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05 mars 2009

Guadeloupe.

Victoire !

C'est le mot qui revient dans la bouche de tous les salariés de Guadeloupe. Et même si l'analyse impose d'être circonspect il faut reconnaitre que l'accord signé jeudi va réellement améliorer la vie de milliers de foyers guadeloupéens. (Et cela avec une dépense de quelques centaines de millions d'euros, une paille à coté des centaines de milliards avec lesquels jonglent financiers ripoux et gouvernements aux ordres !)

Coté patronal on parle de malheurs et de désolations, de faillites, de crise et de chômage massif, à cause des 50 euros qu'ils devront débourser ?. (A ce propos il devient urgent d'interdire les licenciements, car d'une part leur nombre augmente rapidement et d'autre part le patronat utilise le chantage généralisé pour imposer des conditions de quasi esclavage aux salariés !)

J'ai suivi les évènements de Guadeloupe avec attention, et un peu d'inquiétude, car entre un patronat local digne du 19ème siècle et un gouvernement néolibéral de choc, on pouvait raisonnablement craindre que ces gens là jouent sciemment la carte du pire : pourrissement, provocations, répression, état d'urgence (comme en France en 2005).

Et le gouvernement Sarkozy a essayé de jouer l'usure en maintenant le silence pendant un mois, puis les négociations bidons. Mais la Martinique a pris le relais en cours de grève et la Réunion bouge également. Et le pire pour le patronat c'est que les Francais ont massivement soutenu la grève, y compris en manifestant en France.

Bref Sarkozy n'a pas osé. La situation en France est si tendue, le mécontentement anti capitaliste est si fort, que le gouvernement doit reculer de plus en plus souvent : sur les licenciements de fonctionnaires la loi est bloquée depuis 6 mois, sur la réforme de la recherche la loi Pecresse est abandonnée, etc.

Finalement un accord, très soft d'ailleurs, a été concédé au LKP pour obtenir la reprise du travail le plus rapidement possible.

Et à ce sujet, comme le soulignent les porte paroles du LKP, tout reste à faire. Dès la reprise du travail, le MEDEF et la CGPME vont tout faire pour saboter l'accord et dans chaque entreprise les salariés vont devoir aller chercher leurs 200 euros avec les dents !

En attendant de voir la suite, il est intéressant d'examiner quelques aspects de cette lutte en Guadeloupe.


1 - une mobilisation sur un programme clair, précis, concret et complet.

Le mouvement a commencé en décembre 2008, comme l'explique la chronologie sur le site du LKP.

C'est un programme clair et complet divisé en 10 sections et 123 revendications qui a servi de support et de guide pour la mobilisation.

Personnellement, la leçon que j'en tire c'est que rien de sérieux ne se fait sans avoir réfléchi sur la direction à prendre, quitte à y perdre du temps en discussions. Le tout c'est d'arriver à trouver le socle revendicatif unifiant !

Ou pour faire savant en citant Seneque : "nul vent n'est favorable pour celui qui ne sait pas ou il va" :)


2 - une mobilisation dans un cadre unitaire.

C'est donc un mouvement calme et réfléchi qui a engagé la lutte contre le patronat. Tout le contraire d'une "insurrection spontanée" de type mai 68 qui regroupe une myriade de groupes désorganisés sans objectifs communs.

Avant même le début de la grève, les salariés ont formés un mouvement unitaire réunissant 48 ou 49 organisations.

Il faut bien le souligner : 48 organisations différentes rassemblées sur un programme commun et agissant de manière coordonnée pour le faire appliquer !

Un cadre unitaire sous forme d'une organisation, le LKP, et l'adhésion de la très grande majorité de la population approuvant le programme commun. Résultat des manifestations massives et un soutien à la grève jusqu'à la victoire !

Faut il le souligner, ce qui est possible en Guadeloupe devrait bien être possible en France.


3 - une mobilisation disposant de sa propre force de sécurité.

La première réponse du gouvernement a été d'envoyer des CRS ou plutôt des gardes mobiles, c'est à dire des gendarmes avec du matériel lourd : véhicules blindés, hélicos, etc

Et dès le début les grévistes avaient constitué leur propre force de sécurité.

