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27 mars 2007

La culture du resultat.

Aujourdhui grande manifestation regionale des policiers a Marseille :

Marseille (AP) - Plusieurs milliers de militants de l'UNSA-Police -2.000 selon la préfecture, 6.000 selon les organisateurs- se sont réunis mardi après-midi à Marseille pour un rassemblement régional organisé par leur syndicat. L'occasion de renouveler leurs revendications sur les retraites, les salaires, la police de proximité ou la reconnaissance de la dangerosité du métier.
(...)
Les militants ont aussi dénoncé "la culture des résultats", marque de fabrique des années Sarkozy au ministère de l'Intérieur, et réclamé le retour à un "rapprochement de la police et de la population." Depuis la disparition de la police de proximité, assure l'UNSA-Police, "de nombreux réseaux se sont reconstitués et prospèrent de nouveau".


Je ne sais pas si la coincidence avec le depart de Sarkozy est fortuite, mais ce qui est clair c'est l'etat lamentable dans lequel Sarkzoy a laisse la police !

Avec la fameuse "culture du resultat" !!

Desormais la mission d'un policier ce n'est plus d'assurer la securite mais du faire du "chiffre" a tout prix !

Et avec des consequences desastreuses a la fois pour le personnel et pour notre securite.

Pour le personnel c'est une pression permanente qui leur est mise pour faire des "cranes" avec sanction a la clef en cas d'echec. Et si l'on examinait de pres quelques bavures recentes on trouverait surement des fonctionnaires pousses a bout par leur hierarchie !

Et en matiere de securite c'est un fiasco. Pour faire du chiffre il n'y a qu'une solution : cibler les petits delits, repetitifs de preference, par exemple sur les etrangers et les consommateurs de drogues. Et les stats sont fabuleuses : un usager de cannabis = un delit + une elucidation + procedure (tout bon a 100% :)

Ceux qui se regalent de cette nouvelle orientation de la police ce sont les vrais voyous ... peu de gens leurs courrent apres, ca prend trop de temps et ca rapporte rien dans les stats !!

Le pire c'est que cette culture du resultat initiee par la LOLF notamment, et qui est devenu l'etendard de Sarkozy, se generalise a toute la fonction publique.

C'est le fonctionnaire de la repression des fraudes qui annonce fierement 100 controle avec le bon pourcentage de PV, mais sans avouer que sur les 100 controles il y avait 80 kebabs !!
Les gros fraudeurs sont tranquilles, et de toutes facons les plus gros ont trop de relations, in-tou-cha-bles !

Meme le fisc s'y est mis qui annonce regulierement des taux mortels de redressements dont la plupart ne concernent que les "petits" et dont une grosse partie ne rentrera jamais dans les caisses de l'Etat. Pas grave, ce qui compte c'est l'affichage statistique ...

Il ne faut pas rever beaucoup pour imaginer que bientot les instits seront notes sur le nombre de mots que connaissent leurs eleves. Avec un dilemne evident : soit enseigner et se faire sacquer, soit faire du bourrage de crane et produire des cretins a la chaine qui reciteront par coeur ...

Le liberalisme c'est aussi le triomphe de la culture et de l'intelligence, et quand c'est un Sarkozy qui est a la barre c'est au mot culture qu'il sort son revolver :)

Et c'est ainsi que les neoliberaux entreprennent de liquider les services publics en une double manoeuvre : en reorienter le fonctionnement dans le sens des interets du patronat et afficher en public en ecran de fumee plein de "stats" !

Le Sarkozysme en action ...

Au service des privilegies et du vent mediatique pour les autres.


PS.
Derniere sortie du roquet teigneux : cette annee il refusera de revaloriser le SMIC !!
Et dire qu'il existe encore des salaries pour voter Sarkozy. Etonnant cette manie de certains travailleurs de voter pour un candidat qui leur crache au visage plusieurs fois par jour !! mdr

21:31 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

17 mars 2007

La culture du risque.

Lors de son discours du 14 janvier Sarkozy a fait une interessante declaration sur les fonctionnaires qualifies de "demotives" et sur la fonction publique qui serait "le refuge de tous ceux qui ont peur de prendre des risques"

Et c'est cette notion de risque qui m'interesse.

Je fais le rapprochement avec une declaration recente de la presidente du MEDEF, dont Sarkozy porte la politique, qui disait en gros : "tout est precaire dans la vie, l'amour est precaire et pourquoi le travail ne serait il pas precaire ?"

