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01 mars 2009

Etat et MEDEF contre les salariés.

La situation en Guadeloupe semble plutôt confuse lorsque l'on se réfère aux informations officielles et aux médias.

Scènes de violence, désastre économique, pénuries, ras le bol de la population etc. etc.

Tels sont les grands axes de la propagande officielle qui est une propagande de combat visant à diffuser des nouvelles biaisées de manière à démoraliser les grévistes, à opposer la population aux grévistes, à susciter des incidents, etc.


Mais si l'on se place d'un point de vue de classe, la situation est d'une grande limpidité !!

Il faut savoir que la population de la Guadeloupe fait environ 440.000 personnes et que lors des grandes manifestations du LKP il descend près de 100.000 personnes dans les rues ...

Si on élimine les bébés et les vieillards, il n'est pas exagéré de prétendre que c'est toute la Guadeloupe, derrière le LKP, qui s'oppose à une poignée de nantis protégés par l'Etat francais et ses mercenaires !

Voilà pour la cadrage.


Cela dit la lutte engagée par la population contre le MEDEF et le gouvernement Sarkozy, n'est évidemment pas un long fleuve tranquille.

Le gouvernement a d'abord essayé de gagner du temps, puis de simuler des négociations avant de les rompre quand il est apparu qu'elles allaient trop loin en faveur des salariés, puis de surfer sur des "violences" dont le caractère spontané est toujours sujet à caution dans de telles circonstances afin de faire monter au créneau des milliers de gendarmes (qui sont encore à l'oeuvre pour caser la grève !)

Puis nous avons eu des négociations sérieuses qui ont avancées sur un grand nombre de points : ralentissement des suppressions de postes d'enseignants, légère baisse du prix de l'eau, proposition de baisser les prix de quelques produits, etc.

Au total une vingtaine de revendications ont été sérieusement examinées, pas forcément toutes résolues.

Mais sur la revendication principales, d'augmenter les salaires de 200 euros, le LKP se heurte à un mur patronal et gouvernemental.

Un mur en béton "armé" faut il le préciser avec l'arrivée de nouveaux CRS !!

L'accord du 26 février est vraiment très curieux. Signé par le LKP et trois petits syndicats patronaux il a peu de chances d'être étendu à l'ensemble des entreprises. Et finalement c'est seulement quelques milliers de salariés, sur un total de 85.000, pourraient en bénéficier. Et encore faut il préciser que cet accord est temporaire car le RSA est variable et limité à 2 ans au mieux, tandis que l'aide des collectivités ne durerait qu'un an ...

Le ministère du travail aurait la possibilité de rendre cet accord obligatoire mais cela suppose que le gouvernement s'oppose au MEDEF - chose impossible car le gouvernement Sarkozy c'est le MEDEF - et d'autre part il ne faudrait pas que la grève cesse car sans la pression des grévistes rien n'avancerait plus.

L'hypothèse la plus plausible est que cet accord restera limité à une poignée de salariés. Bien peu de choses pour la majorité des salariés guadeloupéens.

Aujourd'hui le préfet de Guadeloupe appelle déjà à la reprise du travail sur la base de cet accord "bidon".

Aidé dans son combat anti salarié par une campagne médiatique sur la fin de la grève, l'exaspération de la population et autres sujets de désinformation ... (mais pas de chance la population ce sont les grévistes ! et par ailleurs il existe des moyens d'informations libres sur l'internet exemples !)

Bien que cela ne soit pas public, il parait évident que cet accord fictif doit servir de prétexte pour faire cesser la grève générale et que le LKP est probablement divisé sur la suite du mouvement. Une partie est probablement prête à reprendre le travail sur la base des acquis :

- quelques revendications satisfaites
- quelques revendications en cours de négociations
- un accord salarial plus ou moins bidon

C'est une position que l'on peut comprendre car il faut bien cesser une grève un jour. Et plus d'un mois de grève ca pèse, surtout quand le patronat et l'Etat harcèlent les grévistes de toutes les façons possibles ...

Mais ca parait quand même un peu prématuré car dès que la pression de la rue aura disparu, la Guadeloupe cessera de devenir un sujet de préoccupation du gouvernement. Et sans mauvaise foi on peut supposer que le patronat fera enterrer l'accord salarial, sanctionnera les grévistes de manière détournée, et rétablira l'ordre bourgeois et la pauvreté rapidement ...

Évidemment on objectera - c'est la tradition - que les grévistes reprendront le travail "vaincus mais fiers et la tête haute", vieux refrain communiste datant de Thorez :)

Mais il serait peut être plus judicieux de ne pas terminer avant d'avoir obtenu un accord un peu plus complet ... a mon avis.

Cela dit ce sont les grévistes qui décident ...

La suite des évènements nous dira quelle solution ils adoptent.


Soit dit en passant, la solution la plus judicieuse serait plutôt de faire jouer la démocratie et d'organiser un référendum public pour demander aux guadeloupéens de se prononcer sur la poursuite du mouvement. Je me demande si c'est techniquement possible ?
Pourtant en dehors du socialisme ET de la démocratie point d'avenir pour nous tous !!




PS. A l'attention des touristes languedociens !

La cellule communiste anarchiste révolutionnaire de Bédarieux vient de publier un avis de danger !!

Si vous vous appelez Sarkozy, Blanc et quelques autres patronymes UMP, le climat du Languedoc vous est déconseillé.

Contactez rapidement votre agence de tourisme qui vous proposera certainement d'autres destinations touristiques beaucoup moins risquées : Egypte, Irak, Soudan ...


(oui je sais c'est facile, mais que dire d'autres quand les médias sécuritaires déjeantent une fois de plus :)

14:12 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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