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23 mars 2009

Quelles alternatives ?

Il n'échappera plus à personne que le gouvernement Sarkozy ne tient plus que par un fil !!

Impopularité massive, contestations de masse dans tous les secteurs, et crise de légitimité de l'idéologie capitaliste ...

En fait le gouvernement Sarkozy ne tient encore seulement parce que la majorité des Francais pensent qu'il n'existe pas d'alternatives au capitalisme. Raisonnement fondé sur des routines de pensées et sur l'absence de visibilité d'une solution économique et politique ...

Et en plus s'ajoute à cela les séquelles de la guerre froide, qui a vu l'effondrement des solutions "communistes" - il serait plus juste de dire des dictatures sanguinaires - et parallèlement le développement extraordinaire du monde capitaliste ...

Soit dit en passant, c'est justement le propre du capitalisme. Fondé sur la cupidité et la rapacité, ce système aboutit immanquablement à des catastrophes. Et cela depuis le 19eme !!

Crises cycliques dès le début, guerre impérialiste en 14, krach et misère en 29, re guerre en 39 ... et effondrement en 2008 !

Les cyniques disent que c'est "normal" : c'est la "destruction créative", le capitalisme fait une bonne grosse monstruosité et puis dans les ruines fumantes on reconstruit ...

Il a échappé à ces brillants théoriciens que l'on doit être capable de construire quelque chose dans le monde sans forcément être obligé de tout casser et détruire à moitié la planète ....

Et par ailleurs les bienfaits du capitalisme sont en fait assez limités, même en période de prospérité la plus grande partie du monde capitaliste ou assimilé meurt de faim ...


Ces constatations et tant d'autres permettent de penser que bâtir un autre type de société est certainement possible

(et sans tuer des dizaines de millions de gens, en prime :)

Ne comptez pas sur moi pour sortir une théorie toute faite, j'écris pour aligner des idées - justes ou non - qui dérangent.

Mais à mon avis (ca y il se lance :) on devrait prospecter dans deux directions, dont nous savons au 21ème siècle qu'elles sont indissociablement liées !!

1 - promouvoir la démocratie.

2 - remettre l'économie au service du citoyen.


1 - Au sujet de la démocratie, le problème c'est d'arriver à un système ou tant bien que mal les décisions sont prises et contrôlées par ceux même qui en supporteront les conséquences.

Il n'y a pas de miracle : il faut diminuer le temps de travail !!

Vu que quand on fait 8H plus un certain temps de transport et que l'on veut avoir un peu de vie privée, il est peu vraisemblable que l'on trouve le temps de lire le dernier projet de loi à voter ...

Sur le temps de travail, ce n'est pas un gros problème. Les progrès de la productivité permettent de faire vivre le pays avec des temps de travail de quelques heures par jour. Si vous en doutez, pensez aux agriculteurs dont le nombre a été divisé par 10 en cinquante ans et qui maintenant produisent encore trop !

Par ailleurs, on peut maintenant informer en temps réel la quasi totalité de la population en utilisant notamment les réseaux télématiques. Et mieux encore organiser des votes ou des sondages dans de bonnes conditions de loyauté, les progrès des mathématiques dans ces domaines sont énormes.

Enfin il faut imposer la transparence pour tout ce qui concerne la vie collective. Toutes les données doivent être publiques et l'action des "administratifs" doit être transparente. Interdisons les secrets contre les citoyens (et ca vaut pour les fichiers :)


2 - Au sujet de l'économie, clairement on voit bien que le système capitaliste marche sur la tête.

Des richesses fantastiques sont produites, ce dont tout le monde a pu se rendre compte lors de la "crise" financière. Quand les Etats soit disant "ruinés" ont sortis de partout des centaines de milliards d'euros ou de dollars !!

Les mêmes venaient juste de nous faire pleurer en disant qu'il était absolument impossible de sortir quelques milliards pour renflouer la sécurité sociale ou assurer une retraite aux vieux travailleurs

Et dès que les capitalistes trop cupides ont perdu des fortunes, des milliers de milliards sont trouvés mystérieusement.

On voit bien qu'il n'y a aucun mystère dans ce mécanisme. Nos économies pourraient bien faire vivre tout le monde, la misère n'existe que parce qu'une poignée de nantis confisque des sommes qui dépassent l'entendement humain (vous avez déjà vu ou même simplement essayé d'imaginer ce que c'est que 300 milliards ?)

Alors la solution c'est certainement qu'il faut taper du poing sur la table et dire : à partir de maintenant ceux qui produisent récupèrent la plus grosse partie de la valeur produite par leur travail.

