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07 décembre 2008

Plan de relance (suite)

Il est intéressant d'aller voir le discours prononcé le 4 décembre 2008 par Sarkozy pour présenter son plan de relance.

Discours.

Car le plus important est de bien entendre ce qu'à réellement dit Sarkozy aux notables de Douai et non ce que les médias et la propagande (pléonasme ?) ont bien voulu nous communiquer.

Et il faut lire entre les lignes pour décoder le projet effroyable préparé par le néolibéralisme.

D'emblée Sarkozy nous explique que la crise - par ailleurs provoquée par l'ultralibéralisme - est une chance inouïe pour changer la société et profiter de la peur panique des salariés pour imposer un nouveau modèle de société.

Et plus précisément le modèle de société ultralibérale que l'on essaye de nous fourguer depuis trente ans et qui rencontre, partout dans le monde, de plus en plus de contestations et de résistances..


Aussi, très logiquement, Sarkozy explique benoitement que sont "plan de relance" ne concerne que les "investissements" et rien d'autre.

Clairement il s'agit d'une distribution massive de l'argent public aux entreprises, comme cela a déjà été fait pour les banques, et sans contrôle ni contrepartie sérieuse !

En ce qui concerne les salariés, le "plan" ne contient que deux ou trois dispositions dont il faut bien comprendre le sens précis.


1 - la prime de 200 euros pour les plus démunis.

Eh bien non, c'est un mensonge ! Les plus démunis ne toucheront pas 200 euros !!

Il s'agit en fait d'un versement anticipé aux trois millions de ménages pouvant bénéficier du RSA. En début d'année ils vont toucher 200 euros qui seront déduits en septembre de leur RSA.

Et dans ce système ignoble, ceux qui n'auront pas obtenu le RSA devront rembourser les 200 euros (sic)

C'est exactement ce qui se passe actuellement avec la prime pour l'emploi, l'acompte versé en janvier doit être remboursé en septembre !

Petite arnaque mesquine, typiquement néolibérale.


2 - l'aide aux chômeurs victimes de la crise.

L'aide aux chômeurs sera versée ... aux patrons (!) pour financer le travail à temps partiel.

Quand aux salariés les menaces de Sarkozy sont extrêmement précises : les chômeurs n'ont pas de droits, ils n'ont que des devoirs !

Éventuellement ils seront aidés à se former, mais surtout ils doivent tout faire pour accepter n'importe quel travail, n'importe ou et à n'importe quel salaire !

Et il faut avoir en tête la fusion ANPE Assedic qui crée le Pole Emploi - fusion avec bientôt des licenciements de salariés de l'ANPE - pour comprendre les conséquences du "plan".

La nouvelle administration du chômage est conçue comme une machine de guerre contre les chômeurs. Une machine a radier faites de milliers de "radiateurs" qui seront notés en fonction du nombre des chômeurs qu'ils éliminent ...

Or actuellement 50% des chômeurs ne sont pas indemnisés !! Le plan Sarkozy va multiplier la misère et les SDF !!


3 - l'aide au logement.

Bien évidemment le "plan" repose essentiellement sur des aides pour les entreprises du secteur immobilier.

Au passage Sarkozy nous ressort les 30000 logements "sociaux" prévus ... et 70000 autres non moins hypothétiques, qui ne verront le jour que si des acheteurs potentiels existent ... ou si l'Etat les rachète !

D'ailleurs le prêt à taux zéro est un coup de pouce - une aubaine - dont ne profiteront que les ménages qui ont des moyens financiers suffisants pour acheter ... autant dire à notre époque une minorité.


Voilà pour le coté "social" - si j'ose écrire - du plan de relance de Sarkozy.

Mais la situation est tout autre quand il s'agit du volet d'aides aux entreprises. C'est Byzance pour tous les patrons de France !


1 - suppression des contrôles de l'Etat.

Sarkozy le dit clairement et avec une extrême virulence : il faut supprimer tous les contrôles administratifs qui gênent les entreprises et en finir avec la "folie administrative" (sic)

Rappelons que c'est cette "folie administrative", des contrôles sérieux, qui nous évite d'avoir des constructions publiques qui s'effondrent ou des denrées alimentaires contenant des produits chimiques variés ... causes éventuelles de centaines de morts

Mais que pèsent cent morts quand il s'agit de défendre le capitalisme, la "liberté d'entreprendre" et la mondialisation ...

