impôt reposant sur les fortunes intermédiaires ...

Mais davantage que l'ISF c'est l'idée même selon laquelle les nantis devraient partager une partie de leurs gains démesurés qui choque les ultralibéraux !


Plus de détails sur le bidonnage des arguments anti ISF sur le site du SNUI

19 mai 2008

CNIL

La bête est gravement blessée mais elle remue encore !!

Je veux parler de la CNIL dont le président vient de faire deux propositions de bon sens :

1 - doter la CNIL d'un financement suffisant et indépendant du gouvernement.

Le budget actuel de la CNIL est de 11 millions d'euros, et parmi les CNIL européennes elle fait figure de clochard !

Et d'ailleurs des rumeurs récurrentes de "faillite" financière se sont élevées ces dernières années.

En l'occurrence la stratégie des différents gouvernements a été de ne pas s'opposer frontalement à la CNIL mais de la laisser dépérir tout doucement ...

Une évolution aidée par quelques lois judicieuses comme celle de 2004 qui ont "allégées" les contraintes des "ficheurs" et réduits les pouvoirs de la CNIL


2 - inscrire dans la Constitution, à l'occasion de sa révision, le caractère fondamental du droit à la vie privée et à la protection des données personnelles

Nous vivons désormais dans une société fondée sur l'information, la circulation de l'information, le contrôle de l'information ... au fond il y a une suite logique dans l'évolution de l'humanité : la matière, l'énergie, l'information.

Dois je rappeler que nous en sommes arrivés à un point ou il est possible de tracer un individu de sa naissance à sa mort et pratiquement à chaque minute de sa vie ... puisque tout est enregistré :)

C'est donc une mesure élémentaire de donner a chaque citoyen le droit de vivre avec un minimum d'intimité !!
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A ceux qui objectent "ca ne me gêne pas, moi je n'ai rien a cacher" je dirais simplement que j'exige :

- de pouvoir postuler a un job sans que mon patron ne puisse examiner mes relevés scolaires en maternelle ou mes préférences extraprofessionnelles

- de pouvoir aller ou je veux sans qu'un dispositif mécanique n'enregistre tous mes trajets et ne me photographie à chaque carrrefour

- de pouvoir faire des achats sans que quelqu'un ordinateur n'enregistre et ne classe chacune de mes actions en vue d'éditer mon profil de consommateur

- de pouvoir interdire a un service de police - politique - d'écouter mes conversations et de lire mon courrier et de poser un virus dans mon ordinateur !

- de ne pas être inscrit dans des milliers de fichiers dont les données pourront être utilisées contre moi sans même que je ne puisse les contester, ni d'ailleurs y avoir accès !

etc etc.

Suis je un dangereux anarchiste ? Je ne crois pas, mais plutôt un démocrate qui sait que dans la société du 21ème siècle, bien plus que dans les sociétés antérieures, le droit a la vie privée est vital sous peine de devenir bientôt un peuple de robotisés ...

Or nous sommes bien loin de bénéficier de cette liberté fondamentale. Et depuis l'arrivée au pouvoir des ultralibéraux et la grande peur du 9/11/2001 les choses se sont dégradées ... et une avalanche de lois liberticides nous est tombée dessus.

Oui Big Brother est devenu une réalité !

Il a donc raison le patron de la CNIL, et tant pis si je ne suis pas du même bord politique :)


PS
Pour tout dire la CNIL est le niveau zéro de la protection des libertés, il faut évidemment aller plus loin.

Par exemple obtenir le droit absolu d'accès à toutes les données personnelles.

Après tout si un service public estime utile de nous ficher en cachette c'est qu'il a ses raisons.

Mais c'est à lui de les faire valoir devant un juge ... pour refuser un droit constitutionnel à un citoyen présumé innocent !!

La CNIL actuelle fonctionne exactement sur l'hypothèse inverse : tous les citoyens sont présumés coupables et fichables et c'est à eux de prouver - avec de grandes difficultés - qu'ils sont fichés à tort ...

