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14 novembre 2014

Qu'est ce que le socialisme ?

Avec les mots socialisme et communisme, les définitions abondent.

Au pif, on peut estimer à 50% la proportion des dictatures qui se réclament, peu ou prou, du socialisme, du communisme, du marxisme .. ou des trois à la fois :)

Et certainement un bien plus gros pourcentage si on prend en compte les populations qui "bénéficient" de ces régimes politiques !

Je ne prétend pas révolutionner (quoique j'aime bien l'idée !) la définition de ces termes, mais il y a tout de même quelques précisions à apporter.

Aujourd’hui un "socialiste" français conduit la même politique qu'un politicien de "droite", et je défie n'importe qui de faire une différence entre un programme de "gauche" et de "droite" ! Essayez !

Tel est le triste constat. Et donc voilà quelques définitions que j'espère utiles.

 

Marxisme : 

Karl Marx a produit des études philosophiques, économiques et politiques.

- les études philosophiques j'y comprends rien, alors voyez un spécialiste de Hegel notamment, si le sujet vous intéresse, moi je suis incompétent pour ce genre de chose, désolé :(

- les études politiques concernent la lutte des salariés pour améliorer leur sort, voire prendre le pouvoir, et ces textes sont intéressants à connaitre, notamment pour éviter les erreurs du passé ...

- les études économiques tentent d'expliquer le fonctionnement du système capitaliste né au 18ème siècle et qui perdure au 21ème siècle avec les résultats que l'on connait !

Connaitre les bases des analyses économiques de Marx est essentiel pour comprendre le fonctionnement de la société actuelle.

Le capitalisme a changé dans ses méthodes, il a subi des revers graves (en 1929, en 1936, en 1945 ...) mais fondamentalement sa structure est toujours la même : concentrer la richesse entre les mains d'une minorité en s'appropriant le travail des salariés.

Quand on parle de "revers" du capitalisme, cela signifie que les "capitalistes" on du lâcher du lest.

Ainsi le dernier livre de Picketty sur la répartition de la richesse, montre la création d'une "classe moyenne" dans les années 30 et jusqu'à nos jours.

L'émergence d'une "classe moyenne" ne signifie pas que la masse des salariés est devenu "naturellement" plus riche, plus éduquée, en meilleure santé, et avec de meilleures conditions de travail.

Pas du tout !

Cela signifie seulement qu'à l'issue de guerres, de révolutions, de destruction de l'Etat, d'insurrections populaires, et de génocides et massacres divers, la "classe" des capitalistes a du faire des concessions pour éviter de tout perdre !

Et pour en être bien convaincu, il suffit d'observer le cours des événements depuis les années 70-80.

De Thatcher à Reagan, en passant par Merckel et Hollande, depuis plus de 30 ans les salariés subissent une guerre d'usure, impitoyable, contre tous leurs avantages sociaux. Plus rien n'est tabou.

Ceux qui n'ont pas une vision globale et "marxiste" de la société actuelle ne peuvent pas comprendre ce qui se passe actuellement.

Et d'ailleurs ils ne comprennent pas. Le discours courant, relayé par des "embobineurs professionnels" (on dit aussi "politiciens"), consiste à dire que "avant c'était mieux".

Autrement dit on nous propose de supprimer un demi siècle d’acquis sociaux, de revenir au capitalisme pur et dur, la douce époque ou l'enfant de 8 ans partait en "apprentissage" et la femme au foyer, considérée comme une mineure, faisait le ménage, la cuisine et les enfants ...

Ce discours extravagant se retrouve à peu près partout et notamment dans les partis de droite, d'extrême droite et de "ni droite ni gauche" :)

C'est cela que l'on appelle la "lutte des classes", et comme le disait un capitaliste d’aujourd’hui : "La lutte des classes existe et nous sommes en train de la gagner !!"

