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31 mai 2009

Faillites.

La situation actuelle semble se résumer en un mot : faillite.

1 - Faillite totale et complète du capitalisme sous sa forme ultralibérale.

Est ce que cela vaut encore la peine de remplir des pages pour rappeler les promesses de Sarkozy et l'échec total de sa politique ultralibérale ?

Sarkozy est arrivé au pouvoir en réalisant l'union politique de tous les courants de droite : depuis l'extrême droite jusqu'aux "socialistes" libéraux en passant par la droite historique (UDR RPR UMP ... ) et des vagues courants "centristes".

Cette union politique - portée par Sarkozy et financée par le capitalisme international - repose sur un programme unificateur :

- destruction des acquis sociaux concédés depuis un siècle et limitation des droits des travailleurs
- réorganisation de l'Etat en faveur des nantis et destruction des services publics
- mise en place d'un régime policier garantissant les droits des privilégiés
- mise en oeuvre de toutes les mesures garantissant les profits maximum des capitalistes

Il est important de distinguer la forme et le fonds. Dans sa campagne électorale il était frappant de voir que Sarkozy reprenait la logomachie communiste des années 70 ("défendre les ouvriers", "patrons voyous", etc.).

Mais sous un habillage populiste le gouvernement de Sarkozy met en place des "réformes" qui transforment notre société en une société capitaliste ultralibérale, et sur certains plans bien en avance sur les modèles anglais et américains.

C'est particulièrement vrai en matière de sécurité. Quelques incidents sont sur médiatisés et dramatisés et il s'ensuit une nouvelle loi diminuant nos libertés.

Le cas de la loi Hadopi est typique. Le 21ème siècle connait un développement exponentiel des échanges d'informations. Le capitalisme entend s'y opposer dès lors que ces échanges ne génèrent pas de profit ou même seraient éventuellement susceptibles de diminuer les profits des capitalistes.

Ainsi la copie d'une chanson - un acte banal de la vie quotidienne - devient un délit puisque les entreprises capitalistes sont privées d'un profit : celui de taxer un échange d'informations dont elles sont à l'origine !
Avec cette logique il faut interdire les bibliothèques puisque des millions de gens lisent des livres sans les acheter (et les droits des créateurs alors ?) ou encore il faut surveiller les emprunts de DVD et vérifier que celui qui achète un DVD est bien seul à le regarder !!

Ce délire capitaliste est devenu une Loi de la République, ce qui en dit long sur le type de société policière qui se met en place au bénéfice des capitalistes.

Avec la dernière loi LOPSI même la Justice n'aura plus le droit de connaitre les agissements ni l'identité des agents de la police politique ... qui deviennent une force mercenaire au service du gouvernement ...

Et pendant que la notre modèle social se réorganise sous le double signe de la KGBisation et des médias sous controle, pendant ce temps les salariés trinquent.

- chaque jour voit sa suppression des droits des salariés
- le système de protection sociale est liquidée (retraite à 70 ans !)
- l'Etat s'acharne contre les plus pauvres (harcèlement administratif, flicage, DNLF, RSA, ...)
- les licenciements sans aucun controle sérieux se multiplient

Enfin ne soyons pas négatifs, les profits des capitalistes (euh pardon on dit "entreprises") s'envolent et malgré la crise spéculative la Bourse remonte. Cette remontée de la Bourse - en période dite de "crise" - devrait nous mettre la puce à l'oreille !

La Bourse fonctionne par anticipation. Si le CAC40 remonte cela signifie que les boursicoteurs anticipent une remontée des profits. En fait l'évolution récente de la situation politique est interprétée par eux comme la mise en route d'une société de sur exploitation des salariés (genre ouvrier roumain ou chinois à 1 euro de l'heure). Et dans cette perspective de fabuleux profits sont possibles, éventuellement après une réorientation de la production puisque 80% des salariés seront trop pauvres pour consommer largement ...

Ou si vous préférez, ce que dit clairement la hausse du CAC40 c'est que la crise est finie et que ce sont salariés qui vont en payer le prix !!


2 - La faillite (presque) complète des partis politiques.

Le modèle libéral qui se met en place repose sur le système de l'alternance : un parti de droite et un parti de "gauche" qui se succèdent au gré des circonstances mais toujours en appliquant la même politique ultralibérale.