Ecoutez le discours ! il faut se pincer pour y croire en entendant Sarkozy vanter la loi du marché et la mondialisation (sic) !

Or c'est justement l'absence de tout contrôle et la liberté totale des spéculateurs qui a provoqué la crise financière.

Mais non ! Sarkozy persiste et signe. L'anarchie capitaliste c'est bien et il faut la développer toujours plus ...

Les lois, les contrôles et la répression ne s'appliquent qu'aux salariés.


2 - distribution massive d'argent public.

Le discours de Sarkozy donne vraiment envie de devenir patron (enfin pour ceux qui ont les capitaux :)

On va verser du fric à coffre ouverts ...

Le crédit d'impôt recherche sera versé - sans contrôle ! - par anticipation, idem pour les autres crédits fiscaux ... et changement de métier pour les agents du fisc qui deviennent maintenant distributeurs automatique de (gros) billets pour le patronat !

Et pour les collectivités locales finie les lois sur la moralisation des marchés publics. Désormais on s'arrange entre amis - politiciens et entrepreneurs - pour se partager les marchés (et les petites enveloppes qui vont avec)

Dans certains cas il n'y aura plus de contrôles jusqu'à 5 millions d'euros ... cool !


Il faudrait compléter ce tableau en citant une myriade de petites mesures, sans réels effets économiques, mais qui ont été placées dans le plan de relance pour "meubler" et le rendre plus "riche"

C'est ainsi que la prime de 1000 euros pour les vieilles voitures provoquera - peut être - une hausse des ventes début 2009 suivie d'une forte dépression l'année suivante forcément

De même pour les chantiers publics qui avaient été "gelés" et qui seront - toujours au conditionnel - réouverts pour relancer l'économie ... quand on sait que la SNCF supprime des lignes à tour de bras on peut rester perplexe ..

Ou encore les 100000 emplois aidés ... qui étaient plus de 300000 avant que Sarkozy ne décide de les supprimer. Parler de 100000 emplois supplémentaires c'est en fait avouer qu'il va en supprimer 200000 ! On voit le progrès social et l'effet anti crise !


Le "noyau dur" du plan de relance de Sarkozy c'est une offensive de grande ampleur contre l'Etat social et contre les acquis des salariés.

Il faut avoir en tête que lorsque Sarkozy exonère de charge sociales toutes les embauches de PME en 2009, cela veut dire que la Sécurité sociale devra compenser cette perte de milliards de recette, soit en aggravant son déficit, soit plus probablement en réduisant les remboursements aux malades et le financement de ce qui nous reste des hôpitaux ...

Et d'ailleurs Sarkozy le dit (presque) honnêtement : l'objectif central de son plan c'est de "diminuer le cout du travail"

Politique suivie avec succès depuis plus de vingt ans et qui consiste à donner sans compter aux capitalistes et à tout reprendre aux salariés.

Avec le résultat économique que l'on peut constater !


Il y a donc urgence à rejeter massivement ce plan et à dénoncer les politiciens UMP, PS et les dirigeants syndicaux qui considèrent que ce "plan" est "bien" ou présente quelques aspects positifs

La crise est provoquée par les excès de l'ultralibéralisme.

Rajouter encore plus d'ultralibéralisme ce n'est pas la solution.



Et c'est le moment de rappeler que l'on a besoin de vraies lois sociales protégeant les salariés des conséquences d'une crise dont ils ne sont pas responsables !

Exigeons la mise en place d'un bouclier social au lieu de donner des centaines de milliards aux nantis !

12:28 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

02 décembre 2008

Attentats. (épilogue)

Lentement mais surement la politique sécuritaire de Sarkozy nous fait passer de la démocratie vers la république bananière.

Telle est d'ailleurs la loi universelle du néolibéralisme : avec des pays développés dans lesquels 10% de la population concentrent plus de 50% des richesses, il n'est plus question de demander l'avis du peuple. A la question "voulez donner encore plus aux riches ?", les salariés ont une tendance naturelle à répondre de façon incorrecte :)

Et généralement on retrouve partout le même tryptique :

- campagne médiatique pour créer le sentiment d'insécurité,
- mise en oeuvre de lois pénales anti démocratiques,
- augmentation considérable des pouvoirs de la police ...

Et à l'heure du fichage total, de la surveillance vidéo et de l'espionnage des citoyens, nous approchons du régime totalitaire.

Surveillance totalement efficace et répression féroce : Staline en rêvait, Sarkozy est en train de le faire !!

