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12 octobre 2008

Mobilisation.

La faillite totale du néolibéralisme ne peut plus guère être dissimulée.

Seule l'explication de la crise pose problèmes pour ceux qui ne comprennent pas le principe du système capitaliste.

Dans un système qui ne connait qu'une seule loi, la recherche du profit maximum, les détenteurs de capitaux sont prêts à tout pour réaliser toujours plus de profits, sans considération pour les couts humains ou écologiques ...

Pour contrer la baisse des taux de profits enregistrée dans les années 70-80 les capitalistes avaient élaboré une nouvelle "version" du système dans laquelle les principes sont :

- la dérèglementation presque totale pour les capitaux (et leurs possesseurs)

- la casse des droits des salariés pour faire baisser les salaires (le fameux "cout du travail")

- la marchandisation de tous les aspects de la société (et donc la casse des services collectifs)

- et accessoirement le retour à des Etats autoritaires pour mater les salariés

Sur ces bases politiques et économiques le capitalisme pensait bien repartir pour de nouvelles Trente glorieuses années

Ce plan a fonctionné correctement de 80 à 90 - les "années fric" - mais s'est enrayé assez rapidement puisqu'en appauvrissant les populations le capitalisme s'est heurté rapidement à un problème de solvabilité ...

L'idée apparemment géniale de relancer l'économie en créant une économie virtuelle n'a guère permis que le développement d'une immense "bulle internet" dégonflée dramatiquement vers 2001.

C'est alors qu'est apparue vers 2002 une autre idée non moins géniale et qui consistait à relancer la consommation en se basant sur le crédit. Avec aux USA une idée encore plus géniale : le crédit hypothécaire !

Cette méthode - moralement ignoble mais financièrement lucrative - a bien fonctionné. Tellement bien que tous les établissements financiers en ont voulu ... jusqu'au moment ou il a fallu se rendre à l'évidence les pauvres - même surendettés - restent toujours pauvres !

Or des milliards de titres pourris ont été acquis par toutes les banques du monde.

Je n'ai évidemment pas tous les chiffres réels des banques mais il suffit de savoir que l'une - et une seule - des banques US qui a fait faillite avait un "découvert" de 1000 milliards de dollars !

Ce qui en dit long sur la taille du problème des établissements financiers mondiaux qui ont tous participé à cette arnaque internationale. Pour la France la seule Société Générale avoue le chiffre de 6 milliards d'euros - attention chiffre officiellement avoué - (soit dit en passant on comprend pourquoi ces gens ne se font plus confiance :)

Autant dire qu'en injectant 700 milliards dans le système les USA n'ont pas pu arrêter l'hémorragie ...


Nous assistons donc à une mobilisation générale des néolibéraux pour trouver une solution efficace.


Et dans le système capitaliste fondé sur l'exploitation du travail humain, il n'y a pas tant de solutions possibles !

Nous, salariés - et retraités aussi - nous allons payer de toutes les façons possibles !!

Parmi les premières solutions suggérées ouvertement en France, on trouve les prélèvements sur les livrets d'Epargne, l'amnistie pour les fraudeurs fiscaux, l'emprunt d'Etat inique, la ponction sur l'argent des chômeurs, et même depuis hier ... le travail supplémentaire le dimanche :)

Gageons que cette liste à la Prévert va continuer à s'allonger.

En attendant, le plan de soutien des banques - c'est à dire un prélèvement sur les salariés pour renflouer les gros actionnaires en difficulté - ne suffira pas. Pour restaurer le fonctionnement "normal" du système il va falloir un choc social, politique, économique !

Mais je n'écris pas cet article pour présenter les options de la bourgeoisie ...


Il apparait clairement à tous (enfin je l'espère !) que les néolibéraux vont profiter du climat de panique crée par la crise qu'ils ont provoqué pour nous imposer une régression sociale jamais vue ... depuis le 19ème siècle !


L'heure est donc à la mobilisation générale.

Soit nous liquidons le néolibéralisme, soit nous allons en payer le prix fort !