Cet eloge indecent de la precarite doit etre lie a la pretendue "culture du risque" qui est l'une des tartes a la creme du neoliberalisme.

Il va sans dire que l'on parle ici du risque des salaries et des gens modestes.

Pour les elites, genre Sarkozy, le "risque" consiste a naitre a Neuilly sur Seine, de parents aises, a frequenter le lycee bourgeois du quartier avant de faire des etudes de droit dans une faculte non moins bourgeoise et d'ouvrir un cabinet d'avocat d'affaire sans doute avec l'appui familial ...

Pour les nantis c'est donc plutot la culture du risque zero : tel ces PDG qui exigent des millions d'indemnites en cas de licenciement et qui les touchent meme si ils ont ruine l'entreprise !! (Le risque oui mais pas la responsabilite apparemment :)

C'est encore le cas de ce fils de grande famille, adepte des sports extremes, et dont la famille mobilise l'armee et l'aviation le jour ou il s'egare dans le desert. Car les nantis aiment bien le risque mais modere !

A l'inverse si le fils de Mohamed X, ouvrier smicard dans le batiment, s'egare de la banlieue dans le metro parisien, il peut compter sur la celerite de la police et de la justice pour le remettre dans le droit chemin :)

Bref la culture du risque dont cause le neoliberalisme, c'est le risque maximum applique aux salaries.

Faisons un retour par la case economie. Dans la liturgie patronale l'entrepreneur est celui qui donne son temps et son argent (ou celui des actionnaires) pour creer une entreprise et qui en supporte le risque (tres modere dans le cas des societes)

C'est sur la base de cet argument que le patronat refuse de partager equitablement la richesse produite par l'entreprise : puisque c'est moi qui prend le risque il est normal que je ramasse tout le benefice et que je laisse des miettes aux salaries.

Bien evidemment cet argument est bidon. Dans une entreprise ce n'est ni l'entrepreneur, ni les actionnaires qui creent la richesse, ces sont les salaries !!

Mais revenons a la theorie patronale neoliberale, que l'on peut dater - sans carbone 14 - des annees 60 à 80. Il s'agit maintenant de deporter les risques qui sont supportes par l'entreprise sur les salaries !

En pratique cela conduit a ne plus payer les charges sociales (retraites, secu ...) au nom de la liberte (bien sur !) pour chacun de cotiser individuellement pour la maladie, la retraite etc (le salarie doit apprendre a supporter les risques de la vie et a ne plus etre un assiste !)

Et plus precisement on cherchera a ne plus payer que le travail effectif. Par exemple j'ai besoin de 2 journees de travail alors je paye 2 journees, et tant pis si le salarie creve de faim le reste du mois, c'est son probleme pas le mien.

Ce qui conduit le neoliberalisme, dans le cadre de la "mondialisation", a supprimer partout la notion meme de contrat de travail. Desormais, et c'est le projet explicite de Sarkozy - sous le nom de contrat unique - on en revient au contrat de louage.

Exemple : je vous embauche pour produire, mais le marche se retrecit et je vous vire aussi sec, eventuellement a la prochaine embellie je vous rembauche pour quelques jours, et ainsi de suite ... la precarite generalisee !

Et en effet, de cette facon une grande partie des "risques" qui etaient supportes par l'entreprise sont aujourdhui reportes sur les salaries. Une baisse des ventes ? Pas de souci je vire 10 salaries et mon compte d'exploitation reste intact ! (et tant pis si je brise la vie des salaries et de leurs familles c'est pas mon probleme)

Le neoliberalisme repose sur un egoisme forcene et antisocial, et associal meme !!

Car on ne peut pas construire une societe viable sans un minimum de securite pour les moins nantis ...

C'etait ce regime de precarite qui etait en vigueur au 19eme siecle ou le "journalier" (on dirait SDF aujourdhui) errait de villes en villes chercher son travail a la journee ... jusqu'a ce que des Revolutions imposent un contrat de travail qui permettent de vivre decemment, d'avoir une habitation, d'elever une famille etc ..

Le neoliberalisme porte par Sarkozy nous propose de revenir a cette belle epoque.

Malheureusement pour lui, et on l'a vu le 29 mai 2005 avec le rejet du TCE ultraliberal, les gens commencent a se mefier !!


Eliminer Sarkozy sera une question de vie ou de mort pour nombre de salaries !!


PS
Et quand on voit la reforme des maladies professionnelles et des accidents du travail concoctee par le patronat et les syndicats on peut se dire que la formule n'est pas forcement excessive !!