Et il y a un droit accessoire non moins utile : il faut faire cesser l'anonymat des "ficheurs" et de ceux qui exploitent les "dossiers" constitués sur chaque individu

Or précisément l'informatique moderne permet cela de façon simple, sure et peu coûteuse

Alors il n'y a aucune raison de s'abstenir de "responsabiliser" pénalement les "ficheurs" :)

18 mai 2008

Une Loi furtive.

La plupart des lois antisociales élaborées par le gouvernement Sarkozy donnent lieu a de grandes campagnes publicitaires pour les expliquer et même parfois à quelques débats passionnés.

Rien de tel en ce qui concerne le Projet de loi relatif à la mobilité et aux parcours professionnels dans la fonction publique. Sénat Assemblée nationale

Cette loi, pourtant révolutionnaire puisqu'elle dynamite la garantie de l'emploi dont bénéficient les fonctionnaires, est semble passer très discrètement.

Pour comprendre la manœuvre du gouvernement voyons un peu la chronologie.

- de septembre à novembre 2007 le projet est négocié avec les organisations syndicales, dont il s'agit d'obtenir le soutien. Mais ni le gouvernement ni les syndicats ne communiqueront sérieusement sur le texte du projet.

- de décembre à janvier le gouvernement fignole le projet de loi et les décrets d'application dans le plus grand secret.

- le 5 février 2008 une dépêche de l'AFP révèle les grandes lignes du projet de loi sans provoquer des protestations massives, suivie le 14 février 2008 par une dépêche AFP fait état du rejet du texte par la CGT, qui resteront sans écho dans les médias

- le 18 mars 2008, comme prévu, le projet est adopté par le CSFP

- par une heureuse coïncidence, c'est en mars 2008 qu'est publié le Livre blanc sur l'avenir de la fonction publique qui préconise exactement les réformes prévues par le texte de loi !

- le 14 mars la CGT publie un communiqué expliquant la dangerosité du texte mais sans proposer une riposte massive et unitaire

- la presse publie quelques articles assez explicites (cf Le Monde : Faire sauter tous les verrous !)

- le 9 avril le gouvernement adopte le texte du projet de loi et le dépose au Sénat en procédure d'urgence

- le 30 avril le Sénat vote le texte, y compris l'article sur les intérimaires qui avait été écarté par son rapporteur, après un débat tout a fait édifiant, Santini avouant que la réforme n'a qu'un but économiser les dépenses de salaires et de retraites en virant les fonctionnaires

- en mai 2008, les organisations syndicales appellent les fonctionnaires a des grèves et des actions ponctuelles ... mais essentiellement pour le pouvoir d'achat, les emplois ou les retraites ! Aucune mobilisation massive et unitaire pour défendre le statut.

- le 30 juin 2008 l'assemblée vote le texte de loi ... à la veille des vacances puisqu'il y a peu d'agitation sociale en juillet août :)

- en septembre 2008 le gouvernement fait voter les décrets d'applications qui contiennent les mesures les plus dures contre le statut des fonctionnaires

- mi 2009 les premiers "plans sociaux" de fonctionnaires sont en route ...


Et voila le tour est joué !

Sans immenses manifestations et sans grèves massives des fonctionnaires !

Et d'ailleurs pourquoi manifesteraient ils puisque - dixit le gouvernement - le texte de loi est un nouvel avantage consenti aux fonctionnaires pour les faire bénéficier de la mobilité dont ils rêvaient !

En plus on leur proposera le choix entre trois emplois au lieu d'un !

Que des avantages pour ces nantis :)


Il est difficile d'être plus cynique. Car il ne s'agit évidemment pas de mobilité souhaitée par les fonctionnaires mais de mobilité imposée par le gouvernement qui va les envoyer dans le public ou dans le privé ... ou a l'ANPE !

Avec le meme type d'argumentation les prochains plans sociaux chez Arcelor deviendront des "opportunités" de carrière inouies pour les salaries mis a la porte !!