Je suppose que les récits ultérieurs le confirmeront, mais mon idée c'est que la "sécurité" du LKP a permis à ses dirigeants d'éviter plein de mauvais coups et aux manifestants d'éviter plein de méchantes "provocs", notamment des flics de la police politique secrète de Sarkozy !

En même temps le LKP a pu imposer ses manifestations de masse dans le calme et ses démonstrations de force partout ou c'était utile !


4 - une direction du mouvement efficace.

Bien que je ne connaisse pas "l'organigramme" précis du LKP, il est apparu clairement que les grévistes ont disposé d'un "comité de grève" dirigeant l'action, disposant de l'autorité nécessaire et coordonnant tout le mouvement de manière efficace.


Je ne sais pas quel élément est le plus important mais je sais que la réunion de ces quatre éléments est décisive: un programme clair, un regroupent unitaire, une sécurité correcte et une direction efficace.

Il faut aussi ajouter qu'il ne s'agit pas d'un mouvement politique à proprement parler mais d'un mouvement syndical.

Les dirigeants de la grève sont d'ailleurs des syndicalistes et non des politiciens.

Mais leur action va probablement changer globalement la vie en Guadeloupe. Ce qui est en fait une action globale donc politique !


La lutte réussie des Guadeloupéens - qui il est vrai vivaient largement dans un système social datant d'un siècle - devrait être étudiée très attentivement.

A mon humble avis, c'est en utilisant de telles méthodes que les salariés pourront changer la société.

De manière réfléchie, dans le calme et avec la fermeté nécessaire.

De bien belles leçons !

21:13 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

01 mars 2009

Etat et MEDEF contre les salariés.

La situation en Guadeloupe semble plutôt confuse lorsque l'on se réfère aux informations officielles et aux médias.

Scènes de violence, désastre économique, pénuries, ras le bol de la population etc. etc.

Tels sont les grands axes de la propagande officielle qui est une propagande de combat visant à diffuser des nouvelles biaisées de manière à démoraliser les grévistes, à opposer la population aux grévistes, à susciter des incidents, etc.


Mais si l'on se place d'un point de vue de classe, la situation est d'une grande limpidité !!

Il faut savoir que la population de la Guadeloupe fait environ 440.000 personnes et que lors des grandes manifestations du LKP il descend près de 100.000 personnes dans les rues ...

Si on élimine les bébés et les vieillards, il n'est pas exagéré de prétendre que c'est toute la Guadeloupe, derrière le LKP, qui s'oppose à une poignée de nantis protégés par l'Etat francais et ses mercenaires !

Voilà pour la cadrage.


Cela dit la lutte engagée par la population contre le MEDEF et le gouvernement Sarkozy, n'est évidemment pas un long fleuve tranquille.

Le gouvernement a d'abord essayé de gagner du temps, puis de simuler des négociations avant de les rompre quand il est apparu qu'elles allaient trop loin en faveur des salariés, puis de surfer sur des "violences" dont le caractère spontané est toujours sujet à caution dans de telles circonstances afin de faire monter au créneau des milliers de gendarmes (qui sont encore à l'oeuvre pour caser la grève !)

Puis nous avons eu des négociations sérieuses qui ont avancées sur un grand nombre de points : ralentissement des suppressions de postes d'enseignants, légère baisse du prix de l'eau, proposition de baisser les prix de quelques produits, etc.

Au total une vingtaine de revendications ont été sérieusement examinées, pas forcément toutes résolues.

Mais sur la revendication principales, d'augmenter les salaires de 200 euros, le LKP se heurte à un mur patronal et gouvernemental.

Un mur en béton "armé" faut il le préciser avec l'arrivée de nouveaux CRS !!

L'accord du 26 février est vraiment très curieux. Signé par le LKP et trois petits syndicats patronaux il a peu de chances d'être étendu à l'ensemble des entreprises. Et finalement c'est seulement quelques milliers de salariés, sur un total de 85.000, pourraient en bénéficier. Et encore faut il préciser que cet accord est temporaire car le RSA est variable et limité à 2 ans au mieux, tandis que l'aide des collectivités ne durerait qu'un an ...