11:52 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

12 mars 2007

300 euros.

300 euros pour tous : c'est l'une des revendications des salaries de PSA qui sont en greve depuis le 28.

L'histoire de cette greve est amusante, c'est le succes de la greve dans l'entreprise voisine Metallo (ils ont eu 100 euros) qui a donne des idees a ceux de PSA

Esperons que d'autres seront inspires par leur exemple.

Tous ce que nous avons eu en 36 en 45 ou en 68 est en train de fondre comme neige au soleil et une piqure de rappel pour rappeler au patronat que les salaries existent encore ne serait pas un luxe !

Au passage on notera tout l'interet de l'augmentation unique pour tous.

D'habitude patronat et syndicat proposent toujours une augmentation en pourcentage (minime en general :)

Or une augmentation en pourcentage profite proportionnellement aux gros salaires et moins aux petits, tandis que l'augmentation fixe donne a tous le meme avantage.

De l'art de savoir faire des greves democratiques jusque dans les details !


PS.
Ah on est loin des clowneries de la bande des 4 ou 5, ou le Bayrou nouveau le dispute au "social" sauce Sarkozy oppose au social liberalisme tendance PS ...

22:17 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

09 mars 2007

Avis de deces !

Extrait d'une depeche AFP :

Clermont Ferrand, 8 mars 2007 (AFP) - La circulation des trains a été interrompue entre les gares de Neussargues (Cantal) et Saint-Chély-d'Apcher (Lozère) en raison de la dégradation de la voie ferrée, a-t-on appris jeudi auprès de la SNCF.

"Nos services techniques ont détecté une dégradation de la voie ferrée ne permettant plus de garantir la circulation des trains en toute sécurité", a indiqué la direction régionale de la SNCF de Clermont-Ferrand dans un communiqué. Les voies sont "dans un état alarmant" sur une trentaine de kilomètres, a précisé un porte-parole de la SNCF.

Un train grande ligne Paris-Clermont-Béziers et un train de fret circulaient quotidiennement sur cette ligne, empruntée le vendredi et le dimanche par un TER Languedoc-Roussillon.

Un service de substitution par autocar a été mis en place pour les voyageurs entre Neussargues et Saint-Chély-d'Apcher.



Ces quelques lignes pourraient bien signifier la mise a mort de la ligne de chemin de fer Paris Beziers.

Depuis que la SNCF se privatise les lignes a faible profitabilite sont fermees le plus rapidement possible. Ce qui est une decision logique d'un point de vue financier : mieux vaut peu de lignes (TGV) mais tres rentables que beaucoup de lignes degageant peu de profit. Tel est le credo du capitalisme !

Sans consideration aucune de l'utilite publique, du role social (desenclavement), economique (transports), ecologique (faible pollution), securite routiere, ...

Evidemment dans le cas de la ligne Paris Beziers sa liquidation ne s'est pas faite sans mal !

L'importance de ce axe de transport et son utilite est tel que des mobilisations importantes ont eu lieu. Non seulement les traditionnels mots de "compassion" des elus UMP-PS mais aussi par la creation d'un comite de defense tres actif : Le Comite pluraliste pour la defense de la ligne Paris Beziers.

Anime par des communistes notamment il a organise nombre de manifestations dans la region.

Il faut dire que les enjeux sont importants. Non seulement toute une serie d'emplois lies a la SNCF risquent de disparaitre, mais toute une partie de la Lozere, par exemple, sera desormais hors reseau ferre. Et dans le cas de la ville de St Chely c'est meme la survie du principal employeur departemental Arcilor qui en est jeu !

Alors la SNCF n'a pas lesine sur les moyens pour liquider cette ligne !

Ils ont dabord commence par laisser la ligne se degrader naturellement en ne l'entretenant plus. Ce qui nous a valu d'ailleurs recemment un deraillement inquietant du cote de Saint flour.

Et quand une poignee de cheminots a entrepris de restaurer la ligne, en dehors de leurs heures de travail, ils ont ete severement sanctionnes !!

A vous degouter de la valeur travail si chere au MEDEF et a son porte voix officiel Sarkozy :)

D'autres maneouvres plus sournoises ont ete appliquees : par exemples les horaires ont ete rendus inutilisables, avec des durees de trajet prohibitives et des calendriers ingerables, de maniere a decourager les derniers utilisateurs qui s'obstineraient encore a utiliser cette ligne !