Si l'on examine sérieusement le texte de loi on voit que ce sont les deux lois qui régissent le statut des fonctionnaires de l 'Etat qui sont visées: les lois 83-634 et 84-16

A cote de modifications de détails on trouve des mesures qui changent radicalement le statut des fonctionnaires d'Etat :

- la suppression des concours

- le recrutement d'intérimaires

- la suppression de la garantie de l'emploi

Et quand on examine l'ensemble du texte on peut soupçonner que les différents articles mineurs ne sont la que pour masquer les dispositions de l'article 7 qui suppriment ce qui constitue le socle du statut de fonctionnaire : la garantie de l'emploi !

Voila ce que dit ce fameux article 7.

Article 7

La loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 précitée est ainsi modifiée :

1° Dans l’article 36, après les mots : « statut général », sont insérés les mots : « et sans préjudice de la mise en œuvre de la situation de réorientation professionnelle prévue à la sous-section 3 de la présente section, » ;

2° La section 1 du chapitre V est complétée par une sous-section 3 ainsi rédigée :

« Sous-section 3

« Réorientation professionnelle

« Art. 44 bis. – En cas de restructuration d’une administration de l’État ou de l’un de ses établissements publics administratifs, le fonctionnaire peut être placé en situation de réorientation professionnelle dès lors que son emploi est susceptible d’être supprimé.

« Art. 44 ter. – L’administration établit, après consultation du fonctionnaire placé en réorientation professionnelle, un projet personnalisé d’évolution professionnelle qui a pour objet de faciliter son affectation dans un emploi correspondant à son grade, situé dans son service ou dans une autre administration, ou de lui permettre d’accéder à un autre corps ou cadre d’emplois de niveau au moins équivalent. Le projet peut également avoir pour objet de l’aider à accéder à un emploi dans le secteur privé ou à créer ou reprendre une entreprise.

« Pendant la réorientation, le fonctionnaire est tenu de suivre les actions d’orientation, de formation, d’évaluation et de validation des acquis de l’expérience professionnelle destinées à favoriser sa réorientation et pour lesquelles il est prioritaire. Il bénéficie également d’une priorité pour la période de professionnalisation.

« L’administration lui garantit un suivi individualisé et régulier ainsi qu’un appui dans ses démarches de réorientation. Elle fait diligence pour l’affecter, sous réserve des dispositions du quatrième alinéa de l’article 60, dans les emplois créés ou vacants correspondant à son grade et à son projet personnalisé d’évolution professionnelle.

« Le fonctionnaire peut être appelé à accomplir des missions temporaires pour le compte de son administration ou d’une autre administration. Les missions qui lui sont alors confiées doivent s’insérer dans le projet personnalisé.

« Art. 44 quater. – La réorientation professionnelle prend fin lorsque le fonctionnaire accède à un nouvel emploi.

« Elle peut également prendre fin, à l’initiative de l’administration, lorsque le fonctionnaire a refusé successivement trois emplois publics correspondant à son grade, à son projet personnalisé d’évolution professionnelle et tenant compte de sa situation de famille. Dans ce cas, il peut être placé en disponibilité d’office ou, le cas échéant, admis à la retraite.

« Art. 44 quinquies. – Un décret en Conseil d’État détermine les conditions de mise en œuvre de la présente sous-section. » ;

3° L’article 44 bis devient l’article 44 sexies ;

4° La première phrase du second alinéa de l’article 51 est complétée par les mots : « ou dans le cas prévu au second alinéa de l’article 44 quater ».



Le montage juridique est complique mais efficace. Dans un premier temps tout poste de fonctionnaire supprime (et il y en aura des dizaines de milliers !) voit le fonctionnaire place d'office en réorientation et sommé de se retrouver un travail par lui meme !

A ce stade l'administration n'a aucune obligation de résultat, elle doit "faciliter" son retour a l'emploi, y compris dans le prive !!

Désormais le fonctionnaire devra se chercher un emploi ... et s'il ne trouve pas ?!

Et bien justement s'il ne trouve pas la solution se trouve dans le décret mentionne dans l'article 7 et dont le contenu est secret - du moins pour le public.