Le ministère du travail aurait la possibilité de rendre cet accord obligatoire mais cela suppose que le gouvernement s'oppose au MEDEF - chose impossible car le gouvernement Sarkozy c'est le MEDEF - et d'autre part il ne faudrait pas que la grève cesse car sans la pression des grévistes rien n'avancerait plus.

L'hypothèse la plus plausible est que cet accord restera limité à une poignée de salariés. Bien peu de choses pour la majorité des salariés guadeloupéens.

Aujourd'hui le préfet de Guadeloupe appelle déjà à la reprise du travail sur la base de cet accord "bidon".

Aidé dans son combat anti salarié par une campagne médiatique sur la fin de la grève, l'exaspération de la population et autres sujets de désinformation ... (mais pas de chance la population ce sont les grévistes ! et par ailleurs il existe des moyens d'informations libres sur l'internet exemples !)

Bien que cela ne soit pas public, il parait évident que cet accord fictif doit servir de prétexte pour faire cesser la grève générale et que le LKP est probablement divisé sur la suite du mouvement. Une partie est probablement prête à reprendre le travail sur la base des acquis :

- quelques revendications satisfaites
- quelques revendications en cours de négociations
- un accord salarial plus ou moins bidon

C'est une position que l'on peut comprendre car il faut bien cesser une grève un jour. Et plus d'un mois de grève ca pèse, surtout quand le patronat et l'Etat harcèlent les grévistes de toutes les façons possibles ...

Mais ca parait quand même un peu prématuré car dès que la pression de la rue aura disparu, la Guadeloupe cessera de devenir un sujet de préoccupation du gouvernement. Et sans mauvaise foi on peut supposer que le patronat fera enterrer l'accord salarial, sanctionnera les grévistes de manière détournée, et rétablira l'ordre bourgeois et la pauvreté rapidement ...

Évidemment on objectera - c'est la tradition - que les grévistes reprendront le travail "vaincus mais fiers et la tête haute", vieux refrain communiste datant de Thorez :)

Mais il serait peut être plus judicieux de ne pas terminer avant d'avoir obtenu un accord un peu plus complet ... a mon avis.

Cela dit ce sont les grévistes qui décident ...

La suite des évènements nous dira quelle solution ils adoptent.


Soit dit en passant, la solution la plus judicieuse serait plutôt de faire jouer la démocratie et d'organiser un référendum public pour demander aux guadeloupéens de se prononcer sur la poursuite du mouvement. Je me demande si c'est techniquement possible ?
Pourtant en dehors du socialisme ET de la démocratie point d'avenir pour nous tous !!




PS. A l'attention des touristes languedociens !

La cellule communiste anarchiste révolutionnaire de Bédarieux vient de publier un avis de danger !!

Si vous vous appelez Sarkozy, Blanc et quelques autres patronymes UMP, le climat du Languedoc vous est déconseillé.

Contactez rapidement votre agence de tourisme qui vous proposera certainement d'autres destinations touristiques beaucoup moins risquées : Egypte, Irak, Soudan ...


(oui je sais c'est facile, mais que dire d'autres quand les médias sécuritaires déjeantent une fois de plus :)

14:12 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

28 février 2009

Une bonne initiative.

Décidément depuis le début du mouvement social guadeloupéen on voit émerger toutes sortes de "bonnes idées". Déjà en soi, l'exemple du LKP composé de 48 organisations différentes (48 !!) qui agissent de façon coordonnées ca nous change des 1000 et un syndicats métropolitains qui organisent soigneusement la désorganisation des salariés.

Cette fois un groupe de syndiqués - dont j'ignore l'origine politique - a choisi de mettre les pieds dans le plat et d'appeler à l'unité syndicale dans l'action et non dans la gesticulation.

Voeux pieux sans doute, compte tenu du pourrissement de l'appareil syndical, mais une bonne idée à creuser !

Source.


