Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

20 avril 2007

Machines a voter.

L'excellente revue Interstices publie un article sur les problemes souleves par les machines a voter : Interstices

Et le Journal du Net publie régulierement des articles sur le meme sujet. Journal du Net

Chacun se fera son idee mais personnellement je ne comprends pas qu'on tolere les machines a voter.

Ce n'est meme pas une question de technique. Car apres tout il est possible de fabriquer des machines honnetes et fiables.

Le vrai probleme c'est celui du controle democratique des machines et des logiciels.

Il y a au moins deux points de controles a verifier :

1 - verifier la machine elle meme, materiel et logiciel, essentiellement pour verifier la "robustesse" du logiciel, les questions de securite du materiel et aussi l'ergonomie (pleins de pannes proviennent des utilisateurs malchancheux :)

2 - verifier l'utilisation des machines, car il ne suffit pas d'avoir une machine en etat de marche, encore faut il que personne ne vienne faire derailler le resultat en sa faveur !

Sur ces deux points c'est la panique complete. Les constructeurs refusent de faire examiner materiel et logiciel. Evidemment quand on voit les bugs qui surgissent on comprend qu'ils la jouent modeste.

Quand a la verification, in situ, des machines par des informaticiens competents cette fois ce sont les ministeres qui refusent en disant "Faites nous confiance"

Or les fonctionnaires sont des employes du gouvernement, donc les fonctionnaires sont des employes des politiciens.

Et un politicien qui dit "Faites moi confiance !" ... euh
no comment :)


C'est le fond du probleme. Le citoyen lambda n'est plus en mesure de verifier la sincerite du scrutin.

Actuellement n'importe qui peut aller dans son bureau de vote et assister au depouillement et tous les partis envoient des scrutateurs, ce qui exclue toute fraude serieuse.

Demain le president du bureau de vote dira : "Faites moi confiance"

Ben non justement !

Toute la democratie depend de la possibilite de ne pas faire confiance !!

Debat fiscal ?

L'un des syndicats de fonctionnaires des impots vient de publier un livre : "Quels impôts demain?" aux Editions Syllepse qui reprend les grandes questions fiscales qui nous concernent tous : quelle fiscalite, a qui profitent les reductions d'impots, qui doit payer, etc.

Au debut de la campagne il y a bien eu un semblant de debat au sujet de l'ISF, mais le theme n'est guere polemique car les quatre plus grands candidats ont a peu pres les memes propositions : exonerer les plus riches, alleger l'ISF (cf declaration de Migaud du PS), faire porter tout les poids des impots sur les salaries (prelevement a la source, CSG sociale, etc)

Alors ce fut le silence assourdissant a propos des impots.

Depeche AFP - 19 avril 2007. Présidentielle: le Snui déplore que le "débat fiscal" n'ait "pas eu lieu"

Le Syndicat national unifié des impôts (Snui) a estimé jeudi que le "débat fiscal n'aura pas eu lieu" pendant la campagne présidentielle déplorant que les "questions de fond" n'aient pas été abordées dans ce domaine.

Si l'impôt sur la fortune (ISF) "a occupé une place dans le débat inversement proportionnelle à celle qui est la sienne dans les recettes fiscales (1,5%), on aura très peu parlé des autres impôts" ou des "véritables questions de fond", juge le syndicat dans un communiqué.

Pour le Snui "certaines vérités de bon sens n'ont pas été rappelées", tel le fait que "le +coût+ d'une année de scolarité au collège avoisine en France les 7.500 euros" et que sans impôt, il serait "impossible à la plus grande partie de la population d'accéder à l'éducation nationale".

Revenant sur la proposition de Nicolas Sarkozy (UMP) de supprimer la quasi-totalité des droits de succession, le Snui souligne que 80% des successions entre parents et enfants et 90% des successions entre conjoints ne sont actuellement pas imposables "du fait des abattements existants".

Il note aussi le "manque à gagner" qui découlerait d'une telle mesure, alors que "les droits de succession et de donation rapportent 8 milliards d'euros au budget de l'Etat".

Quant à l'instauration dans certains secteurs d'une "TVA sociale" (hausse de cet impôt pour financer la protection sociale et baisse parallèle des cotisations patronales), évoquée par M. Sarkozy, "personne ne croit à une expérimentation", affirme le syndicat en déplorant que "le peu de marge de manoeuvre dont dispose la France", où la TVA est à 19,6%, n'ait "pas été souligné".


Et pourtant s'il est une question qui est revelatrice des choix de societe des uns et des autres c'est bien la question des impots !!

Extrait du programme defendu par Besancenot :
Texte complet (pdf)

2. L’impôt doit redistribuer la richesse

1% de la population détient 20% du patrimoine national et 10% de la population en détient 50%. Les revenus du capital (monétaire, immobilier) sont sous-taxés par rapport à ceux du travail (salaires, retraites). Cette situation n’est pas nouvelle, mais elle a été accentuée dans les dernières décennies par les politiques fiscales des gouvernements successifs et par leur refus d’imposer la moindre harmonisation fiscale européenne. Pour mettre fin à cette situation scandaleuse, il faut agir sur tous les plans et sur tous les impôts. Le fil directeur doit être de faire contribuer les personnes en fonction de leur richesse comme de rendre à la collectivité les biens indûment acquis.