Et il facile d'imaginer un dispositif contournant l'article 12 de la Loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires.

Article 12

(...)

En cas de suppression d'emploi, le fonctionnaire est affecté dans un nouvel emploi dans les conditions prévues par les dispositions statutaires régissant la fonction publique à laquelle il appartient.



Mais les détails nous les connaitront en fin d'annee 2008 ...

En attendant il n'y a qu'une seule solution, se mobiliser pour obtenir soit la suppression, soit la modification de l'article 7 dans un sens qui préserve la garantie de l'emploi



PS
Lors de discussions avec des fonctionnaires le raisonnement qui est tenu est le suivant:

Pourquoi s'inquiéter ?!

Si mon poste est supprime je retrouverai un boulot a la mairie, peut être même plus intéressant que le mien !

Au pire je serais oblige de déménager !

Eh bien ce raisonnement parait bancal. Car les collectivités n'ont aucune obligation d'accepter un fonctionnaire d'etat - puisque choisir ses employés c'est une disposition constitutionnelle

Plus grave, si une collectivité voulait reprendre un fonctionnaire elle devrait - selon l'article 6 - payer la différence de salaire et grever son budget ...

Et finalement le fonctionnaire qui reste trop longtemps en réorientation est purement et simplement licencie (mis en disponibilité ad eternam !)

Nous serons fixes définitivement quand seront publies les décrets d'application mais en attendant un faisceau de fortes présomptions indique que des milliers de fonctionnaires vont aller pointer a l'ANPE dans les 2 ou 3 années qui viennent !!

16 mai 2008

Mépris.

Après les manifestations de fonctionnaires - et aussi de défenseurs des services publics - les réponses de Darcos et Sarkozy sont édifiantes.

C'est la déclaration de Sarkozy qui est la plus claire : puisque les salariés sont mécontents et font grève alors nous allons limiter le droit de grève.

C'est plus que de l'autisme. C'est à la fois une réaction de mépris et une agression envers les droits de tous les salariés.

Car les mesures proposées ne tromperont personne :

1 - en obligeant les enseignants à se déclarer grévistes 48H à l'avance, le gouvernement se donne les moyens de faire pression sur les grévistes pour les dissuader et c'est aussi un moyen bureaucratique de répression :

Si un salarié oublie de se déclarer avant 48H il sera possible de le poursuivre en justice si d'aventure il décide de faire grève sans s'être déclaré. Ainsi quelqu'un qui est en congé ou en stage lointain est administrativement empêché de faire grève

Au mépris des droits constitutionnels.

Et ce système de déclaration préalable permet de faire pression sur chaque salarié individuellement : convocations, menaces, etc.

C'est dont bien une attaque sauvage contre le droit constitutionnel de faire grève.



2 - en obligeant les collectivités locales à remplacer les grévistes on les oblige à jouer le rôle des "jaunes" qui viennent casser une grève en remplaçant les grévistes

En l'occurrence le personnel communal a peu de chances de remplacer efficacement les enseignants mais la manœuvre politique vise surtout à obliger les municipalités à prendre des mesures contre les grévistes

On espère ainsi opposer les élus locaux et les salariés.

Comme actuellement il existe déjà un système de garde des enfants les jours de grève, la proposition de Sarkozy n'apportera rien de plus qu'un nouveau moyen de lutte contre les salariés en grève !



Ce que l'on peut retenir des déclarations - et des actes - de ce gouvernement c'est qu'il entièrement engagé dans la lutte contre les droits des salariés.

Les syndicats et autres "messieurs bons offices" qui essayent de nous faire croire à des réformes pondérées et à des possibilités de dialogue nous mentent effrontément !

La seule loi de Sarkozy c'est que les salariés doivent bosser plus, si possible en gagnant moins (mais au mérite :) et en cas de contestation une seule solution : la répression !


Contre cela la grève générale, qui ne sera sans doute pas possible en mai, est la seule réponse possible.

Sinon ...

15 mai 2008

Deux strategies.