Collectif National pour un Front Syndical de Classe mis en place par les initiateurs CGT et FSU de la « lettre ouverte aux Etats-majors syndicaux »

collectif.syndical.classe@laposte.net

Face à Sarkozy, au Medef et à l'UE,
construire par en-bas le tous ensemble en même temps

Le pouvoir mène une guerre sans limite contre les intérêts et les acquis des travailleurs et la crise va accélérer cette régression sociale dans des proportions dramatiques ; face à cette situation, la France deviendra un pays de misère pour les travailleurs si ceux-ci ne parviennent pas à construire un mouvement d'ensemble durable bloquant le profit capitaliste, comme en 36, en 68 ou comme en Guadeloupe actuellement, qui seul pourra faire plier le gouvernement et le patronat et permettre la satisfaction des revendications et des aspirations populaires.

D'un côté, des travailleurs du public et du privé, retraités, chômeurs... subissant la régression sociale et la crise capitaliste : salaires bloqués voire en baisse (comme à IBM ou chez Renault où les salaires n'augmenteront pas cette année et où les primes vont être fortement réduites) tandis que les prix montent, licenciements qui se multiplient (+ 100 000 chômeurs en janvier !), suppressions de postes massives dans le public, casse de l'hôpital, des universités et de l'Education nationale....

De l'autre, 54 milliards de bénéfices (+ 14 %) distribués aux gros actionnaires du CAC 40 pour 2008, des centaines de milliards d'euros publics versés sans aucun contrôle aux grandes entreprises, des milliards d'exonérations de cotisations sociales...

De l'argent et des moyens dans notre pays, il y en a bien. Mais il ne sert qu'à engraisser le grand capital au nom d'une politique unique euro-formatée et imposée aujourd'hui en France par Sarkozy et son gouvernement qui sont les commis des Bouygues, Lagardère, Bolloré, Rothschild et autres Pinault.

Face à cette situation, les mobilisations se succèdent depuis des mois et se ressemblent, massives et posant avec détermination les revendications populaires : augmentation des salaires, interdiction des licenciements et des délocalisations, retrait des contre-réformes euro-libérales (hôpital, Education de la maternelle à l'université...), refus des privatisations et de la casse des services publics, non à l'exploitation néo-coloniale dans les DOM...

Ces nombreuses luttes, qui ont débouché le 29 janvier sur une journée interpro d'une ampleur exceptionnelle, sont massivement soutenues par la population tandis que Sarkozy, décidé à maintenir coûte que coûte son programme de « rupture » thatchérienne, est de plus en plus impopulaire.

Dans ce contexte, l'affrontement entre le Travail et le Capital peut déboucher aussi bien sur une formidable victoire populaire que sur une défaite cuisante si les luttes à la base ne parviennent pas à trouver le chemin de l'unification.

Malheureusement, les directions syndicales françaises ont clairement choisi de tout faire pour empêcher la convergence des luttes et la construction d'un rapport de forces durable pour gagner, seul moyen de faire plier Sarkozy, le MEDEF et l'UE du Capital. Ce choix stratégique s'inscrit dans leur collaboration au sein de la direction de la Confédération Européenne des syndicats, financée par l'UE pour accompagner la construction européenne capitaliste, et dont le secrétaire général expliquait en décembre 2008 que les syndicats devaient désormais inscrire sur leurs banderoles le mot d'ordre : « sauver le capitalisme de lui-même ». Tout un programme au nom duquel les états-majors syndicaux français agissent pour canaliser les luttes et les empêcher de remettre en cause un système qui ne peut plus se survivre qu'en détruisant au quotidien les acquis sociaux et démocratiques du peuple.

C'est ainsi que, soumis à une très forte pression de la base militante et des luttes de la fin 2008, ils ont décidé d'une journée d'action le... 29 janvier pour s'empresser ensuite d'attendre et de laisser le gouvernement reprendre la main par l'annonce d'un « sommet social » le 18 février dont il était évident qu'il ne sortirait rien, avant d'en appeler à une nouvelle journée d'action le... 19 mars, qui porte qui plus est sur des revendications très éloignées de celles qui s'expriment dans les entreprises : la plate-forme des 8 organisations syndicales ne formule aucune exigence précise en matière de salaires ou demande aux travailleurs de faire grève pour « réglementer la sphère financière internationale ». Deux mois perdus pour les travailleurs mais deux mois gagnés pour le gouvernement contre la colère populaire alors que dans le même temps, rien n'a été fait pour assurer le solidarité et la convergence autour de la grève historique des Universités et de la Recherche, à laquelle les étudiants se joignent de plus en plus massivement, et de la grève générale en Guadeloupe laissée sans soutien pendant des semaines.