Suppression des impôts non progressifs : les impôts indirects (TVA, taxe sur les produits pétroliers) qui constituent plus de la moitié des recettes fiscales, sont les plus injustes socialement. Leur taux est le même pour tous, quelque soit le revenu. Il faut les supprimer en commençant par les produits de première nécessité (alimentation, habillement...).

Les impôts locaux, levés par les collectivités territoriales sont marqués par l’inégalité entre communes riches et celles frappées par la désindustrialisation et le chômage. Cette tendance est aggravée par les effets du désengagement de l’Etat, qui sous couvert de décentralisation transfère des charges sur les collectivités territoriales sans moyens financiers.

Les impôts progressifs et l’imposition du capital doivent devenir le seul mode de financement des dépenses publiques L’impôt sur le revenu (à peine 17% des recettes fiscales) est l’impôt dont le principe est le plus juste : il est progressif, c’est-à-dire que son taux augmente avec le revenu taxable.

Mais il repose aujourd’hui essentiellement sur les revenus du travail, les autres revenus y échappant plus facilement soit en raison de la fraude soit en raison de dispositions légales allégeant la taxation de certains revenus. Il faut donc, dans un premier temps, rétablir la progressivité en supprimant les exonérations qui ne profitent qu’aux revenus les plus hauts, pour ensuite taxer plus lourdement le capital et ses revenus. Cela passe notamment par un taux de taxation plus fort pour les revenus des capitaux, l’instauration d’un véritable impôt sur la fortune qui frappe tous les éléments : actions, objets d’arts etc.

Enfin, il faut arrêter les exonérations et cadeaux fiscaux aux entreprises et taxer leurs profits. Aucune réforme sociale significative ne peut se faire sans réforme fiscale. De plus aucune réforme fiscale ne peut se faire sans une harmonisation européenne. Si l’argument souvent fallacieux de la fuite des capitaux est largement utilisée pour justifier les cadeaux fait aux plus riches, il n’en demeure pas moins que les différences de taxation sont déjà largement utilisées par ceux qui en ont les moyens.

Il conviendra donc d’imposer au niveau européen une harmonisation et l’adoption de mesures permettant de lutter contre les paradis fiscaux .

Conclusion : il ne vous reste plus que 48H pour lire le programme de Besancenot et decider de voter 100% a gauche. Faites vite !! :)

Fichier PDF du programme

17 avril 2007

Le vote utile.

En ce moment le PS lance une grande manoeuvre de desinformation sur le theme : Votez Royal au premier tour sinon ... gare au second tour !

Ca ne prend pas. Cette fois Le Pen ne sera pas au second tour pour deux raisons :

- d'une part le nombre des electeurs qui votent pour Le Pen est fixe. En 1995 et en 2002 il avait le meme nombre de voix. Il est passe uniquement parce que les electeurs socialistes ne sont pas alles voter Jospin. Et en 2007 Le Pen risque meme de perdre des voix en faveur du "vote utile" pour Sarkozy

- d'autre part en 2007 le nombre des electeurs inscrit atteint des records signe que tout le monde a compris l'importance de cette election. L'abstention ne peut que baisser. Et compte tenu des enjeux, une bipolarisation (ou a la rigueur une tripolarisation) est assuree.

Le second tour sera donc entre Sarkozy et Royal, ou a la rigueur Bayrou. Point barre.

Il appartiendra ensuite a chacun de se decider entre l'ultraliberalisme debride de Sarkozy et la voie du social liberalisme proposee par Royal.

Ou bien dans le pire des cas entre deux candidats de droite.

Meme si les sondages donnent Sarkozy gagnant, un mouvement populaire dirige contre le herault du patronat et du liberalisme est tout de meme probable.

De meme que tous les francais conscients se sont leves contre le risque fasciste en 2002, on peut raisonnablement esperer un tel "soulevement" electoral en faveur du candidat oppose a Sarkozy.

Ou alors notre pays est mur pour le neoconservatisme americain. C'est une hypothese douteuse.

Mais dans tous les cas de figure, s'abstenir de voter pour ses idees et pour son candidat sous le pretexte du vote utile est une double arnaque.

- c'est une arnaque parce que ce n'est pas utile pour eliminer l'excite au Karcher

- c'est une arnaque parce que c'est cautionner des idees social-liberales

Donc au premier tout autant voter pour ses idees et de preference a gauche :)

Et surtout pour un programme de gauche !!

Pourquoi est ce important ?

Parce que tous les partis politiques influent pretendent que c'est le patronat qui est le plus important et que tout doit etre fait en faveur des nantis et des privilegies.