Ce qui, j'en conviens est communiste - dans le bon sens du terme - et suscitera quelques réticences parmi ceux qui se goinfrent actuellement ... et pourtant même si on prenait la moitié des plus grosses fortunes leurs propriétaires resteraient encore fabuleusement riches !


Il faudrait aussi parler de la dimension "écologiste", avoir du temps libre, vivre dignement ... et cesser de vivre pour consommer et gaspiller
(mais la je triche, cette idée commence à devenir un lieu commun :)


Bref voilà quelques pistes. Tout un travail de débats et d'échanges d'idées reste à faire. Mais le point le plus important à mon avis c'est que l'on doit être bien convaincu qu'il n'y a nulle fatalité: à chaque époque le société n'est que ce que les hommes (les femmes aussi :) en font ...



PS
Et pendant ce temps la propagande bourgeoise cartonne sur les dirigeants de banque privés de stock options.

La manœuvre est grossière. Dans les entreprises importantes il y a les capitalistes et les salariés.

Or le statut des dirigeants d'entreprise est d'un extraordinaire variété. Telle entreprise est dirigé par le capitaliste majoritaire, telle autre est dirigé par un salarié particulièrement qualifié, etc

Les responsables de la crise ce sont les capitalistes - les propriétaires des entreprises - qui imposent par exemple des licenciement ou des délocalisations pour augmenter bénéfices et dividendes ...

Faire croire que la crise est provoquée seulement par de mauvais dirigeants c'est mesquin. Et c'est faux.

Tout se passe comme si les gouvernements sacrifiaient quelques hauts dirigeants à la vindicte populaire de manière à protéger les vrais coupables : les capitalistes, le système capitaliste dans son ensemble

Ne nous laissons pas abuser. Si un PDG reçoit 2 millions, soyez assurés que les actionnaires en ont empochés 100 !!



PPS. (pub) Spécial copains

21:34 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

20 mars 2009

Franchir une etape.

Avec une mauvaise foi en acier trempé le gouvernement Sarkozy n'a toujours rien vu de sérieux lors de la grève générale du 19 mars !!

Avec parfois un peu de provoc, comme lors de la manif de Marseille qui a réuni sans doute dans les 300.000 manifestants (manif regroupant toute la région marseillaise) avec un cortège étalé sur 5-6 km, tandis que le chiffre officiel est 30.000 (sic)

Ou encore cette déclaration de Soubié, conseiller privé spécialisé dans la lutte anti sociale (Altedia), qui affirme :

"Il y a une inquiétude manifeste, légitime qui s'explique par la crise, mais on n'a pas franchi d'étape dans la protestation par rapport au 29 janvier"

Sans le vouloir ce sbire du patronat nous révèle le fond du problème actuel :

Pour que les salariés se fassent entendre et fassent reconnaitre leurs droits, il faut "franchir une étape" dans la mobilisation !!

Et c'est l'homme du patronat qui le dit bien fort :)

Tandis que du coté syndical, on est très content de montrer son "influence" sur les salariés et on trouve très urgent de ne rien faire et d'attendre pour voir comment les choses vont tourner ... Zen quoi ... (les dirigeants syndicaux "permanents" s'en foutent, ils ont déjà leur bout de gras assuré, eux !)

Pour mémoire la bonne méthode est celle employée en Guadeloupe que je résume rapidement :

1 - on réunit le maximum de personnes et surtout d'organisations de toute nature qui ont un intérêt commun à agir.

2 - on met au point un programme écrit de revendications sur lesquelles on est tous d'accord.

3 - on organise la grève générale et on la protège avec un service de sécurité nombreux et efficace.

4 - on tient bon et on impose ses revendications au gouvernement et au patronat (ce sont les mêmes !)


Bon en gros on peut dire que ca fonctionne bien, Guadeloupe, Martinique et bientôt Reunion ... et demain France ??

Alors évidemment on peut chipoter en disant que patrons et politiciens sont prêts a se battre jusqu'à la mort (de préférence la notre :) pour ne rien céder et ne rien lâcher !!

Ainsi en Gwada l'accord Bino - au mépris des promesses et de l'engagement écrit - n'est toujours pas généralisé ... et on peut parier que les autres revendications seront demain attaquées à nouveau ...

Mais cela, le mensonge, les trahisons, les tromperies, ce sont les lois de la guerre, de la guerre sociale entre classes antagonistes. Normal. (si j'ose écrire :)

Il y a tout de même un petit détail à souligner.