Sans parler de Chérèque dont la mission est de trahir chaque mobilisation, il est en particulier indigne que B. Thibault, intervenant en direct à la télévision au soir de la réunion du 18 février, n'ait critiqué que du bout des lèvres les « propositions » de Sarkozy alors que celui ci mène une guerre de classe contre les travailleurs et qu'en outre il n'ait mentionné la lutte des DOM ou des universités, ni même dit un mot sur l'assassinat d'un militant CGT en Guadeloupe, dans des circonstances troubles mais dans lesquelles le choix du pourrissement et de la tension par le gouvernement a de toute évidence beaucoup pesé.

De même, que penser des positions actuelles du secrétaire de la FSU et de la direction du SNES qui, contre l'avis même du syndicat FSU du Supérieur, refusent de soutenir les revendications des universitaires et des étudiants en grève reconductible, laissant une fois de plus du répit au gouvernement et retardant l'unification des revendications et des actions entre tous les personnels de l'Education ?

Quant au syndicat Solidaires qui, après le recentrage de la confédération CGT, occupe désormais le terrain « radical » sur le plan médiatique, il déclare que si la date du 19 mars est bien un peu tardive pour la convergence des luttes, l'essentiel est que l'unité syndicale ait été préservée.

Mais les travailleurs n'ont que faire d'une unité de sommet qui ne sert concrètement qu'à faire gagner du temps au pouvoir et à empêcher toute construction d'un rapport de forces pour gagner.

L'unité dont les travailleurs et la jeunesse ont besoin, c'est à la base, pour l'action et à partir des revendications réelles qui s'expriment dans les luttes :

- augmentation des salaires et SMIC à 1600 euros nets

- interdiction des licenciements et des délocalisations

- contrôle par les travailleurs des milliards donnés par le gouvernement

- pour la défense des services publics (Education Nationale, Hôpital,…)

- contre la casse des acquis sociaux (sécu, retraite après 37,5 annuités, à 50 ans pour les travaux pénibles)…

L'unité dont les travailleurs ont besoin c'est, en coordonnant au niveau national les mobilisations sectorielles à la base, pour construire un rapport de forces de haut niveau capable de battre Sarko-Medef.

Mais les directions syndicales jouent un rôle de frein au lieu de jouer celui du moteur. C'est donc par en-bas, à partir de nos syndicats et des luttes dans les usines, les services, les écoles, collèges et lycées ,les hôpitaux ou les universités, à partir des réunions interpro dans les communes ou les départements, à partir de coordinations articulant syndicat et AG de grévistes, que nous pourrons imposer le tous ensemble en même temps durable alors que d'ici le 19 mars, des journées de lutte sont annoncées le 5 mars (grève à l'Hôpital, début de la grève générale à la Réunion) ou le 11 mars (journée nationale dans les universités)....

En renouant avec le syndicalisme de classe et de masse qui fit la grande CGT et les acquis des travailleurs de France, salariés du privé, du public, jeunesse étudiante et lycéenne, couches sociales étranglées par Sarkozy, le Medef et l'UE, nous aurons la force de gagner. Avec ou sans les directions syndicales.

Le Capital bloque le pays et les travailleurs. Bloquons le Capital !

Les DOM et l’Université montrent le chemin :

« Lyanache kont la pwofitation » sur TOUT LE TERRITOIRE NATIONAL !

11:27 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

26 février 2009

Lettre du LKP.

Trouvé sur le site martiniquais du Collectif du 5 février, un texte qui donne à réfléchir.


