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19 mars 2009

Decalage.

Juste un mot sur une remarque de Parisot (MEDEF) qui déclare le 19 mars :

"Cette grève est catastrophique pour la réputation de la France !"

On peut deviner facilement l'idée qui est sous entendu, et que le gouvernement affiche bien haut :

En montrant au Monde entier que les salariés français résistent et ne souhaitent voir leur niveau de vie rabaissé au niveau de vie des salariés américains ... ou sénégalais (a propos saviez vous que dans certains pays du tiers monde l'espérance de vie des "pauvres" est maintenant supérieure à celle des salariés "pauvres" américains ?! :)

bref en montrant partout que les salariés français veulent vivre dignement on fait peur aux capitalistes internationaux qui pourraient hésiter avant de venir investir en France (c'est à dire encaisser les subventions, saccager l'environnement et se barrer avec les bénéfices en laissant des centaines de licenciement !)

Faire peur aux capitalistes, qui pourraient hésiter à venir nous exploiter à mort !!

Vision d'horreur ... pour le MEDEF qui est totalement solidaire du capitalisme international (forcément c'est eux aussi :)

On pourrait rire en écoutant ce type d'argument, qui est l'un des leitmotiv de la propagande néolibérale depuis vingt ans.

Pourtant pendant vingt ou trente ans, les salariés français ont reçu ce discours en l'écoutant d'une oreille distraite et en l'approuvant avec plus ou moins de conviction

Encore maintenant combien de salariés ne se pensent-ils pas spontanément comme une marchandise pour le capital ?

Et en faisant leur CV ils savent qu'ils doivent "bien se vendre" (c'est même enseigné dans les écoles)


Or la manifestions du 19 mars, comme celle du 29 janvier prouve que quelque chose a changé dans les mentalités.

Et bien que je dispose pas de sondage, je suis prêt a parier que le discours néolibéral sur la "crainte des capitalistes effrayes par les grèves" ne passe plus du tout dans l'opinion publique ! Idem pour "les salariés qui doivent se sacrifier pour les valeureux capitalistes" !

Laquelle opinion publique indignée par la crise capitaliste, par les 300 milliards des banques, par le bouclier fiscal des nantis, par les licenciements en masse, etc. commence à voir la société d'une toute autre façon ... et pas en positif

Il y a un décalage, ou pour être plus précis, une cassure entre le discours lénifiant sur "le meilleur des mondes de la société capitaliste", sur le salarié associé au capitaliste pour un monde toujours meilleur, sur le travailleur faisant corps avec "sa boite" comme le dit la propagande néolibérale ... et ce que découvrent aujourdhui des milliers de salariés sur la réalité de leur condition sociale !

Ces discours "libéraux" étaient bien acceptés par les salariés depuis 1945. Lorsqu'au lendemain de la guerre et pour éviter une Révolution mondiale communiste le capitalisme mondial a partout cédé sur les revendications sociales minimales des salariés.

Partout dans les pays industriels, le salarié moyen avait un logement, un travail, une sécurité sociale minimale, une retraite, etc

Et cet embourgeoisement général des salariés fournissait aux politiciens bourgeois les "masses" dociles qui allaient "démocratiquement" légitimer tous les gouvernements au service du capitalisme.

Encouragé par la solidité de leurs positions politiques, les capitalistes ont laissé jouer le principe de base de leur système : la cupidité !

Et depuis 20 ans les gouvernements à leur botte, de droite et de "gauche", ont appliqué des politiques résolument anti salariés !!

Et le résultat n'a pas tardé. Suppression progressive de tous les acquis sociaux, croissance inouïe des bénéfices, ... et les conséquences logiques : appauvrissement des salariés, crise de surproduction, crise financière ...

La contestation sociale qui secoue la France n'en est encore qu'à son début ... chaque jour de nouveaux salariés découvrent qu'on les a trompés ... et chaque jour le niveau de mécontentement augmente ...

Il ne faut pas chercher plus loin la raison de la croissance d'un vrai parti de gauche en France, le NPA, dont Besancenot disait lors du congrès de fondation : "Nous sommes le produit de la crise !"


Ou pour prendre des références plus académiques, comme le disait Marx :

"ce n'est pas la conscience qui détermine l'existence, c'est l'existence qui détermine la conscience"


Et cette conscience là finira peut être par faire émerger une alternative à l'exploitation capitaliste

Qui sait ?


17:39 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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