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10 octobre 2008

Comprendre la crise.

Sur la première page du site de la bientôt défunte LCR on trouve une vidéo qui analyse la crise actuelle.

Vidéo de I. Joshua.

L'intérêt de ce court document c'est qu'il analyse la crise actuelle en dépassant les gentils contes de fées qui nous sont servis quotidiennement par les médias, généralement sur le thème :

- La crise financière est un dramatique accident (de la route capitaliste ?)

- la crise est causée par une poignée de financiers irresponsables

- nous allons imposer une règlementation et tout s'arrangera

Ces explications pourront en convaincre certains mais l'aggravation de la crise - et surtout ses conséquences bientôt visibles : récession, chômage, guerres massives - devraient en faire réfléchir plus d'un.


Premier mensonge : la crise n'a rien d'un accident de parcours. C'est le système capitaliste lui même - qui prospère sur l'exploitation et l'injustice sociale - qui est fondamentalement instable.

Depuis le 19ème siècle l'humanité vit au rythme des crises provoquées par le capitalisme. Cyniquement les "penseurs" bourgeois ont inventé le concept de "destruction créative" pour caractériser ce mode de fonctionnement. Le capitalisme détruit la société, puis sur les ruines encore fumantes il reconstruit un nouveau système encore plus ignoble ... qui provoque une nouvelle catastrophe sur les ruines de laquelle ... etc.

Cette belle mécanique à générer des crises, de la misère, des guerres et des génocides a été relancée par les néolibéraux dans les années 80 après la pause sociale imposée mondialement par les conséquences de la grande catastrophe de 39-45 ...


Deuxième mensonge : le système capitaliste serait foncièrement sain - et d'ailleurs tous les jours on nous martèle "il n'y a pas d'alternative" - mais c'est seulement une poignée de dirigeants cupides qui ont causés l'effondrement du système financier.

Alors on va leur interdire d'avoir des gros salaires (quel rapport avec la choucroute ?) et tout rentrera dans l'ordre.

Et la on est dans le conte de fées pour enfants, le storytelling comme on dit maintenant.

Dans le capitalisme ce ne sont pas les PDG qui fixent les règles du jeu mais les détenteurs de capitaux qui déplacent leurs avoirs constamment et en direction des places ou le taux de profit est le plus élevé.


Et toutes les études montrent que les taux de profit stagnent depuis les années 80 ce qui est la cause réelle des grandes modifications néolibérales entreprises depuis les années 80-90 partout dans le monde développé.

Les privatisations des services publics, de la santé, de l'éducation, de l'énergie etc. n'ont pas pour but d'améliorer le service, bien au contraire la dégradation des services privés oblige souvent à renationaliser comme le rail en GB ou l'énergie aux USA

Mais la privatisation de ces services a ouvert des espaces de profits immenses, ou pour le dire crument : nous, simples salariés, allons vivre des temps difficiles avec le gaz, l'électricité, les transports, la santé et l'éducation des enfants ... mais les capitalistes (on dit désormais "investisseurs" :) vont faire de fabuleux profits.

Ce qui provoque la crise c'est que le capitalisme a besoin d'exploiter les travailleurs pour obtenir le plus de profit possible et que ce faisant il réduit la consommation et l'espace pour réaliser ce profit ... c'est cette contradiction qui est impossible à gérer.

D'ou l'idée des néolibéraux pour relancer la croissance - et les profits - en faisant fonctionner le crédit.

C'est d'ailleurs le sens des mesures de Sarkozy qui impose partout des réductions de l'épargne populaire et en même temps impose des solutions à crédit dans tous les domaines : prêts immobilier soit disant avantageux, prêts pour les étudiants, et toutes sortes d'incitations au crédit ... fiscales par exemple.

A très court terme - ce qui est le seul horizon du capitaliste - la méthode fonctionne. Les ménages sont surendettés mais l'économie repart.

Il n'en reste pas moins que le système est instable par construction. On ne peut pas vivre éternellement à crédit.

Plus grave encore, les instruments financiers modernes - titrisation et produits dérivés - permettent de dissimuler la faillite du système pendant de longues périodes.

Mais l'arithmétique finit tôt ou tard par triompher ... et le système s'effondre.


Voilà des explications que vous n'entendrez jamais à la radio ou à la télé !!


Nous vivons la nième crise majeure du capitalisme.



Et quand on revient sur la passé on s'aperçoit que pour chacune des crises précédentes le capitalisme a trouvé sa solution !

Et parfois des solutions qui font froid dans le dos : dictatures, guerres coloniales, guerres mondiales ...

Et il ne fait pas de doute que les néolibéraux ont déjà imaginé leur solution à la crise : exploiter le climat de peur pour faire passer de nouvelles réformes anti sociales au nom de la "solidarité" (avec les capitalistes nécessiteux !) et surtout exploiter la crise pour imposer des Etats totalitaires au nom de l'urgence ...

Pour tous ceux qui veulent éviter le pire cela suggère au moins deux axes de travail immédiats :

- défendre les libertés partout dans le monde

- liquider le néolibéralisme et ses représentants politiques

Et évidemment proposer, voire imposer, une nouvelle conception de l'économie basée sur les besoins des populations et non sur la recherche insensée du profit pour une minorité de nantis ...


Un ancien système qui est en faillite et un nouveau système qui reste presque à inventer !

Ceci c'est la définition exacte du mot : Révolution :)



PS
Mais les risques sont énormes.

Lors de crise de 1929 et de la montée des idées de gauche, la bourgeoisie mondiale avait répliqué par un mot d'ordre "plutot Hitler que le Front populaire !"

Ce qui en dit long sur la virulence des affrontements à venir ...

Les prochaines décennies verront soit des régimes populaires, soit le règne du Tazer et de la guerre nucléaire en Iran ...

10:06 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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