Lettre du LKP aux militants

Lettre à tous mes compatriotes

Voila déjà 1 mois que nous sommes en grève en Guadeloupe et personne n’est mort de faim. Nous avons malheureusement perdu l’un de nos compatriotes de manière très douteuse, et j’espère comme tout un chacun, avoir des éclaircissements sur cette grosse bavure.
Mes chers compatriotes, tout semble être fait pour nous casser mentalement afin que nous cédions ou que nous nous retournions contre le LKP.

Soyez conscients et observateurs dorénavant. La CAF a décidé de ne pas faire les virements de ses allocataires ce mois-ci. Les banques vont sûrement rejeter les échéances de crédit. Certains employeurs vont sûrement menacer de licencier le personnel absent. Mais n’oublier pas une chose, si vous n’êtes pas dans les entreprises, elles ne peuvent pas fonctionner. Si vous n’acheter pas dans les commerces, ils ne peuvent pas exister. Ils ont aussi des crédits à payer, et sans votre argent, ils ne peuvent pas les payer.

Vous êtes le pot de fer et eux le pot de terre.
Ne vous laissez pas impressionner
Vous avez de quoi vivre sur votre île et ce, sans limites. Plus d’une centaine de catégorie de fruits et légumes tous plus nourrissants les eux que les autres.
Vous n’avez qu’un seul souci, vous êtes devenus dépendants de l’extérieur.

Canal sat, Orange, EDF, Générale des Eaux, Voitures, Hypermarché, Boite de nuit …. J’en passe et des meilleurs.

Essayez de réfléchir à une solution pour réduire voir même supprimer votre dépendance aux choses.
Canal sat > télé locale
Orange > téléphone fixe ou internet
EDF > elctricité solaire, electricité éolienne
Générale des Eaux > Citerne personnelle
Voiture > Système de transport très bien organisé et co voiturage - Vélo
Hypermarché et Fast Food > jardin locale et consommation chez les maraichers locaux.
Remplacer les plantes ornementales par des légumes et fruits de chez vous.
Boite de nuit > soirée entre amis et parents …. (Temps, zouk, surprise party hommes boissons/ femmes pâtisseries)

Nos mauvaises habitudes causent notre perte en terme d’indépendance personnelle.
Que chacun d’entre nous reprennent l’habitude de dire bonjour à son voisin.
Prenez l’habitude de partager ou échanger vos repas entre voisins. Développez la fête des voisins.
Essayez de vous découvrir des passions communes entres voisins et partagez vos connaissances à ce niveau.
Que vos enfants prennent l’habitude de travailler ensemble dans leur quartier. Ils apprendront donc à mieux se connaître et donc à s’apprécier.
Nous avons développé l’esprit de concurrence et il nous nuit désormais.

‘O pi bel kaz, o pi gwo loto, bref, o pi kouyon’

N’avez-vous pas remarqué que malgré vos superbes maisons et voitures, que vos enfants ne veulent plus y revenir dès qu’ils sont partis en France ?
Navez-vous pas remarqué que vos enfants ne veulent jamais allez autre part que chez MacDo pour manger ?
N’avez-vous pas remarqué que vos enfants sont plus gros que vous à leur age ?
N’avez-vous pas remarqué que vos enfants sont toujours fatigués et très souvent malades ?

La faute à qui ? A eux ? Non ! A vous.

Eh oui, à vous la très grosse faute. Vous avez choisi la belle façade au détriment de la bonne évolution. Vous avez choisi l’assistanat au détriment du développement, même personnel. En bref vous avez choisi d’être fainéant au lieu d’être constructeur.
Aujourd’hui, vous vous retrouvez bloqué parce que vous avez décidé de résister à l’oppression. Beaucoup d’entre vous crient tout de suite ‘il faut arrêter, ça suffit ‘.
Seriez-vous des lâches ?

An tout bitin, sé zié ky lache.

Ne regardez pas cette grève avec des yeux de perdants, regardez là avec des yeux d’hommes et de femmes qui veulent changer leur devenir et celui horrible qu’ils ont mis en place pour leurs enfants.
Réapprenez à vous servir de vos 2 mains et de votre cerveau de manière constructive. La dépendance aux autres est toujours nuisible.

Dépendre d’autrui pour vivre n’est que survivre.



Emouvant et sur certains points c'est "tellement vrai" !