De nombreux salariés commencent à s'inquiéter. Soit parce qu'ils se trouvent dans l'oeil du cyclone ultralibéral - cas des fonctionnaires de l'éducation nationale ou des finances - soit parce qu'ils s'aperçoivent qu'ils sont en train de perdre un siècle d'acquis sociaux.

Et comme dans toutes les crises, c'est l'éternelle question : Que Faire ?

Or il n'y a que deux stratégies possibles.


1 - la stratégie de l'éparpillement.

La stratégie de l'éparpillement consiste à laisser chaque secteur seul dans son coin. C'est la stratégie adoptée par tous les syndicats par exemple lors du conflit sur les retraites des cheminots.

Il était bien évident pour tout le monde que les attaques - au nom de la justice sociale (!) - de Sarkozy et du patronat contre les maigres "avantages" des cheminots faisaient partie d'un plan d'ensemble contre tous les acquis sociaux de tous les salariés, publics ou privés.

Et en effet laissés isolés les cheminots ont perdu la bataille et ont vu leur retraites diminuées de l'ordre de 15%, pour commencer.

Et bingo ! L'année suivante ce sont tous les salariés qui se voient imposer la condition de 41 ans d'ancienneté - impossible à satisfaire - et qui fera baisser toutes les retraites de 20% !

On pourrait citer également de nombreuses luttes sectorielles dans lesquelles des secteurs isolés ont déclenché des luttes sans obtenir grand chose.

Plus grave encore, la stratégie de l'éparpillement prônée par les syndicats désormais tous recentrés, y compris la CGT, propose des méthodes de lutte douteuses.

Dans le cas des cheminots, non seulement les syndicats ont empeché le regroupement avec d'autres luttes - au nom de soit disant "spécificités" mais en plus ils ont bloque un mouvement de greve reconductible.

En proposant une stratégie de pression avec des petites journées de grèves (grèves dites "carrées") au lieu d'aider et d'amplifier un mouvement de gréve reconductible dès le démarrage de la lutte.

La stratégie de l'éparpillement des luttes, éparpillement dans le temps et éparpillement par secteurs isolés, est donc vouée à l'échec.

Fondamentalement c'est une stratégie de division des salariés, qui les laissent isolés et affaiblis contre un ennemi patronal puissamment unifié sur le plan politique.

Et elle n'inquiète guère un Sarkozy, ultralibéral et dogmatique, résolu et impitoyable dans son combat contre les droits des salariés.


2 - la stratégie du tous ensemble.

La stratégie du "Tous ensemble" consiste à tout faire pour regrouper les luttes sur des objectifs communs.

Ce qui est assez facile puisqu'il s'agit de lutter pour des acquis sociaux qui profitent à tous les salariés : droit du travail, retraites, assurances maladie, chômage ...

Surtout que - objectivement - la division entre salariés publics/privés se résorbe à toute vitesse puisqu'en septembre les fonctionnaires n'auront même plus la garantie de l'emploi, sans parler de leurs salaires !

C'est une stratégie qui ne va pas de soi et qui demande un énorme travail de préparation.

D'une part il faut résister aux sirènes syndicales qui proposent toujours et partout des "journées" de lutte bien isolées les unes des autres afin d'empêcher toute jonction des luttes.

D'autre part il faut convaincre la masse des salariés - laissons de coté les 10% toujours acquis au patronat - que seules les luttes d'ensemble sont payantes.

Les références historiques sont pourtant significatives : ce sont toujours les grèves générales qui ont apportés des acquis sociaux vraiment importants !

1936 grève générale
1945 insurrection armée
1968 grève générale
...

Si on veut avoir la moindre chance d'obtenir des résultats la route est droite :)

- mettre au point un programme de revendications unifiantes, susceptible d'être adopté par tous les secteurs en lutte avec des propositions simples et claires :

augmentation générale des salaires
interdiction des licenciements sans contrôle des salariés
renforcement des droits des salariés (code du travail et statut)
prélèvements sur les bénéfices pour financer la sécu
droit à des retraites décentes - avant 70 ans -

(...)