En Gwada la population est de 440.000 habitants et il leur a fallu plus d'un mois de palabres pour se mettre d'accord.

Etendu à la France, 60 millions, ca veut dire que préparer une grève générale et un affrontement classe contre classe, ca suppose des mois de parlotes et de débats entre salariés, syndicats, organisations de toutes nature ... pour arriver à un programme commun !!

Et c'est pas gagné ! C'est malheureux à dire, mais la lutte démocratique c'est un boulot d'enfer !

Il suffit d'aller sur le site du NPA et de visionner les vidéos des discussions - très dures parfois - au congrès ou lors des conseils nationaux, pour comprendre le problème (et ils sont seulement 9000 ! mdr)

C'est un aspect de la question que les dirigeants syndicaux oublient pudiquement, c'est pas leur truc la lutte démocratique. Et Thibaut déclarait en 2003 que la grève générale ne se décrète pas pour avoir une raison de ne rien faire contre la réforme des retraites

En effet on ne peut pas "décréter la grève générale" mais on peut commencer à la préparer !!

Ce que les branquignols de la CFDT CGT CGC etc. se gardent bien de préciser !!

Et vu le temps que ca prends faudrait commencer tout de suite si on veut pas finir 2009 avec 5 millions de chômeurs !

23:33 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

19 mars 2009

Decalage.

Juste un mot sur une remarque de Parisot (MEDEF) qui déclare le 19 mars :

"Cette grève est catastrophique pour la réputation de la France !"

On peut deviner facilement l'idée qui est sous entendu, et que le gouvernement affiche bien haut :

En montrant au Monde entier que les salariés français résistent et ne souhaitent voir leur niveau de vie rabaissé au niveau de vie des salariés américains ... ou sénégalais (a propos saviez vous que dans certains pays du tiers monde l'espérance de vie des "pauvres" est maintenant supérieure à celle des salariés "pauvres" américains ?! :)

bref en montrant partout que les salariés français veulent vivre dignement on fait peur aux capitalistes internationaux qui pourraient hésiter avant de venir investir en France (c'est à dire encaisser les subventions, saccager l'environnement et se barrer avec les bénéfices en laissant des centaines de licenciement !)

Faire peur aux capitalistes, qui pourraient hésiter à venir nous exploiter à mort !!

Vision d'horreur ... pour le MEDEF qui est totalement solidaire du capitalisme international (forcément c'est eux aussi :)

On pourrait rire en écoutant ce type d'argument, qui est l'un des leitmotiv de la propagande néolibérale depuis vingt ans.

Pourtant pendant vingt ou trente ans, les salariés français ont reçu ce discours en l'écoutant d'une oreille distraite et en l'approuvant avec plus ou moins de conviction

Encore maintenant combien de salariés ne se pensent-ils pas spontanément comme une marchandise pour le capital ?

Et en faisant leur CV ils savent qu'ils doivent "bien se vendre" (c'est même enseigné dans les écoles)


Or la manifestions du 19 mars, comme celle du 29 janvier prouve que quelque chose a changé dans les mentalités.

Et bien que je dispose pas de sondage, je suis prêt a parier que le discours néolibéral sur la "crainte des capitalistes effrayes par les grèves" ne passe plus du tout dans l'opinion publique ! Idem pour "les salariés qui doivent se sacrifier pour les valeureux capitalistes" !

Laquelle opinion publique indignée par la crise capitaliste, par les 300 milliards des banques, par le bouclier fiscal des nantis, par les licenciements en masse, etc. commence à voir la société d'une toute autre façon ... et pas en positif

Il y a un décalage, ou pour être plus précis, une cassure entre le discours lénifiant sur "le meilleur des mondes de la société capitaliste", sur le salarié associé au capitaliste pour un monde toujours meilleur, sur le travailleur faisant corps avec "sa boite" comme le dit la propagande néolibérale ... et ce que découvrent aujourdhui des milliers de salariés sur la réalité de leur condition sociale !

Ces discours "libéraux" étaient bien acceptés par les salariés depuis 1945. Lorsqu'au lendemain de la guerre et pour éviter une Révolution mondiale communiste le capitalisme mondial a partout cédé sur les revendications sociales minimales des salariés.

Partout dans les pays industriels, le salarié moyen avait un logement, un travail, une sécurité sociale minimale, une retraite, etc

Et cet embourgeoisement général des salariés fournissait aux politiciens bourgeois les "masses" dociles qui allaient "démocratiquement" légitimer tous les gouvernements au service du capitalisme.

Encouragé par la solidité de leurs positions politiques, les capitalistes ont laissé jouer le principe de base de leur système : la cupidité !