En attendant les évènements s'accélèrent en Guadeloupe, le gouvernement et le patronat sont revenus - enfin - à la table des négociations qu'ils rejetaient depuis quelques jours.

Afin de montrer à l'opinion publique qu'ils sont "raisonnables" et que le LKP est "jusqu'au boutiste" ils ont mis sur la table la revendication des 200 euros par mois et ils ont apporté "leur" solution.

Ils proposent un montage extravagant composé d'une superposition de mesures (une "usine à gaz")

- le patronat accorde généreusement de 50 et 90 euros (sic) aux bas salaires
- l'Etat compensera par une aide aux entreprises
- les collectivités locales fourniront - mais à qui exactement ? - 50 euros
- le RSA accordera - en violation de la loi ? - un montant de 80 euros

On arrive par une étonnante addition de pommes et de poires à un montant de 180 euros, seuil psychologique pour bien monter qu'on a fait un compromis et satisfait la revendication à 95% !!

Donc le LKP est satisfait, la grève cesse et tout le monde rentre au travail (et au même salaire qu'avant !) en attendant la manne promise :)

Bien joué.

Et apparemment une partie du collectif LKP se satisferait de cette véritable arnaque.


Car en fait les 180 euros éventuels, peu de gens ont des chances de es toucher réellement et surtout pas très longtemps !

La proposition la plus vicieuse est sans doute celle de recourir au RSA "aménagé", solution d'ailleurs limite illégalité car le RSA est codifié par la loi de décembre 2008 de manière assez stricte.

Et surtout le RSA est très conditionnel, très variable et très fugace ... s'il manque une virgule sur la brouette de formulaires que vous devez fournir à l'Administration ..... adieu RMI, RSA ...

Idem si l'administration estime que certes vous avez droit au RSA, mais que votre train de vie lui parait suffisant ... adieu RSA

Bref tout ca sent la bonne arnaque sarkozienne de derrière les fagots (on a l'habitude ca fait déjà deux ans qu'on se fait avoir !)


Par ailleurs, la revendication des 200 euros ne doit pas faire oublier que la situation des salariés aux Antilles exige de nombreuses autres mesures de justice sociale, pour la Guadeloupe le LKP a proposé 123 points à négocier ...

Rien n'est donc encore réglé.



PS
Et pendant ce temps en Martinique, des agitateurs de bon aloi (la police politique secrète de Sarkozy qui sévit actuellement en Guadeloupe a visiblement envoyé un détachement en Martinique !!) permettent aux CRS de taper sur tout ce qui bouge ...

Méthode typiquement "libérale" mais qui n'a pas trop marché en Gwada :)

L'Armée peut être ?

20:03 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

25 février 2009

78%

Il y a parfois des sondages étonnants, mais réconfortants aussi !

Hier 78% des sondés approuvent la lutte et les revendications des grévistes de Guadeloupe.

On retrouve le vieux phénomène de "grève par procuration", les salariés sont bien conscients que l'issue du conflit antillais est susceptible de changer la donne sociale, en bien ou en mal !

- si les grévistes emportent les 200 euros par mois et leurs revendications sur le pouvoir d'achat, les services publics, ou les revendications locales (cf programme du LKP), ce sera un puissant encouragement pour résister à la crise du capitalisme en France

- à l'inverse, si les Guadeloupéens reprennent le travail sans rien obtenir d'autres que des clopinettes, ou même avec rien sauf des coups de matraques, l'exemple guadeloupéen fera réfléchir les salariés français


Alors je crois qu'on doit être nombreux à observer de près la situation.

Pour suivre de plus près les évènements j'ai fabriqué une page guadeloupe


Il ne fait plus de doute que tous les moyens sont utilisés en ce moment pour écraser la mobilisation en Guadeloupe.

Gouvernement et patronat sont prêts à tout, il a suffit d'un coup de téléphone du patronat pour faire renvoyer un ministre de Guadeloupe, ce qui en dit long sur la subordination de ce gouvernement et aussi sur la détermination du patronat à ne rien céder.


Solidarité avec les salariés guadeloupéens en lutte contre un patronat particulièrement rétrograde !!

20:52 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)