Et bien entendu pendant ce temps la SNCF et RFF soutirent le maximum d'argent aux contribuables, via l'Etat et la Region, pour "assurer le service public", disent ils ! :)

Et voila le resultat.

Non seulement la ligne directe Paris Beziers va etre supprimee mais encore les troncons restants, ceux qui ne seront pas purement et simplement desequipes, seront convertis en TER et revendus aux Regions ... voire au prive !


C'etait dans le cadre de notre chronique : les bienfaits evidents du neoliberalisme a la Blair Sarkozy ...

Quand je pense a ma jeunesse ou l'on pouvait se presenter dans une gare, prendre un billet et quelques heures plus tard acceder a peu pres a n'importe quelle commune de France (au prix de quelques heures de secousses mais en traversant confortablement et en toute securite les magnifiques regions de France)

Nostalgie ! Et colere aussi !!


PS. Et j'ajoute que la ligne Paris Marseille (Le Cevenol) est dans le collimateur aussi ...

10:38 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

04 mars 2007

L'intelligence economique.

Qu'est ce que l'intelligence economique ?

En pratique l'intelligence economique consiste à rassembler et exploiter toutes les informations qui peuvent etre utiles a l'entreprise. Informations sur les clients, les concurrents, la technologie, les marches, etc. Le nom un peu bizarre vient de l'anglais "intelligence" qui signifie a la fois intelligence et renseignement (c'est le I de l'acronyme CIA)

L'intelligence economique (IE en abrege) consiste donc a espionner l'environnement de l'entreprise, et aussi l'entreprise elle meme (!), afin de rassembler toutes les informations utilisables par l'entreprise. C'est une demarche de renseignement dans un but economique.

Voici une liste non exhaustive des themes qui interessent un chef d'entreprise, ou le cadre responsable de l'IE : nouvelle technique de fabrication, penetration de nouveaux marches, evolution des entreprises concurrentes, attitude des syndicats et du personnel, surveillance de la reglementation et de la legislation ...

Comme on peut le deviner les centres d'interets de l'IE sont virtuellement illimites, ce qui pose a notre societe un probleme assez grave comme on le verra ci dessous.

Historiquement l'IE a toujours existe. C'est par exemple Marco Polo ramenant en Europe les technologies de l'Asie ou encore, lors de la Revolution industrielle, les grands pays europeens qui envoyaient plus ou moins discretement des ingenieurs a l'etranger avec mission de decouvrir les procedes de fabrication.

La chose n'est donc pas nouvelle. Mais parmi les facteurs qui ont donne un coup de jeune au vieux concept de l'espionnage industriel, rebaptise plus decemment IE, on doit en considerer au moins deux.

D'une part une cause economique : la mondialisation et la financiarisation de l'economie ont aiguise la competition entre les entreprises. L'entree dans l'ere de l'information ne doit pas etre negligee. (on peut faire chuter une entreprise en revelant une information interne, vraie ou fausse :)

D'autre part une cause historique : avec la fin de la guerre froide tout l'appareil de renseignement (des centaines de milliers d'emplois !) s'est privatise, passant du service des Etats au service des interets prives. Les services secrets officiels se mettant au service des entreprises, tandis qu'un secteur prive florissant, employant d'ex agents secrets, se developpait a toute vitesse.

Supreme consecration il existe maintenant de nombreuses filieres, universitaires ou privees, consacrees a l'enseignement de l'IE et qui delivrent des diplomes officiels.

Dans la vie de l'entreprise l'IE se decline principalement en deux volets, bien que la terminologie soit assez flexible.

1 - la veille.

La veille c'est le nouveau nom du service de documentation que toute entreprise d'une taille suffisante se doit de posseder. Alors qu'a l'origine la veille se limitait a surveiller les progres de la science et de la technologie, on prefere maintenant organiser une surveillance generale de l'environnement de l'entreprise.

Les sources de la veille sont les revues, la documentation papier, l'exploitation des bases de donnees (brevets, articles, news ...) et depuis une dizaine d'annees la surveillance de l'internet, generalement par des logiciels specialises.

La veille est plutot une demarche statique. L'information arrive, elle est triee, classee, diffusee pour analyse et exploitation.

2 - le renseignement.

Au contraire de la veille, le renseignement est plutot une demarche active. On va chercher a trouver l'information non seulement dans la documentation mais egalement en interrogeant des personnes qui font partie de son reseau relationnel ou de celui de l'entreprise.