- favoriser les luttes longues et les grèves reconductibles pouvant toucher simultanément plusieurs secteurs différents et travailler à la coordination des luttes

A ce sujet il faut aussi aborder franchement deux sujets qui fâchent :

D''une part il ne faut compter que sur nous même et mettre en place des coordinations qui regroupent les salariés syndiqués et non syndiqués, car les directions nationales corrompues des syndicats officiels ne nous aideront jamais !!

D''autre part il faut au moins évoquer la question de l'autodéfense des salariés, qui en cas de grèves dures sont désormais victimes de la répression gouvernementale, ou patronales des polices privées. Ne pas prévenir les salariés de ce risque est tout simplement criminel.


Bref l'heure est venue de choisir entre la stratégie ringarde de l'éparpillement des luttes et entre la stratégie éprouvée du "Tous ensemble !"




PS

Je n'irais pas plus loin dans les "propositions" car, conformément au thème de ce blog, je me limite simplement à évoquer des sujets "tabous". Et puis aucun parti ni aucune fraction ne peut se substituer au mouvement d'ensemble des salariés !

Et par ailleurs c'est l'heure de la manif :)

12 mai 2008

Catastrophes.

La situation en Birmanie est l'occasion de rappeler un fait dont peu de gens sont conscients :

Au 21ème siècle les progrès des sciences et des techniques nous permettent très largement de faire face, voire d'anticiper les catastrophes naturelles inévitables.

Le contre exemple Birman est frappant. Mais revenons au 21ème sicèle. Contre une catastrophe naturelle nous avons deux sortes de parades.


- l'anticipation et la prévention.

La prévention consiste à ne pas construire dans les zones à risques, comme les zones inondables du Gardon dans la région de Nimes ou bien encore à bâtir des immeubles pouvant résister aux catastrophes naturelles prévisibles.

L'anticipation consiste à mettre en place des systèmes d'alertes efficaces, et dans une certaine mesure on arrive à prévoir tsunamis, séismes, volcans, etc.

Par exemple le Tsunami de 2004 n'aurait eu que des effets très limités si l'on avait installé le réseau d'alerte en mer - que l'on a commencé à installer seulement après le désastre -

Et aux USA c'est clairement les carences du FEMA - dirigé par un incapable nommé par copinage par Bush - qui ont transformé un accident climatique prévisible Katrina en une catastrophe majeure. Les digues étaient vétustes, aucune mesure de prévention n'a été prise, et les secours ont été inexistants (vu que les victimes étaient surtout noires et surtout pauvres !)


- les secours après la catastrophe.

Aujourdhui nous avons tous les outils pour secourir les populations sinistrées. On se souvient de l'immense vague de solidarité après le Tsunami. Tellement immense qu'il arrivait trop de secours et que les organismes charitables n'arrivaient plus à gérer le flot de solidarité !

A l'inverse en Birmanie plus d'un millions de personnes sont en détresse, la solidarité internationale fonctionne bien, mais la dictature militaire préfère voir mourir les gens par milliers plutôt que de prendre le risque politique d'introduire des étrangers dans le pays.

Dans le cas des famines qui menacent actuellement certains pays d'Afrique nous avons un autre cas de figure. Les secours sont envoyés, arrivent aux pays sinistrés, mais sont majoritairement détournés par les dictateurs locaux !!


A ce sujet il faut donner une précision importante : au 21ème siècle les famines naturelles n'existent plus !!

La production mondiale alimentaire est de taille à nourrir absolument tous les terriens ! Lorsqu'une famine se produit c'est qu'il s'agit d'une pénurie qui a été volontairement crée par l'homme.

En général il s'agit de baisse de production - ou même de destruction volontaire des productions agricoles (on connaît bien ca en Europe avec le lait, les fruits et légumes) afin de faire monter les prix artificiellement.

Sans trop exagérer on peut affirmer que toutes les famines modernes sont le résultat direct de l'incurie et de la (mauvaise) gestion capitaliste !!