Alors bien sur, comme il n'existe pas en France de parti politique de gauche, la situation est compliquée. La majorité politique UMP est toute acquise aux mesures scélérates qui se préparent. Le PS pratique un langage d'opposition qui consiste à critiquer énergiquement toute action de l'UMP ... pour approuver énergiquement toute action en faveur des capitalistes ! Et le PCF suit le PS !

Il restait à la gauche la LCR - cf le journal Rouge - mais elle a choisi de s'autodétruire pour renaitre - peut être - en 2009.

Il va donc falloir faire preuve d'imagination.

Le journal Marianne vient de trouver une première idée intéressante en lançant l'idée d'une pétition nationale pour sauver La Poste. Marianne2.

Ceux qui pensent qu'une fois privatisée La Poste fournira un service plus efficace et meilleur marché ... peuvent s'abstenir. Mais ils feraient mieux de réfléchir à ce qu'est devenu France Telecom, SNCF, EDF et GDF ...

Il faut donc profiter de l'occasion pour nationaliser tous les services essentiels.

Remarquez aussi que Sarkozy est plutôt d'accord avec mon idée (si ! si !) mais à condition que l'entreprise ou la banque soit déficitaire, de manière à ce que ce soient les salariés qui comblent le déficit avant de redonner aux actionnaires une banque en bonne santé !

D'où une proposition immédiate :

Nationalisations complète des banques, sans indemnisations pour les actionnaires.


Et j'ajoute qu'une augmentation générale des salaires et des avantages sociaux - prélevée sur les bénéfices - contribuerait à relancer la consommation, à diminuer le chômage et à relancer l'économie ...




PS
Il y quand même un petit détail qu'il faut évoquer.

Les néolibéraux sont prêts à tout pour pour sauver leur système capitaliste.

Et sans vouloir jouer les Cassandre du Bar du commerce, je dirais qu'une bonne guerre mondiale, peut être nucléaire, et précédée de quelques actes terroristes bien pensés, serait surement une option néolibérale pour sortir de la crise mondiale

Mais je suis surement mauvais esprit ...

19:19 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

10 octobre 2008

Les solutions de Sarkozy.

La crise financière s'aggrave et pour les capitalistes pas question de régler la facture.

Dans l'esprit des néolibéraux - pourtant toujours prompts à fustiger le trop d'Etat - il n'est pas question que les capitalistes imprudents soient ruinés à cause de leur cupidité insensée !

Les Etats capitalistes mettront tout en oeuvre pour préserver les banques et les gros actionnaires - au nom de l'intérêt général cela va de soi - et faire porter le fardeau de la crise sur les épaules des salariés.

Voire du petit actionnaire sur le front duquel il n'y a pas écrit La Poste mais plutôt "pigeon" :)

Bien évidemment le plan est secret, mais récapitulons déjà ce que nous en savons.


1 - Dès le début de la crise Sarkozy a publiquement déclaré qu'il soutiendrait les banques, qu'il continuerait à faire encore plus de réformes (anti sociales bien sur !) et que ce serait dur pour tout le monde.

Tout le monde ?

Cela reste à voir, si l'on considère que le dispositif aura pour conséquence de protéger les grandes fortunes ...

Ce qui est acté en revanche c'est que toutes les réformes anti sociales pour détruire les droits des salariés et leur avantages sociaux vont être accélérées, c'est un engagement solennel de Sarkozy.

Et bien qu'il mente comme un arracheur de dents, sur ce point précis on peut lui faire confiance. Depuis un an il a prouvé qu'il était déterminé et prêt à tout !


2 - Ces derniers jours des "propositions" diverses ont été émises afin de tester l'opinion publique.

Car si la route de la sauvegarde du capitalisme est droite, le chemin pourrait être rude si les travailleurs se rendent compte qu'on les arnaque une fois de plus !

Donc, en premier nos vaillants sauveteurs de l'humanité ont proposé que l'on prélève l'argent des Caisses d'épargne, ce qui est une vraie provocation. Car d'une part il s'agit de l'argent des classes pauvres ou à peine moyennes, et d'autre part cet argent finance le logement social dont on connait le délabrement dans notre pays ...