Pour etre clair il faut bien preciser, que qu'aucun professionnel n'avouera jamais, que les informations a trouver sont parfois secretes. Il faut alors "soudoyer" un employe, infiltrer un "agent" dans l'entreprise concurrente, "detourner" les communications, etc. Et compte tenus des risques juridiques (ben oui l'espionnage est un delit !) ces operations sont generalement sous traitees a des entreprises specialisees (ou l'on retrouve la fine fleur des barbouzes passes dans le prive:)

D'un point de vue operationnel, la plupart des pratiquants de l'IE adoptent le celebre "cycle du renseignement" qui decompose les operations en un cycle d'etapes complementaires :

- determiner ce que l'on doit chercher
- identifier les sources
- collecter les informations
- analyser et diffuser le renseignement

(Dans le vocabulaire du metier "l'information" c'est l'information brute provenant de la source tandis que le "renseignement" est le produit elabore destine au "client")

L'IE etant un domaine tres vaste on voit apparaitre egalement des secteurs connexes comme la "gestion des connaissances" (knowlege management) qui consiste a organiser methodiquement l'information a l'interieur de l'entreprise ou encore des theories sur la gestion de l'innovation. Mais le coeur du metier demeure le renseignement (ou comme on disait autrefois l'espionnage :)

Donc si un jour un curieux vous demande l'adresse de votre fournisseur pour cette belle couleur bleue qui orne vos produits, il s'agit peut etre d'un "agent" ennemi qui essaye de determiner votre chiffre d'affaire en divisant la quantite de peinture achetee, obtenue par d'autres voies, par la quantite utilisee pour chaque marchandise !

Ca a l'air complique comme ca mais ca l'est vraiment. Les professionnels dans ce domaine sont plutot des gens compliques (des vicieux aussi :) Voici par exemple le detail d'une operation visant a destabliser une entreprise : Operation Volutes, mais la on est encore dans le soft ...


Que penser de l'IE ? Eh bien il y a au moins deux problemes qui devraient interpeller le citoyen.


Le premier probleme pose par l'IE, et qui encore peu visible, c'est qu'elle menace les libertes des salaries.

Lors du recrutement on cherchera a connaitre tout d'un salarie, cela a toujours existe. Mais le developpement des fichiers informatiques recoupes avec des informations provenant des services publics constitue un probleme. Car apres tout on peut etre un excellent bagagiste a Orly et avoir un arriere cousin salafiste ...

Introduire la logique policiere a l'interieur de l'entreprise c'est se mefier davantage de ses salaries. Les mesures de surveillance deviennent de plus en plus exorbitantes. Peut on accepter d'etre licencie pour avoir acheter, dans sa vie privee, un produit de la conccurence ?

Et il ne faut guere compter sur la CNIL, dont les pouvoirs se reduisent comme peau de chagrin et qui l'annee derniere etait au bord de la cessation de paiement !

Bref ce "culte du renseignement" generalise dans toutes les entreprises devient preoccupant. Et maintenant meme les PME se mettent a l'IE !


Le second probleme c'est la privatisation des services de l'Etat au service des entreprises. Les thuriferaires de l'IE, souvent dirigeant d'entreprises dans ce domaine, ont inventes un concept original pour essayer de faire passer la pillule : le "patriotisme economique"

L'idee c'est de dire que ce detournement des moyens publics profite a des entreprises nationales, qui profitent a des salaries francais, et blablabla ... L'ennui c'est qu'il n'existe plus beaucoup d'entreprises francaises, excepte le plombier (d'ailleurs polonais:) ou le garagiste en bas de la rue !

La statistique nous apprend que les grandes entreprises francaises sont au moins a 50% possedees par des etrangers. Et seraient-elles francaises a 100% que la necessite de faire du benefice l'emporte toujours sur le patriotisme (et si en Chine on peut gagner un peu plus on delocalise sans probleme !)

Le "patriotisme economique" ne profite donc pas aux Francais mais aux capitalistes ! (Car contrairement a une idee tres repandue, inculquee de force depuis maternelle, les entreprises ont un capital - eh oui - qui est detenu par une minorite de capitalistes, en France moins de 10% de la population :)

On retrouve donc le fameux probleme du "moins d'Etat" qui consiste en realite a supprimer toutes les administrations "sociales", utiles aux populations, pour les remplacer par des administrations utiles pour les capitalistes ...

Finalement l'intelligence economique est un concept pas tellement moderne mais que la modernite a rendu de plus en plus dangereux pour la societe !!

15:38 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)