Et quand on y réfléchit un peu, on se rend compte que la dernière loi sarkozyste, soit disant contre les détenus dangereux, permet à l'administration d'enfermer quelqu'un à vie, sur simple présomption, et sans guère de moyens de recours !

Etonnant dans une démocratie !


Et l'affaire des "attentats" contre la SNCF concentre toutes les tares du régime policier que Sarkozy met en place.

Résumons. Sans aucune preuve concrète, onze personnes sont arrêtées comme "terroristes", ce qui déjà est un abus juridique. Puisqu'un terroriste est celui qui tue, et non celui qui fait arriver un train en retard !

Sur les onze suspects la police doit en relâcher six qui visiblement ne peuvent pas être accusé d'actions illégales.

Reste cinq accusés qui "doivent" être coupable, puisque Sarkozy les a publiquement désignés comme coupable et que la police politique est aux ordres du gouvernement.

Ces cinq là sont jetés en prison pour convaincre l'opinion que le gouvernement "lutte contre le terrorisme". Hélas presque rien ne peut leur être reproché et trois d'entre eux sont encore relâchés, mais sous contrôle judiciaire pour bien montrer que même s'ils n'ont rien fait, ils sont forcément dangereux ... puisque Sarkozy l'a dit !

Il s'en trouve encore deux en prison. Un couple. Sans doute du Bonnie and Clyde, version 21ème siècle !

Sauf que ces deux Bonnie intellos manient plutôt le stylo que la mitraillette et que par ailleurs aucune preuve de leur culpabilité n'a pu être apportée !!

Ils sont donc détenus à titre préventif, en raison de la dangerosité dont ils pourraient éventuellement faire preuve, à cause de leur opinions politiques.

On va les garder encore quelques mois, peut être quelques années, avant qu'un magistrat compréhensif ne leur inflige une condamnation de principe pour un quelconque délit d'opinion.

Quand aux rares sabotages de voies ferrées ils sont largement éclipsés par la multitude des accidents de train provoqués par la semi privatisation de la SNCF. Pour mémoire en Grande Bretagne, la privatisation a fait des centaines de morts, avant que le gouvernement anglais ne soit contraint de renationaliser les lignes :)

On y viendra en France aussi ...


Et par ailleurs ces temps ci les dérapages sécuritaires de Sarkozy se multiplient. Tellement violents, comme l'arrestation violente d'un journaliste pour "diffamation" que Sarkozy se voit obligé d'y aller de son couplet compassionnel !

Mais les néolibéraux n'ont pas le choix, pour imposer leur société inégalitaire et socialement injuste ils doivent mettre en place un régime policier !

A nous de les stopper avant qu'il ne soit trop tard.

Car aujourd'hui on arrête un jeune "marginal" et demain on mettra en prison un gréviste pour "trouble à l'ordre social" ou tout autre délit que ce régime débile choisira d'inventer !



PS
La cote de popularité de Sarkozy montait, parait il.

L'élection législative d'Arcachon vient de montrer un étonnant renversement de situation causé certainement par un rejet populaire, massif des idées et des pratiques de Sarkozy.

A toutes les élections législative, la candidate de l'UMP (ou RPR etc) l'emportait largement avec 54% contre 46%.

Et ce dimanche, au grand étonnement du vainqueur qui n'y croyait pas, le candidat UMP - grand ami personnel de Sarkozy - a été écrasé par le score de ... 54% contre 46%

Le candidat UMP ne cessait de se vanter des appuis qu'il obtiendrait auprès de Sarkozy !

Or le nom de Sarkozy semble avoir provoqué un basculement de l'électorat !!

Et si on imposait de nouvelles élections ?!

20:35 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

29 novembre 2008

Retraites et crise.

Depuis une vingtaine d'année la propagande néolibérale nous inonde de mises en garde contre le système des retraites par répartition.

Argumentation bidon sur le cout "excessif" du système et le "choc" démographique qui empêcherait donc désormais tous les salariés d'avoir droit à une retraite

A notez que la retraite serait - éventuellement - en déficit de quelques milliards chaque année, que l'on pourrait surement trouver par des prélèvements sur les spéculateurs par exemple. Car pour eux, en cas de coup dur, on sait trouver 360 milliards en une après midi.

Les salariés gobeurs d'arguments sur "la retraite est en danger" apprécieront cette édifiante comparaison :)

Mais revenons sur un point précis de l'argumentation néolibérale. Selon eux la seule issue possible serait de liquider les retraites par répartition qui sont soit disant "condamnées" et d'obliger tous les salariés à opter pour une retraite par capitalisation.

