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29 janvier 2009

Réflexion.

Après l'immense succès des manifestations de ce jeudi, je me fais une réflexion bête, comme j'aime :)

- en 1995 il y avait plus de monde dans la rue qu'en 1968

- en 2003 il y avait plus de monde dans la rue qu'en 1995

- en 2006 il y avait plus de monde dans la rue qu'en 2003

- en 2009 il semble bien qu'il y ait plus de monde dans la rue qu'en 2006


Alors moi bêtement je me dis qu'en 2012 on sera encore plus nombreux dans la rue - et même pour certains ils auront plus que la rue comme domicile de toutes façons - et néanmoins la droite ultracapitaliste nous aura supprimé les retraites, la sécurité sociale, l'éducation nationale,les congés payés et on bossera 7 jours sur 7 jusqu'à 70 ans ...


Donc il me semble que dans notre démarche, à nous autres salariés, il y a quelque chose qui ne va pas !?

Le problème c'est l'efficacité, je crois.


L'appel syndical d'aujourd'hui est vague et flou et surtout ne propose aucune solution crédible, aucune alternative, aucune possibilité de continuer la lutte de manière organisée et sur la base d'un programme convaincant ...

Et mauvais esprit comme je suis, je pense que ce n'est pas forcément un hasard ...

Je crois qu'il faudrait réagir de manière un peu plus sérieuse et rationnelle.


1 -rejoindre le NPA.

Je ne pense pas grand bien de tous les aspects du NPA, pour des raisons qu'il serait trop long d'expliciter, mais le fait est que le NPA est actuellement le seul parti de gauche en France !

Je veux dire, le seul qui axe son travail sur la défense des intérêts des salariés.

Le nouveau Parti de la Gauche de Melenchon propose bien un programme très "à gauche", mais l'inconvénient c'est que d'emblée il prévient qu'il va s'allier avec le PS ...

Pour mémoire le PS est ce parti dont S. Royal assurait que proposer le SMIC à 1500 euros brut était une mesure insensée !!

On suppose qu'elle voulait dire "insensée" ... du point de vue patronal.

Et c'est ce parti, parfois plus à droite que l'UMP, que Melenchon se propose de rejoindre à la première échéance électorale.

Si bien qu'on est en droit de se demander si le Parti de Gauche ne serait pas autre chose qu'un "coup politique" destiné à ratisser sur la gauche les électeurs tentés par Besancenot ?

Quoiqu'il en soit, le NPA reste la seule tentative de parti de gauche en France.


2 - élaborer une alternative.

Depuis que les Francais, ébahis, ont vus que leur gouvernement pouvait "trouver" 300 milliards (presque le budget de l'Etat) pour rembourser les pertes des capitalistes trop cupides, la notion d'austérité pour les classes populaires a pris une bien étrange résonance !

Et de fait il apparait clairement que tous les braves gens "experts en économie" nous ont roulés dans la farine depuis des dizaines d'années ...

Nous faisant pleurer sur le "trou" de la sécu et des retraites (de l'ordre de la poignée de milliards) tandis que par centaines de milliards d'euros les capitalistes "lessivaient" notre pays en mettant sur le carreau des millions de chômeurs !

De ce cinéma grotesque il ressort de plus en plus clairement que l'économie est une chose trop sérieuse pour la confier aux capitalistes et à leurs "experts"

Pourtant les pistes de réformes sont clairement tracées :

- nationaliser le crédit, comme dans l'après guerre et pour les mêmes raisons : faire face à la crise

Seulement il faut se souvenir que les banques sont des entreprises capitalistes comme les autres. Elles ont des propriétaires, les actionnaires, et leur seul objectif est de maximiser dividendes et plus values pour ceux ci. A n'importe quel prix.

Quand les historiens, un jour, feront la lumière sur la destination finale des centaines de milliards versés aux banques on apprendra - sans vraiment de surprise - qu'elles ont empochés l'argent pour renflouer leurs bilans et leurs actionnaires. Point barre.

C'est pour ce genre de détails que la nationalisation des banques doit se faire sans indemnisations, ou alors l'indemnisation devra faire entrer en compte tous les profits réalisés sur le dos de la société depuis des décades ...