Mais les familles mal logées seront fières de se sacrifier pour la sauvegarde des capitalistes, ca ne fait aucun doute ... dans l'esprit de Sarkozy !


Ensuite cette semaine c'est un proche de Sarkozy qui a lancé une idée stupide mais qui révèle clairement les pistes envisagées par la bourgeoisie : il s'agirait d'offrir une "amnistie fiscale" à tous les grands fraudeurs afin dit-on "de faire revenir les capitaux" !

Dans le même ordre idée je suggère aussi que l'on propose d'obliger tous les salariés français à accepter le salaire d'un ouvrier chinois ... nul doute que des masses de capitaux délocalisés seront ainsi attirées par la France !


Provenant de la même source, la proposition de lancer un énorme emprunt garanti par l'Etat afin de récolter des fonds.

Passons sur le fait que ce recours à la "solidarité nationale" est étrange de la part des UMP qui méprisent ouvertement les "assistés", c'est à dire les gens dans la misère à qui l'on verse généreusement 500 euros par mois pour ne pas mourir de faim.

Mais évidemment les nouveaux "assistés" de Sarkozy sont très différents :)

Sur le fond, un emprunt d'Etat est vraiment une arnaque, en trois actes :

- L'Etat va emprunter des sommes énormes auprès des plus riches

- puis les sommes prélevées serviront à conforter la situation financière de ces nantis

- et finalement l'Etat leur rendra encore de l'argent mais avec des intérêts dont le paiement sera assuré par les taxes et impôts sur les salariés !

Dans cette affaire, le poids de la crise pèsera pendant des années sous forme de "dette" sur l'ensemble des contribuables et peut être même sur les générations futures qui verseront une rente aux nantis de 2008 qui auront pu profiter de la crise ...

Difficile de faire plus inéquitable.

On observera que Sarkozy a nié avoir soutenu cette proposition, en raison des réactions politiques, mais gageons qu'on en reparlera bientôt.


3 - Des dispositions édifiantes sont déjà préparées.

Un saupoudrage de cadeaux fiscaux et sociaux (les 15 milliards de 2007 c'était donc insuffisant ?!) est mis en oeuvre pour aider les "PME", c'est à dire le petit ou moyen patronat

Aujourdhui une annonce indique que les cotisations chômages des entreprises vont être réduites.

C'est à dire que non seulement les entreprises - plus précisément leurs actionnaires - vont faire encore plus de bénéfices, mais aussi que les chômeurs disposeront de moins d'argent pour être aidés, formés et indemnises !


Dans les semaines qui viennent d'autres plans de cet acabit vont nous tomber dessus.

Leur sens général sera toujours le même, au nom de la solidarité (à sens unique !) les salariés devront faire des "sacrifices" pour sauver les capitalistes ...

D'autres solutions sont possibles !

Nationalisons toutes les entreprises privées qui font faillite !!

Renationalisons toutes les anciennes entreprises publiques !!



PS
Déjà que ces entreprises ont été payées avec nos impôts puis vendues pour une bouchée de pain à des capitalistes qui les ont mises en faillite en les exploitant sans vergogne pour faire du fric à n'importe quel prix

On nous a prétendu que le "privé" c'est plus efficace.

Et on voit le résultat. Tous les secteurs privatisés sont dégradés ou en faillite !

Et les entreprises financières sont toutes coulées pour avoir spéculées sans aucune limite !

On nous a prétendu que la "mondialisation" était une chance.

Résultat, les magouilles financières conduisent à étendre la crise au monde entier !

Alors renationalisons tout, car depuis 45 on vivait avec des banques et des usines nationales et on vivait pas plus mal !

C'était même pas le goulag soviétique :)

19:28 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

Comprendre la crise.

Sur la première page du site de la bientôt défunte LCR on trouve une vidéo qui analyse la crise actuelle.

Vidéo de I. Joshua.

L'intérêt de ce court document c'est qu'il analyse la crise actuelle en dépassant les gentils contes de fées qui nous sont servis quotidiennement par les médias, généralement sur le thème :

- La crise financière est un dramatique accident (de la route capitaliste ?)

