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11 mars 2016

Loi El Khomry. Quelle mobilisation ?

1 - Quel est le problème ?

Rappelons d'abord qu'il faut absolument lire et faire lire le texte de loi qui réforme le Code du Travail.

C'est un véritable cauchemar : des apprentis à 10H de travail par jour voire plus, c'est quasiment du Zola !

Ce sont tous les fondements de notre droit du travail qui sont sabrés.

Le journal Le Monde en fournit un aperçu édifiant : Le Monde

 

2 - Quelle mobilisation ?

Dans les semaines et les mois qui viennent des millions de salariés vont descendre dans les rues. 

Plus il y aura de manifestants et plus on aura une chance de faire bouger les choses.

Mais cette mobilisation ne suffira pas !!

En 2010 des millions de salariés ont manifesté contre la loi sur les retraites. Et nous avons perdu !!

En 2003 c'était pareil et la loi Fillon est passée.

Il faut maintenant en tirer les leçons. Les manifestations traditionnelles, même massives, ne suffisent plus contre le patronat et le gouvernement.

 

3 - Passer à l'étape supérieure.

La seule façon de se faire entendre c'est de bloquer le pays, comme l'ont fait nos anciens en 1936 et 1968.

Cette forme d'action porte un nom : la grève générale !

Or la grève générale ne se décrète pas avec des incantations, elle se prépare, et activement.

L'expérience du passé nous montre que cela fonctionne si dans chaque quartier, dans chaque entreprise, il existe un "comité de grève" qui prend les choses en main.

Ces formes d'organisation locale sont indispensables, avant, pendant et même après une grève générale. Il faut donc y travailler sans perdre de temps.

Sinon nous courons à l'échec.

 

4 - Ne compter que sur nous même.

J'éviterais de faire rire en prétendant que les partis de gauche vont nous aider. 

Plus personne de sérieux pour prétendre que les "politiques" vont aider les salariés contre le patronat ...

Ce qui est plus grave c'est que nous ne pouvons pas non plus compter sur les syndicats.

Actuellement la moitié d'entre eux sont d'accord pour accepter la destruction du Code du Travail, à condition de changer quelques virgules.

Les autres syndicats n'iront pas tous jusque là, mais ils n'iront pas non plus soutenir une grève générale, pour des raisons qui sortent du cadre de cet article ...

 

5 - Commencer petit.

Nous disposons d'un certain nombre de points forts.

  • Les mobilisations à venir vont permettre à des millions de gens de se réunir. Ce sera l'occasion de mettre en question les actions traditionnelles, qui ont toujours échouées.
    Les rares fois où les manifestations traditionnelles ont gagné, en 1995, contre le CPE etc. cela provenait de la division du gouvernement. Cette fois la droite, la gauche et les autres sont d'accord pour laisser la loi El Khomry.
    On devrait pouvoir convaincre les salariés que manifester ne suffit plus.

  • Les moyens de communications modernes peuvent accélérer la mobilisation en faveur de la grève générale.
    Le web est un outil inestimable, on le voit bien chez les étudiants qui s'organisent sur des réseaux sociaux.
    Et en plus, aujourd’hui chaque salarié dispose d'un portable.
    La coordination d'un mouvement national est techniquement possible, même sans centralisation. 

  • Enfin il existe dans le pays un ras le bol général qui ne demande qu'à s'exprimer.
    Chômeurs stigmatisés, salariés sur-exploités, jeunes sans avenir, pauvreté et précarité généralisées.
    Cette situation ne peut plus durer, surtout quand on sait que les patrons (les vrais ! pas l'artisan boulanger!) réalisent des profits qui dépassent toutes les bornes.

 

6 - Mon pronostic.

Personnellement je fais l'hypothèse que si la mobilisation en faveur de la grève générale commence dès maintenant, quartier par quartier, entreprise par entreprise, le mouvement peut aboutir en quelques mois.

Tout cela d'ailleurs n'exclut pas une grande prudence. La grève générale est fragile, il faut éviter les conflits entre salariés, etc.

Et surtout les forces mobilisés en faveur de la loi patronale sont prêtes à tout, notamment en utilisant l'état d'urgence !

A Bordeaux déjà des fascistes (FN ?) ont vandalisé une université pour discréditer le mouvement des étudiants.

Bien sur, les médias et les "experts économiques" vont se déchaîner en faveur de la loi patronale.

Je pense qu'on peut s'attendre au pire, y compris des attentats, et qu'il faudra être d'une extrême vigilance.

 

 

 

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