Et depuis 20 ans les gouvernements à leur botte, de droite et de "gauche", ont appliqué des politiques résolument anti salariés !!

Et le résultat n'a pas tardé. Suppression progressive de tous les acquis sociaux, croissance inouïe des bénéfices, ... et les conséquences logiques : appauvrissement des salariés, crise de surproduction, crise financière ...

La contestation sociale qui secoue la France n'en est encore qu'à son début ... chaque jour de nouveaux salariés découvrent qu'on les a trompés ... et chaque jour le niveau de mécontentement augmente ...

Il ne faut pas chercher plus loin la raison de la croissance d'un vrai parti de gauche en France, le NPA, dont Besancenot disait lors du congrès de fondation : "Nous sommes le produit de la crise !"


Ou pour prendre des références plus académiques, comme le disait Marx :

"ce n'est pas la conscience qui détermine l'existence, c'est l'existence qui détermine la conscience"


Et cette conscience là finira peut être par faire émerger une alternative à l'exploitation capitaliste

Qui sait ?


17:39 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

18 mars 2009

Vive les Riches !!

Dans le passé, on a connu des discours de propagande capitaliste assez incroyables, comme le fameux "Vive la crise" ou un célèbre acteur était venu à la Télé encaisser 800.000 FF de 1982 pour nous dire de nous serrer la ceinture et que c'était bien pour nous !

Mais le discours actuel de Sarkozy et de la plus grande partie de l'UMP est encore plus décoiffant !

A la question de savoir si le "bouclier fiscal", qui protège les millionnaires de tout impôt supplémentaire, n'est pas indécent en ces temps de crises ou des centaines de milliers de salariés vont perdre leur travail, les porte paroles du MEDEF nous répondent en choeur :

"On a besoin des riches"

Affirmation d'autant plus surprenante, qu'outre un grossier préjugé de classe, elle exprime aussi une aberration économique.

Dans un pays, la seule richesse c'est le travail ... mais des salariés !!

Ce sont essentiellement les salariés qui créent la richesse, du manoeuvre au directeur d'usine c'est leur travail qui compte !!

L'argument, grossièrement bourgeois et de parti pris de classe, peut se lire de deux façons, aussi stupides l'une que l'autre :


1 - ce sont les riches, c'est à dire les détenteurs de grosses fortunes, qui font la richesse du pays, par leur travail.

Argument imbécile entre tous, car la caractéristique de ces "riches" c'est qu'ils ne font rien eux mêmes. Ils paient des gens pour faire le travail, ou même tout simplement pour conduire leur voiture ou leur acheter une baguette de pain !

Le travail fournit personnellement par les "riches" est quasi nul.


2 - ce sont les riches détenteurs de capitaux qui font tourner notre économie.

Sur le plan économique, de l'économie capitaliste bien sur, l'argument est recevable.

Cela dit les capitaux qui font tourner la France viennent du monde entier. De nombreuses branches industrielles en France sont financées, en bout de chaine, par des capitaux mobiles et internationaux.

Les célèbres "fonds de pension" américains ou autres contrôlent déjà une grande partie de notre économie.

Dans ces conditions le discours sur le thème "il faut que les riches restent en France" est absurde. De France ou des Iles Caimans, les "riches" placent leur argent ou ils veulent et non là ou ils vivent !

D'ailleurs la caractéristique de la bourgeoisie du 21eme siècle c'est qu'elle est internationale. Dès l'enfance leurs rejetons apprennent plusieurs langues, vivent dans plusieurs pays, font leurs études partout dans le monde ...

A quoi bon "payer" pour les faire rester en France, leur pays c'est le Monde ... capitaliste !


Alors pour tenter de faire accroire l'idée fausse que "nous devons tout faire pour attirer les riches en France" le gouvernement se met à compter les Francais qui partent à l'étranger et qui forcément sont effrayés par la peur de payer l'impôt en France.

Non seulement ce comptage est impossible, car on entre ou on sort de France pour toutes sortes de raisons (études, mutation, vie familiale) mais en plus les grands "exilés", tel Johnny, ne sont nullement rentrés en France après le "bouclier fiscal" !

En fait la seule chose qui compterait, si nous voulons attirer - très temporairement - des capitaux c'est que les salariés Francais acceptent le salaire d'un ouvrier Chinois et renoncent à la couteuse retraite et à l'ensemble de la sécurité sociale et de l'éducation gratuite !

Mais la on revient à la politique, car il y a un choix de société à faire !