- la crise est causée par une poignée de financiers irresponsables

- nous allons imposer une règlementation et tout s'arrangera

Ces explications pourront en convaincre certains mais l'aggravation de la crise - et surtout ses conséquences bientôt visibles : récession, chômage, guerres massives - devraient en faire réfléchir plus d'un.


Premier mensonge : la crise n'a rien d'un accident de parcours. C'est le système capitaliste lui même - qui prospère sur l'exploitation et l'injustice sociale - qui est fondamentalement instable.

Depuis le 19ème siècle l'humanité vit au rythme des crises provoquées par le capitalisme. Cyniquement les "penseurs" bourgeois ont inventé le concept de "destruction créative" pour caractériser ce mode de fonctionnement. Le capitalisme détruit la société, puis sur les ruines encore fumantes il reconstruit un nouveau système encore plus ignoble ... qui provoque une nouvelle catastrophe sur les ruines de laquelle ... etc.

Cette belle mécanique à générer des crises, de la misère, des guerres et des génocides a été relancée par les néolibéraux dans les années 80 après la pause sociale imposée mondialement par les conséquences de la grande catastrophe de 39-45 ...


Deuxième mensonge : le système capitaliste serait foncièrement sain - et d'ailleurs tous les jours on nous martèle "il n'y a pas d'alternative" - mais c'est seulement une poignée de dirigeants cupides qui ont causés l'effondrement du système financier.

Alors on va leur interdire d'avoir des gros salaires (quel rapport avec la choucroute ?) et tout rentrera dans l'ordre.

Et la on est dans le conte de fées pour enfants, le storytelling comme on dit maintenant.

Dans le capitalisme ce ne sont pas les PDG qui fixent les règles du jeu mais les détenteurs de capitaux qui déplacent leurs avoirs constamment et en direction des places ou le taux de profit est le plus élevé.


Et toutes les études montrent que les taux de profit stagnent depuis les années 80 ce qui est la cause réelle des grandes modifications néolibérales entreprises depuis les années 80-90 partout dans le monde développé.

Les privatisations des services publics, de la santé, de l'éducation, de l'énergie etc. n'ont pas pour but d'améliorer le service, bien au contraire la dégradation des services privés oblige souvent à renationaliser comme le rail en GB ou l'énergie aux USA

Mais la privatisation de ces services a ouvert des espaces de profits immenses, ou pour le dire crument : nous, simples salariés, allons vivre des temps difficiles avec le gaz, l'électricité, les transports, la santé et l'éducation des enfants ... mais les capitalistes (on dit désormais "investisseurs" :) vont faire de fabuleux profits.

Ce qui provoque la crise c'est que le capitalisme a besoin d'exploiter les travailleurs pour obtenir le plus de profit possible et que ce faisant il réduit la consommation et l'espace pour réaliser ce profit ... c'est cette contradiction qui est impossible à gérer.

D'ou l'idée des néolibéraux pour relancer la croissance - et les profits - en faisant fonctionner le crédit.

C'est d'ailleurs le sens des mesures de Sarkozy qui impose partout des réductions de l'épargne populaire et en même temps impose des solutions à crédit dans tous les domaines : prêts immobilier soit disant avantageux, prêts pour les étudiants, et toutes sortes d'incitations au crédit ... fiscales par exemple.

A très court terme - ce qui est le seul horizon du capitaliste - la méthode fonctionne. Les ménages sont surendettés mais l'économie repart.

Il n'en reste pas moins que le système est instable par construction. On ne peut pas vivre éternellement à crédit.

Plus grave encore, les instruments financiers modernes - titrisation et produits dérivés - permettent de dissimuler la faillite du système pendant de longues périodes.

Mais l'arithmétique finit tôt ou tard par triompher ... et le système s'effondre.


Voilà des explications que vous n'entendrez jamais à la radio ou à la télé !!


Nous vivons la nième crise majeure du capitalisme.



Et quand on revient sur la passé on s'aperçoit que pour chacune des crises précédentes le capitalisme a trouvé sa solution !