Nous avons l'UMP, nous avons le PS, et le même discours notamment en matière de création d'une Europe libérale (je devrais dire une Internationale Capitaliste :) fondée sur les principes de Maaschtricht, du TCE (pourtant rejeté par les électeurs) et des accords de Lisbonne (adoptés au mépris des électeurs !)

Et les petits partis n'ont plus guère que le role de satellites gravitant autour de l'un ou l'autre des deux poles politiques libéraux.

Ceux qui doutent qu'il existe encore une différence entre PS et UMP devrait relire les programmes Royal et Sarkozy de 2007, on pourrait presque dire que Sarko est le plus à gauche, d'autant que Royal a reconnu publiquement que son programme était encore trop à gauche (sic) !

Et les péripéties récentes des éléphants et éléphanteaux du PS qui passent à l'UMP sans état d'ame sont une excellente lecon de chose pour les électeurs qui auraient des doutes (cf Kouchner "Moi je vote UMP")

 

3 - La faillite des organisations syndicales.

Depuis le début de l'année une masse de salariés avait l'espoir que la lutte syndicale pouvait contrecarrer les dégats de plus en plus visible - et dramatiques - de la politique du gouvernement Sarkozy.

Depuis janvier chaque mobilisation voyait augmenter le nombre des manifestants, pour atteindre d'ailleurs des niveaux sans pareils dans l'histoire de France depuis longtemps.

La stratégie syndicale pour casser le mouvement - ou plus exactement pour le neutraliser - reposait sur trois axes :

- réaliser une unité syndicale de facade afin de controler les grèves et manifestations

- ne donner aucune perspective unificatrice pouvant booster le mouvement (un programme commun par exemple)

- faire trainer les choses pour jouer le pourrissement et le découragement des salariés

Et ce fut un succès total. Des journées de grève isolées et sans perspectives ont convaincu les millions de manifestants qu'il ne servait plus à rien de descendre dans la rue pour une journee traine savate tous les trois mois.

Et inversement en face le gouvernement rigole. Il accèlere ses projets anti sociaux et lors de la journée du 26 mai - qui était un échec prévisible et programmé par les directions syndicales - les ténors de l'UMP ont fait de la provoc  !

La veille de la manifestation, alors que le projet visant à généraliser le travail le dimanche, un UMP a sorti une idée de génie (patronal) : et si on faisait travailler les salariés malades ?!

Evidemment ce n'est pas possible. Quoique il me revient à l'esprit une usine automobile ou les contremaitres allaient chercher chez eux les ouvriers malades pour les remettre sur la chaine (!)  "ah oui vous avez un bras dans le platre ? pas de probleme je vous trouve un poste ou on peut travailler d'une seule main" (sic)

Vieux fantasme patronal selon lequel un salarié malade c'est un fainéant qu'il faut remettre au travail ... fantasme repris régulièrement par tous les médias et par tous les réglements de l'assurance maladie ...

Ce nouveau délire UMP - qui aurait tout aussi bien être proposé par le PS - nous montre à quel point le gouvernement se sent fort et incontesté !!

La faute n'en revient pas seulement aux dirigeants véreux des organisations syndicales. En fait la situation exige une solution politique que les syndicats sont incapables de fournir. Leur boulot quotidien c'est de faire des réunions, de négocier, de discuter et de faire des "accords" avec la patronat et le gouvernement.

Fournir une alternative politique et économique pour sortir de la crise sans faire payer les salariés c'est le role d'un parti politique. Le NPA par exemple, seul parti politique proposant une politique de gauche (publi info :)

En attendant le mouvement syndical qui n'était déjà pas bien en forme vient de prendre un coup qui va lui être fatal. Les salariés seront partagés entre les pressions des petits cadres et patrons qui ne veulent pas de contestation de leur autorité et le spectacle des échecs syndicaux ...

Il ne restera plus au syndicat que le role de "syndicat officiel" et sans doute obligatoire qui consistera a surveiller les salariés pour le compte du gouvernement et du patronat ... triste !

 

Alors quelles solutions ?

 

La première c'est d'éliminer aux Européennes l'UMP, le PS et leurs alliés !!

La deuxième c'est d'élaborer un programme politique alternatif !!

Et faire voter des lois en faveur des salariés, en France et en Europe !!


12:14 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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