Ce qui deviendra vrai seulement si la majorité des salariés se met à croire aux contes de fées du libéralisme, qui nous assène qu'en renonçant à tous nos avantages, la vie sera bien meilleure pour nous ! :)

Et seulement si la masse des salariés ne s'intéresse pas à la nature du système capitaliste. Lequel fait tout pour les en empêcher ... éducation au rabais, bourrage de crane télévisé, absence de débats démocratiques publics ...

 

Socialisme :

Par définition le "socialisme" consiste à partager les richesses de la société.

Oui mais comment ? voilà le problème.

Pour les capitalistes et leurs larbins diplômés, le socialisme c'est "ils sont fous, ils veulent qu'on partage tout, même les brosses à dents" ! (et je caricature à peine !)

A mon avis on fait fausse route en se focalisant sur la seule question du partage des richesses.

Le capitalisme est à la fois un mode de production (économique) et un système politique (social).

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, le plus important c'est pas la lutte pour obtenir plus d’avantages sociaux, de plus gros salaires, etc.  Cela c'est la lutte syndicale, et à notre époque de régression sociale c'est aussi important bien sur.

Non le plus important c'est d'obtenir le pouvoir politique, celui de décider de son avenir.

Les premiers socialistes avaient repris cette idée, en lui donnant une formulation étonnante (et malheureuse aussi !) : la dictature du prolétariat.

Et les deux plus grandes révolutions du 20ème siècle sont tombées dans le panneau !

Remplacer l'Etat de "droite" par un Etat de "gauche" ("prolétarien") ca ne marche pas. C'est ignorer les résultats sociologiques les plus élémentaires. Notamment les travaux sur la "bureaucratie".

Un Etat "prolétarien" est composé d'une minorité. Une minorité de privilégiés, dont la motivation principale est d’accroître sa bonne fortune. Le fait a été vérifié maintes fois, c'est tout simplement un fait humain !

Pour autant il n'y a pas d'autre solution que de supprimer l'Etat capitaliste et de le remplacer par une organisation sociale qui défende les intérêts de tous, salariés comme ex capitalistes d'ailleurs.

Il se trouve que la solution s'appelle la démocratie.

Mais que la forme démocratique par délégation, je vote pour toi tu agis (soi disant) dans mon intérêt, ne peut pas fonctionner, du moins pas de cette façon.

Le fond du problème c'est d'agréger les volontés individuelles par un mécanisme aussi efficace que le "marché" pour les marchandises, mais en évitant les crises (!!)

Il se trouve que les générations passées ne pouvaient, matériellement, mettre en oeuvre une solution à ce problème.

C'est seulement depuis une trentaine d'années que nous disposons des outils techniques. Et aussi mathématiques car le sujet est complexe.

C'est surtout l'avènement de l'internet qui permettra, tôt ou tard, de franchir le pas. C'est à dire de détruire l'Etat "bourgeois" par une combinaison de méthodes classiques (grève générale) et de moyens informationnels modernes.

La suite ne peut pas être connue d'avance. Par définition. Puisque l'objectif c'est de mettre en place un système qui représente la volonté du plus grand nombre.

Mais nous avons les outils informatiques qui permettent de voter en direct instantanément, avec des conditions de sécurité excellente, surtout si l'on rajoute du contrôle humain aux machines :)

Le plus étonnant c'est qu'on pourra garder un Etat organisé, animé par des fonctionnaires politiciens (au sens noble !) qui feront tourner les rouages du système sous le contrôle presque direct de leurs administrés ...

Imaginez une journée au 22ème siècle (enfin si on arrive !) : réveil, petit déjeuner, vote des 10 ou 15 décisions gouvernementales du jour, et début de la journée de travail de 4 ou 5 heures, loisirs ...

C'est cela le socialisme.

 

 

PS.

Et au passage un bravo pour le philosophe Alain Badiou qui reprend le fauteuil laissé vacant par Stephane Hessel dans le rôle de conscience anti-capitaliste, et même en mieux je trouve !!

 

 

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