Or si nous n'en sommes pas encore tout à fait là en France, les salariés anglais - également les américains - sont tout à fait rentrés dans le système de la retraite par capitalisation.

Avec ce système le salarié anglais cotise - très lourdement ! - à un fonds de pension, souvent géré par son employeur.

Or le journal Le Monde publie un article très intéressant qui explique que l'argent des fonds de pension étant touché par la crise financière, un grand nombre de salarié anglais n'ont plus de retraite et vont devoir travailler après 60 ans. Article.

Et on touche du doigt la raison profonde pour laquelle aujourdhui tous les salariés francais doivent se mobiliser, même et surtout avec la crise, pour défendre notre système de retraites que le gouvernement Sarkozy est en train de démolir sournoisement.

Dans le système de retraite par répartition, la retraite est garantie par l'Etat qui effectue un prélèvement sur la richesse produite. Et comme nos sociétés produisent toujours davantage de richesse en raison du progrès technique, c'est un système qui est absolument sur !

Et d'ailleurs pour créer le déficit de la retraite en France, les Fillon et Sarkozy sont obligés de truquer le système. Essentiellement en accordant des milliards d'exonérations patronales qui diminuent les recettes de la sécurité sociale. (plus 20 milliards par an sont détournés !)

Tandis que dans la retraite par capitalisation, les cotisations sont confiées à des établissements financiers - qui ne sont plus soumis à aucune réglementation sérieuse - et qui s'empresse de le jouer au "casino' de la Bourse.

On remarquera en passant que lorsque ces financiers perdent leur mise il se produit deux choses :

- les salariés perdent l'argent de leur retraite, et donc doivent bosser après 60 ans

- les financiers sont indemnisés à milliards, au nom de la "solidarité" nationale :)

Bref j'avoue que j'insiste souvent et pesamment sur la question des retraites, mais je conseille à ceux qui ont encore quelques doutes de lire l'article cité plus haut et d'autres articles sur la situation des retraites aux USA après la crise qui a débuté en 2007 ...

Ca devrait les convaincre qu'il faut descendre dans la rue de toute urgence !!


Mais le cynisme de la bourgeoisie "mondialisée" va bien plus loin, comme on peut le constater avec l'exemple anglais.

Non content d'avoir fait perdre leur retraites aux salariés du secteur privé, ils lancent une campagne de propagande haineuse contre les salariés du secteur public qui continuent à bénéficier d'une retraite acceptable !

On retrouve là le noyau dur de l'argumentation néolibérale. Pour eux le scandale ce n'est pas qu'ils ont volé la retraite des salariés du privé, non le scandale c'est qu'il reste encore des salariés qui n'ont pas été spolié de leur retraite ...

Pour les néolibéraux anglais il est donc urgent de modifier le système de retraite - au nom de la justice sociale (sic) - afin que les salariés du public bénéficient eux aussi d'une retraite misérable !

Plus cynique, j'ai du mal à imaginer.

Mais je vois bien qu'il faut se débarrasser de ces parasites sociaux le plus rapidement possible !




20:33 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

28 novembre 2008

Le Plan Sarkozy : De la daube !!

Sarkozy va annoncer un plan "puissant" de relance le 4 décembre.

Un nouveau coup "médiatique" sans effets concrets et surtout sans effets concrets pour protéger les salariés des conséquences de la crise mondiale du capitalisme.

Le journal Le Monde indique quelles sont les mesures de ce plan "puissant" (remarquez il ne faut pas sourire car ce type d'embrouille va voir encore quelques milliards puisés dans les caisses de l'Etat en direction des gros actionnaires :)

1 - Rembourser les créances de l'État aux entreprises.

Les créances de l'Etat ce sont les sommes que le Trésor public doit aux entreprises. Cela peut être des dettes fiscales, par exemple les crédits de TVA et d'impôt sur les sociétés versés aux entreprises. Mais cela peut être également les factures des travaux effectués par les entreprises pour le compte des services publics.

A mon avis cette mesure est purement un effet d'annonce.

Car les dettes fiscales sont déjà remboursées à 30 jours et les factures des fournisseurs de l'Etat sont en grande majorité réglée à court terme.

On voit mal par quel moyen on pourrait arriver à contracter ces délais, sauf à verser l'argent à guichets ouverts et sans contrôles.