Alors qu'au 17ème siècle une famine pouvait avoir pour cause de mauvaises récoltes, au 21ème siècle nous avons les moyens de production et les moyens de transport qui permettent d'éliminer toutes les famines ... mais ils ne sont pas mis en oeuvre !


En ce qui concerne les catastrophes naturelles on pourrait avoir du mal à comprendre pourquoi les capitalistes ne se bougent pas puisqu'au fond ils pourraient être eux mêmes les victimes de ces catastrophes.

Mais, comme disent les sociologues, dans la société il y a d'un coté les acteurs et de l'autre le système (capitaliste) qui a ses propres règles.

Et les règles du système capitaliste sont malheureusement peu compatibles avec la survie de l'humanité !!

Et quand laisser mourir de faim des gens fait augmenter les profits ...



PS
En fait quand on examine la situation de certains pays, il est tellement évident que c'est le capitalisme qui est responsable et qui soutient des dictatures sanguinaires - comme Total en Afrique ou en Birmanie - que parfois on se dit que plutôt que des vivres (qui n'arriveront jamais aux victimes) on ferait peut être mieux d'envoyer des armes et des instructeurs qui aideront les populations à instaurer un minimum de démocratie ?!

11 mai 2008

Museler la presse !!

Grosse manœuvre, cousue de fil blanc, tentée par l'UMP ces derniers jours.

L'AFP aurait refusé de passer un communiqué de l'UMP. Et de plus c'était un communiqué diffamatoire contre S. Royal. Une affaire grave donc , alors maintenant l'UMP crie a la censure !!

Deux remarques en passant.


1 - Sarkozy et sa majorité contrôlent la quasi totalité des médias.

Groupes de presse détenus par des patrons bons amis de Sarko, radios et télévisions aux ordres du gouvernement ...

Et quand Sarko estime avoir une idée - fut-elle la plus saugrenue ou la plus stupide - c'est presque l'ensemble des médias qui s'en font l'écho en poussant des cris d'admiration !!

Alors dans ces conditions se plaindre d'être maltraités par les médias est vraiment curieux.

Et dans cette affaire le plus fort c'est que l'AFP a bien publié le communiqué de l'UMP. Son seul tort est d'avoir refusé de le diffuser une deuxième fois !!


2 - la critique de l'AFP est particulièrement mal venue.

En effet l'AFP est une agence de presse dont le rôle est de produire de l'information originale et non de répéter les communiques de l'UMP.

Ce sont les agences étrangères qui doivent rigoler des critiques de Sarkozy. Car depuis sa fondation l'AFP est régulièrement critiquée par les autres agences. Pourquoi ?

Parce que AP ou Reuters sont des sociétés privées et donc "indépendantes" de leurs gouvernements, des "vraies" agences avec des "vrais" journalistes !

A l'inverse, l'AFP - comme l'agence Tass ou l'agence chinoise - sont réputées être à la botte de leurs gouvernements et être des agences bidons remplies de fonctionnaires serviles !!


Et si l'idée vraiment idiote du ministre de la culture, qui propose de transformer l'AFP en agence de diffusion des communiqués du gouvernement, est adoptée c'est la cote mondiale de l'AFP qui va tomber en chute libre ...

Mais je crois que c'est exactement l'effet recherché par Sarkozy et ses amis.


Ils sont en train de chercher des boucs émissaires pour expliquer les sondages désastreux qui montrent que les francais ne leur accordent plus aucune confiance.

Et quel meilleur bouc émissaire qu'une agence de presse pas trop corrompue !!

Il ne leur vient même pas a l'esprit que c'est leur politique anti salariés et anti sociale qui mécontente la majorité de la population ...


Imperturbable, Sarkozy continue les "réformes" en faveur des nantis et continue sa politique de caniveau pour chercher à opposer les francais entre eux, museler la presse, réprimer toute opposition, et lancer des idées fantaisistes présentées (par les médias :) comme des avancées sociales !!

Décidément un an c'est déjà trop !!

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