- nationaliser les infrastructures de base : eau, énergie, transports, communications

D'une part on sera assuré que le service sera mieux rendu par une seule entreprise - bien surveillée par les élus - que par des entreprises privées - surtout privées de scrupules - et qui ne se font même pas une vraie concurrence

En effet les entreprises de réseaux ont forcément un monopole (vu que l'on ne peut pas construire deux réseaux de téléphone, d'eau ou d'électricité !) et leur tentation naturelle est de se partager le marché et de s'entendre pour tondre le client ... ce qu'elle font en ce moment !

Notez qu'il restera encore de larges secteurs économiques disponibles pour les "zentrepreneurs" sous réserves de respecter des règles sociales élémentaires (notamment le respect des lois sociales et de l'environnement)


3 - recentrer l'économie sur le travailleur

Actuellement le système s'écroule parce qu'il a été réformé - et Sarkozy continue dans ce sens - unilatéralement en faveur des capitalistes, les fameux "investisseurs", ceux qui s'enrichissent en dormant ...

Le salarié est devenu une variable d'ajustement, bien loin derrière les machines ou les matières premières ...

La création de profit - ou de bulles financières - est la seule motivation du système

Or le problème c'est que cette façon de voir nous fait marcher sur la tête :

- la société doit récompenser d'abord celui qui travaille, pas celui qui a un gros compte en banque

- l'entreprise n'a aucune utilité sociale si elle ne nourrit pas correctement ceux qui travaillent


Il y a donc toute une série de lois d'urgences à faire adopter pour lutter contre les conséquences dramatiques de la "crise" envers les salariés. Quelques exemples :

- pas d'argent public sans contrôle étroit des comptes des entreprises (et la je dois vous dire que si on fait cela, 90% des entreprises qui "touchent" à guichet ouvert en ce moment vont passer sous le contrôle de leurs salariés !)

- tous les contrats de travail en CDI, et le CDD sur autorisation administrative motivée

- temps de travail ramené à 35H jusque ce que le chômage soit devenu résiduel

- hausse immédiate des salaires financée par le gel des dividende


Encore une fois la question n'est plus de savoir si on veut plus ou moins de capitalisme, si on veut plus ou moins d'entreprises, etc.

La question c'est que les entreprises ne servent à rien si elles plongent 50% de la population dans la misère !!


Au fond remettre les entreprises au services des salariés, plutôt que l'inverse, est ce que ce n'est pas simplement du bon sens !?

18:47 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Camarade Corbeau,
Je suis ton blog depuis longtemps et suis toujours frappé par tes remarques pleines de bon sens.
Pour ce qui touche à la reprise de contrôle de notre société par ses membres de base, une mesure fondamentale à mon sens est la démocratisation des grandes entreprises. Les salariés produisent les richesses de l'entreprise, mais participent très peu à leur direction (je ne mets pas dans le paquet des salariés les directeurs généraux). L'entreprise reste une structure totalitaire au sein d'une société qui a adopté la démocratie politique. Bon nombre de nos problèmes viennent de là. Pour frapper au coeur de cette version actuelle du capitalisme qu'est cette mainmise des grandes entreprises sur notre sociétés, il faut reprendre le pouvoir à leur élite. Une idée très simple à promouvoir est de faire élire les directions d'entreprises par les salariés dans un processus démocratique: un salarié, un vote!

Écrit par : Croquo | 07 février 2009

En effet le problème central c'est bien de savoir comment supprimer le capitalisme sans jeter le bébé avec l'eau du bain !

Personnellement je ne vois pas d'inconvénient à l'entreprise privée - de petite taille - dès lors que les salariés ne sont pas traités en esclaves !

Et il n'y a pas non plus d'inconvénient à ce que ceux qui entreprennent et innovent gagnent plus ... et un directeur d'usine mérite son salaire (c'est souvent un salarié en fait)

Tout autre est le problème des grosses entreprises et la je crois aussi que c'est la démarche que tu décris qui est la seule solution, ou en tout cas la piste à suivre ...

J'ajoute qu'à mon point de vue il existe une catégorie d'entreprise qui doivent absolument être étatisés et soumise au contrôle non seulement des salariés mais également des citoyens : ce sont en gros les entreprises de réseaux, eau, énergie, transports, communication ...

La les enjeux sont trop gros pour qu'on prenne le risque social de les laisser sans un contrôle étroit, il s'agit des infrastructures vitales pour un pays ...

Écrit par : touriste | 07 février 2009

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