Et par ailleurs je subodore des problèmes délicats si l'Etat se mêle de houspiller départements et régions pour sortir de l'argent :)

Cette mesure aura donc un impact très limité sur l'économie.


2 - Engager des grands travaux.

Pour ceux qui imagineraient un grand programme genre New Deal américain ou Reconstruction de l'Allemagne dans les années 30, la déception va être sévère !

Car il semble bien que pas un seul chantier nouveau sera lancé mais qu'il s'agisse de ré-activer des chantiers en cours qui avaient été suspendus, comme la ligne Paris Roissy ou la rénovation des bâtiments publics.

La dépense sera de l'ordre de 8 milliards injectés dans l'économie, ce qui permettra effectivement de soutenir un peu batiment et travaux publics.

Mais compte tenu de l'ampleur de la crise c'est une goutte d'eau.

Rappelons que pour soutenir les banques - et plus précisément enrichir leurs actionnaires - c'est la somme de 360 milliards qui a été retenue !!

Mais il est vrai qu'entre soutenir le niveau de vie des nantis et celui des salariés Sarkozy a vite fait de choisir ...


3 - Aider les "plus démunis"

Soyons sérieux. Le gouvernement n'envisage même pas d'aider les salariés en difficultés mais seulement les "plus démunis", une expression assez ignoble pour distinguer les "mauvais" pauvres des "bons" pauvres ...

La différence est facile à cerner. Boutin qui distribue une boite de petits pois à un SDF (retenu de force dans un centre d'hébergement ?) : voilà un "bon" pauvre

Par contre un chomeur qui vient d'être licencié à cause de la crise et qui crève de faim c'est un "mauvais" pauvre, d'ailleurs tellement peu télégénique que pas un ministre ne va le voir (normal il y en a plus de 2 millions !)

Et l'aide au "mauvais" pauvre est très ciblée. 50% des chômeurs n'ont droit à aucune indemnisation ! Peut être - éventuellement - lui donnera t-on un billet de 100 pour Noel s'il accepte un boulot payé au demi smic à 200 km de chez lui ..

Telle est la logique néolibérale en matière d'aide aux "plus démunis" !


4 - Soutien au secteur automobile.

Une première mesure a consisté a aider le chômage partiel, ce qui est toujours intéressant. Mais les cadeaux et subventions qui vont être versés aux entreprises - toujours sans contrepartie sérieuse - ne résoudra pas le problème posé par la crise économique.

Au mieux ces groupes empocheront l'argent et feront subventionner leurs licenciement par l'Etat, toutes économies qui leur permettront de verser de plus gros dividendes à leurs actionnaires.

La solution serait plutôt de nationaliser et de réorienter la production vers les besoins sociaux. Pourquoi pas la voiture à 2000 euros par exemple, comme en Inde ?

Enfin les actionnaires - internationaux ! - des groupes automobiles trouveront bien l'occasion de ramasser quelques milliards dans cette affaire

Ce que Sarkozy nous présentera - à nous les crétins - comme une mesure profondément sociale :)


5 - Soutien au secteur de l'immobilier.

Dans ce domaine je suis à prêt à parier que nous voir revenir la maison verte avec son cortège de réductions d'impôts "vertes" ...

Rappelons que 50% des français ne paient pas d'impôt et donc qu'eux en sont exclus !

Il y aura donc les aides pour contribuables aisés, les dons pour les professionnels de l'immobilier et autres gadgets ..

L'effet sur l'économie sera marginal.


Au final 2009 - selon les informations actuelles - va être une année noire pour les salariés.

Augmentation du chômage - et quand le chômage augmente les salaires baissent -, augmentation des personnes et des familles en difficultés, continuation de la liquidation des services et des emplois publics ...

Or c'est tout le contraire de ce que fait Sarkozy dont nous avons besoin. Donner les milliards aux salariés et aux chantiers publics plutôt qu'aux banquiers !

Lequels banquiers sont en train de vendre leurs titres pourris pour acheter des emprunts d'Etat que nous les salariés devront rembourser pendant dans la prochaine décade !!

Plus que jamais il va falloir imposer des nationalisations, des investissements et de l'emploi public et une limitation de la toute puissance du patronat et des financiers, dont la cupidité cause des crises de plus en plus désastreuses.

Le "plan puissant" de Sarkozy pèse 23 milliards (au lieu de 360 pour les banquiers !!)

C'est de la daube !

Imposons un plan énergique pour l'économie et un "bouclier social" pour protéger les salariés de la crise grave qui débute !!