Et parfois des solutions qui font froid dans le dos : dictatures, guerres coloniales, guerres mondiales ...

Et il ne fait pas de doute que les néolibéraux ont déjà imaginé leur solution à la crise : exploiter le climat de peur pour faire passer de nouvelles réformes anti sociales au nom de la "solidarité" (avec les capitalistes nécessiteux !) et surtout exploiter la crise pour imposer des Etats totalitaires au nom de l'urgence ...

Pour tous ceux qui veulent éviter le pire cela suggère au moins deux axes de travail immédiats :

- défendre les libertés partout dans le monde

- liquider le néolibéralisme et ses représentants politiques

Et évidemment proposer, voire imposer, une nouvelle conception de l'économie basée sur les besoins des populations et non sur la recherche insensée du profit pour une minorité de nantis ...


Un ancien système qui est en faillite et un nouveau système qui reste presque à inventer !

Ceci c'est la définition exacte du mot : Révolution :)



PS
Mais les risques sont énormes.

Lors de crise de 1929 et de la montée des idées de gauche, la bourgeoisie mondiale avait répliqué par un mot d'ordre "plutot Hitler que le Front populaire !"

Ce qui en dit long sur la virulence des affrontements à venir ...

Les prochaines décennies verront soit des régimes populaires, soit le règne du Tazer et de la guerre nucléaire en Iran ...

10:06 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

08 octobre 2008

Nos retraites.

La crise financière actuelle est l'occasion idéale de montrer ce que recouvre la réforme des retraites engagée par Fillon en 2003, avec l'appui discret mais efficace des dirigeants syndicaux et le soutien actif de Sarkozy et de l'UMP (belle brochette non ? :)

Il existe en fait deux grands systèmes de retraite :

1 - la retraite par capitalisation

Dans ce système le droit à la retraite est conditionné par la nature et la durée du travail accompli.

Le versement de la retraite est assuré par un prélèvement sur les salariés et surtout sur les bénéfices des entreprises.

Et ce système est garanti par l'Etat.


2 - la retraite par capitalisation

Dans ce système la retraite dépend de la somme d'argent que l'on a pu verser à un prestataire (banque, assurance, employeur ..)

Le versement de la retraite dépend du rendement des fonds réunis par le prestataire.

Il n'y a pas de garanti autre que le contrat signé.


Alors ou ce qu'elle est l'arnaque ?


Même sans grandes connaissances financières on voit bien que le premier système ne peut jamais tomber en faillite. Puisque par construction, les retraites sont un prélèvement sur le travail ou si l'on préfère la production nationale.

Pour que le système s'effondre il faudrait une décision politique qui dirait :

- voila aujourd'hui on ne prélève plus l'argent nécessaire aux retraites mais seulement la moitié
- et pour que le budget soit équilibré on ne verse plus que la moitié des retraites

Soit dit en passant c'est exactement ce qu'ont fait les gouvernements de gauche et de droite depuis des décennies, en exonérant massivement les entreprises - donc en ne prélevant plus sur les immenses bénéfices - ils ont réduit les ressources des caisses sociales.

Le résultat est probant. Chaque année l'Etat se prive de 20 à 30 milliards de recettes en exonérant les patrons, puis immédiatement après l'Etat constate qu'il manque des milliards dans les caisses et lance aussitôt ses grandes campagnes sur le déficit social (le fameux "trou" !) pour enchainer par une baisse des retraites "absolument nécessaire"

Mais en dehors de cette magouille politique le système est sain, simple et indestructible.

On nous a bien fait le coup publicitaire du "choc démographique", à la télé on entendait "plus de retraités, moins d'actifs, comment on fait ?" (sous entendu on baisse les retraites)

Mais ce raisonnement est inepte puisqu'il néglige la productivité toujours croissante du travail. C'est un argument démagogique, comme celui qui consisterais à dire :

- en 1945 il y avait 4 millions d'agriculteurs pour nourrir 50 millions de français
- en 2000 il ne reste plus que 500000 agriculteurs pour nourrir 60 millions de francais
- DONC on va tous mourir de faim

Comme on est pas tous (pas encore!) morts de faim, c'est que le raisonnement est débile !