En attendant Sarkozy ne dévie pas d'un cheveu : tout donner pour les riches !!

Et tout reprendre au salariés !!


Et le 19 tous ensemble dans la rue !!!

08:31 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

16 mars 2009

L'arnaque a la TVA (suite et fin)

Eh ben voila, Sarkozy vient de l'annoncer : la TVA sur la restauration passe de 19.6 % à 5.5 %

Voyons le mécanisme de près pour démonter l'arnaque.

Si un produit ou un service vaut 100 euros, je vais le payer 120 euros (en arrondissant la TVA à 20%) et ma facture ressemblera à ceci :

- le produit : 100
- la TVA : 20

Total 120

Étant entendu que le commerçant reverse au Trésor public 20 euros de TVA en fin de mois.

En baissant la TVA à 5 % (j'arrondis pour aller vite) on devrait avoir la facture suivante :

- le produit : 100
- la TVA : 5

Total 105


Telle est la théorie. Le commerçant facture et encaisse la TVA puis la reverse au Tresor.


Maintenant voyons ce qui se passera vraiment avec l'arnaque de Sarkozy (assez incroyable il faut l'avouer !)

On aura la facturation suivante :

- le produit : 115
- la TVA : 5

Total 120


A première vue le client n'est pas lésé, car il dépense toujours 120 euros pour le même produit. Et sans doute aucun consommateur ne s'apercevra de rien, les prix restant identiques.

Mais pour le commerçant la situation est très différente. Dans l'ancien système il encaissait 120 et gardait 100.

Dans le nouveau système il encaisse 120 mais cette fois il garde 115 !

En fait il augmente son chiffre d'affaire de 15% aux frais de l'Etat, c'est à dire des autres contribuables !!

Ou pour dire les choses clairement, la baisse de la TVA de 19.6 à 5.5 % se traduit par une augmentation de recettes de 14% pour le commerçant.

Pendant ce temps, le Trésor public ne recevant plus que 5% au lieu de 19.6 % voit ses rentrées diminuer de 14 %

Les estimations, sur la base du chiffre d'affaire des restaurateurs français, conduit au chiffre de près de 4 Milliards d'euros qui chaque année seront soustrait du budget de la France pour être versés aux restaurateurs !!


Les ténors du social à la Sarkozy vont tenter de nous raisonner en énumérant pendant des heures tous les "engagements" et "obligations" des restaurateurs en échange de leurs 4 Milliards :

- augmentation des salaires
- embauches
- investissements

La réalité c'est que le don des 4 Milliards est accordé sans aucune contrepartie sérieuse.

Ou alors avec les mêmes garanties que les 300 milliards des banques, qui permettent aux actionnaires de conserver de gros dividendes et de continuer a licencier et délocaliser sans problèmes.

Il faut savoir également qu'en matière de contrôles des restaurateurs, le gouvernement est en train de laminer les services publics, réduisant partout le nombre des fonctionnaires, et actuellement c'est la DGCCRF qui est en cours de démantèlement (pardon, de réorientation :)

Rappelons ces dizaines de fois ou Sarkozy accordait des exonérations, des subventions, des cadeaux fiscaux en faisant des discours sur les "contraintes" qu'il allait imposer à tel ou tel secteur (la distribution, les banques ...)

Et même que Sarkozy allait faire des choses terribles contre les patrons voyous !!

Alors je vous demande : en 2009, connaissez un patron voyou en prison en France ??


Il en ira de même pour les restaurateurs, ils se préparent - dans l'allégresse - à empocher 4 Milliards d'euros sans autre contrainte que de réduire légèrement les employés au black et de passer un coup de peinture à la devanture !


Et on pensera au passage, en ces temps de crise ou des familles entières sont à la rue et sans manger, que s'il fallait donner de l'argent aux nécessiteux on ne penserait pas forcément aux hôteliers et restaurateurs !!


Un économiste, encore plus dur que moi faisait remarquer que le secteur de la restauration bénéficie d'un monopole de fait, car si vous allez au resto en ville, il ne vous est pas possible d'aller trouver moins cher en Thailande (en tout cas pas dans la soirée !) Le secteur de la restauration est un secteur "protégé" de la mondialisation.

Mais évidemment c'est un secteur de gens relativement aisés et qui votent bien ... ceci expliquant cela



PS. A lire l'interview de Coppe pour défendre les riches. Article

"En temps de crise, on a besoin de gens fortunés."

Problème : c'est la cupidité et la rapacité des gens fortunés qui nous ont mis dans cette crise ...


PPS. La crise.

21:02 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)