21:24 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

24 novembre 2008

Relance.

La crise économique provoquée par le néolibéralisme en appauvrissant les salariés au profit d'une poignée de nantis, prend une telle ampleur que même les pays les plus "libéraux" ont décidé de lacher du lest.

C'est le cas de la Grande Bretagne qui a pris la décision de baisser la TVA, un impôt inique qui frappe proportionnellement davantage les pauvres que les riches, afin de redonner du "pouvoir d'achat" aux salariés et de relancer l'économie en augmentant la consommation.

C'est aussi probablement le cas aux USA dont le plan anti crise de Obama envisage des aides aux plus pauvres et une politique de l'emploi public qui sera la plus importante depuis le New Deal des années 30.

Dans ces pays et dans d'autres, les dirigeants bourgeois ont compris que le fondement de la crise c'est une accumulation inouïe de richesses pour une classe sociale et l'appauvrissement non moins inouïe pour l'autre classe sociale, qui constitue la majorité de la population ...

On est passé des années fastes - enfin tout est relatif - de la reconstruction économique de l'après guerre aux années fric et anti sociales de l'époque Reagan Thatcher. Destruction des lois sociales, précarité généralisée, "working poors" ...

L'idéologie des années 80-90 est celle de l'offre qui consiste à tout donner aux entreprises (lire capitalistes :) et à tout reprendre aux salariés.

C'est cette idéologie que Brown ou Obama, sans la rejeter, essayent d'adoucir en espérant que sitot la relance économique revenue, le capitalisme pourrra reprendre sa course folle - et brièvement interrompue - vers des profits toujours plus élevés. Croyance stupide bien sur, mais on ne peut pas leur demander de changer le système qui leur profite tellement bien !


En France rien de tel sur le plan politique.

Aujourdhui Sarkozy nous explique que puisque les "pris baissent" il est inutile de baisser la TVA.

Raisonnement cynique d'un politicien bourgeois au service quasi exclusif des intérêts du capitalisme.

Raisonnement stupide, néanmoins. Car si les prix baissent, les revenus des salariés baissent encore plus vite !!


Mais pire quand on examine l'action du gouvernement, notamment dans la préparation du budget 2009 (Projet). Amendements anti sociaux, décrets scélérats, c'est une avalanche de coups contre tous les salariés.

La retraite insidieusement dirigée vers les 70 ans, tandis que l'Europe - car si on oublie l'Europe capitaliste, elle ne ne nous oublie jamais - prépare une directive imposant un minimum de 65 ans pour les retraites !

Même les maigres allocations touchées par les salariés victimes d'accidents du travail viennent d'être rendues imposables. Encore cela que ces salauds de pauvres ne toucheront pas ! (Une mesure particulièrement abjecte quand on pense que les revenus des stocks options continueront à bénéficier d'avantages fiscaux !)

A peu près toutes les catégories de salariés du privé ou du public voient leur situation se dégrader et de nouvelles attaques lancées contre eux par le gouvernement Sarkozy.


Je crois que dans la situation grave que nous traversons, l'élimination du gouvernement Sarkozy - par les urnes ou dans la rue - devient une question de survie pour une majorité de la population.

Depuis quelques mois les annonces de licenciements se multiplient. La seule réponse concrète du gouvernement consiste à organiser la traque et la culpabilisation des chômeurs (tous des feignants qui ne veulent pas travailler selon le dogme néolibéral !!)

Depuis des années, les mesures médiatiques de Sarkozy en faveur des salariés se sont révélées être des arnaques.

En 2004 il lançait un grand "plan" pour "obliger les banques" à adopter des tarifs raisonnables. En 2008 je vous laisse juger du coté social des méthodes des banques. Et la grande rodomontades actuelle sur "on va obliger les banques à faire du crédit" se révèlera une arnaque de plus, bien évidemment.

Donc la question centrale de ces prochains mois (ou années) sera de contraindre le gouvernement - par une coordination unitaire des salariés - à prendre des mesures de protection des salariés contre les effets de la crise du capitalisme. Ce qu'on pourrait appeler "un bouclier social"

- augmentation des salaires
- augmentation des aides sociales
- lancement de chantiers publics
- prélèvement sur les profits excessifs

C'est à dire la limitation des profits et de la spéculation, une augmentation des revenus des salariés et le lancement de travaux d'intéret public.

Mais pour cela, à mon avis, un préalable :

Dehors Sarkozy et ses complices PS-UMP !!


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