Il néglige le phénoménal et incessant accroissement de la productivité des agriculteurs.

Bref la retraite par répartition c'est du solide. Son seul tort c'est qu'elle suppose un (petit) prélèvement sur les bénéfices des capitalistes.


En revanche le système de retraite par capitalisation - que les néolibéraux veulent imposer à n'importe quel prix - fonctionne de manière totalement différente.

Le premier trait remarquable c'est que la retraite versée est proportionnelle aux sommes versées pendant sa vie active. Un riche aura une grosse retraite, un pauvre une retraite minable ...

Le deuxième trait notable c'est que dans ce système, la retraite est gérée par une entreprise privée - ou un organisme fonctionnant de la même manière - et la retraite va dépendre de la gestion des fonds récoltés.

Premier écueil : l'entreprise privée peut faire faillite et tous ceux qui ont cotisés pour leur retraite perdent tout sans guère d'espoir de récupérer leurs billes.

Ce cas de figure est flagrant quand le prestataire est l'employeur. Aux USA, en GB et ailleurs, il est fréquent que lorsqu'une grosse boite fait faillite les salariés ne perdent pas seulement leur job mais aussi leur retraite !

Deuxième inconvénient : la crise boursière !!

Les fonds de pension se comportent généralement comme des "investisseurs" et le plus souvent comme des "spéculateurs", et lorsque la Bourse va mal c'est le fonds de retraite qui trinque !


Je n'ai pas encore de chiffres - et sans doute sont ils confidentiels - mais la chute des valeurs boursières va entrainer inévitablement la chute de nombreux fonds de pensions qui, comme les banques, ont abusés des titres pourris et des combines financières véreuses !

Voila quel est le sens réel des efforts entrepris par nos politiciens néolibéraux pour saboter notre système de retraite par répartition et pour imposer aux salariés de jouer leur retraites à la Bourse dans des fonds de pensions !



PS
Et oui tous les salariés devront se serrer la ceinture - bosser jusqu'à 70 ans peut être - pour sauver le capitalisme !!

C'était notre rubrique : Tous ensemble ! Pour sauver les capitalistes !!

:)

20:25 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

06 octobre 2008

Sarkozy = C.R.S.

Je sais le jeu de mot est facile, pourtant il correspond à une réalité.

Depuis des années on a toujours connu les déplacements de Sarkozy entourés par des légions de CRS attentifs ... à casser à la gueule à tout ce qui proteste ...

Mais depuis une semaine les choses se précipitent, coup sur coup Sarkozy a du écourter deux visites de propagande.

D'abord lors de la réunion des apprentis européens à Bercy ou l'accueil était tellement chaud que Sarkozy s'est trouvé une "obligation impérative" pour décommander sa visite.

Et aujourd'hui chez Renault à Sandouville ou de nouveau l'accueil est tellement chaleureux que malgré le déploiement inouïe des forces de police, Sarkozy a prudemment battu en retraite.

Comme le disait les salariés de Renault lors de cette visite ratée, c'est la première fois depuis 1968 que nous sommes envahis par la police

Terrible !

Sarkozy qui hait jusqu'au souvenir de mai 68 est en train de nous le rejouer :)


Alors que se passe t-il ? Eh bien la "France qui se lève tot" commence à découvrir qu'elle s'est faite eu !

D'ou un certain malaise qui croit, qui croit ...


Bah après tout puisque Sarko aime bien se la jouer CRS facon 68, pourquoi pas nous aussi ?!

Dehors Sarkozy le menteur !!



PS
Et les tentatives pathétiques pour redorer son blason à l'international n'ont guère plus de chance.

On se souvient du Plan Sarkozy en Géorgie que les Russes ont honorés en attaquant Tbilissi le lendemain ...

Ou encore du mini sommet ce dimanche qui se conclut par une baisse sauvage de la Bourse ...

Meme dans ce domaine, Sarkozy n'a jamais montré d'autre talent que d'être le cireur de pompes de Bush et consorts ...

13:39 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)