Jusqu'a creer des lois speciales favorisant le statut de "riche" soit disant pour les empecher de partir !!

Et que tous les salaries se rendent bien compte qu'il manque dans ce pays un parti qui defende unilateralement le camp des salaries !

Avec autant d'energie que le MEDEF, qui defend bec et ongle le patronat contre les salaries !

Certes la LCR n'est pas ce parti, pas encore. Ce n'est qu'un petit groupe de gauche.

Mais c'est aussi le seul parti politique qui propose un programme de gauche serieux, coherent, realisable et surtout efficace pour faire reculer misere, chomage, injustices !!

Et donc voter Besancenot c'est le seul moyen de defendre des idees 100% à gauche.

Besancenot

13 avril 2007

Quel choix en 2007 ?

Pour quelqu'un qui s'interesse peu a la politique le choix d'un candidat doit etre un vrai casse tete !

Quels criteres retenir ? La personnalite du candidat(e), plus ou moins sympathique, competent, decide ?

Doit on se fier au programme electoral et aux promesses ? Le SMIC (brut :) a 1500 euros, telle ou telle reforme du travail, de la justice ?

Alors je le dis clairement voter pour un candidat en 2007, aujourdhui plus que jamais, c'est voter pour une politique !

C'est a dire qu'il faut regarder au dela des propositions chocs, plus ou moins demagogiques, et s'interroger sur le projet de societe porte par chaque candidat.

Ne pas penser details (35H) ou particularites (handicapes) mais penser global.

Sous cet angle la les choses apparaissent plus claires. Resumons un peu :


Nicolas Sarkozy : Son projet economique est fonde, dans tous les domaines, sur l'ultraliberalisme. A terme nous n'aurons plus ni services publics, privatises, ni systeme social (secu, retraites, ...) privatise egalement.

Et sur le plan social, le code du travail sera revise et les travailleurs n'auront plus qu'un seul droit : travailler (plus :) et se taire. Avec deux arguments majeurs : ordre moral et repression !

Sans doute le candidat Sarkozy n'arrivera pas a tout realiser, la privatisation de l'education nationale est un gros morceau et il faudra surement plusieurs mandatures. Mais son projet global est clair : c'est l'americanisation de la societe francaise.


Segolene Royal : Son projet economique est exactement le meme que celui de Sarkozy. Et la candidate annonce clairement la couleur : son modele sera celui du neoliberal Blair en Angleterre.

Sur le plan social, la candidate promet de conduire cet ultraliberalisation de l'economie en menageant autant que faire se peut les salaries. D'ou le surnom de social-liberalisme attribue a cette politique.

Etant precise que lorsque les deux aspects - social vs liberalisme - entrent en conflit c'est le second qui l'emportera toujours. Et le projet de societe du PS c'est le modele Danois-Suedois. Un modele d'ailleurs en voie de disparition.


Francois Bayrou : Son projet social et economique n'est jamais clairement affiche. Mais son parcours politique montre que ce candidat s'est toujours rallie, depuis 30 ans, a une vison de la societe de droite. Et il est peut vraissemblable qu'il change.

Un gouvernement Bayrou serait sans doute une longue succession de coups de barre a droite, vers la societe de Sarkozy, et a gauche vers le projet PS.

La societe que nous propose Bayrou est un liberalisme tempere, proche de celui de S. Royal, et qui favorise une bourgeoisie ("bobo" ?), soit disant eclairee. Et guere favorable aux salaries.


Jean Marie Le Pen : Il represente le projet de societe de la vieille droite reactionnaire francaise, la plus bete du monde. Elle luttait contre la Republique au debut du siecle dernier, soutenait Petain en 1941 (au cri de "plutot Hitler que le Front populaire"), l'Algerie francaise en 1960 et les integristes de nos jours.

Au moins les references historiques sont claires. Neanmoins le "fascisme est un realisme" comme ils disent. Ce qui signifie concretement que le FN se ralliera au plus offrant si cela est avantageux.

Le plus offrant etant souvent du cote des nantis, des industriels et des financiers, les travailleurs n'ont rien a attendre du projet Lepeniste, sauf des coups severes.


Philippe de Villiers : Celui qui arrive a trouver une difference avec le FN me previent, moi j'abandonne !

Ah si, Le Pen est nettement plus malin en politique :)


Marie Josee Buffet : Le projet "communiste" n'existe pas. Depuis le PCF de Moscou a celui du ralliement au social-liberalisme (la gauche "plurielle") ce parti n'a plus qu'une seule politique : survivre et preserver ses privileges.

Pour etre franc voter communiste n'est vraiment interessant que lorsque l'on fait partie du "business" communiste (syndicats, CE, elus, etc.) sinon on est plutot un "idiot utile" du PCF.

Le projet de societe du PCF est ... n'importe lequel (droite, gauche, fasciste...) pourvu que le gouvernement accorde une petite place au soleil au Parti et a ses militants. Les salaries sont la masse de manoeuvre du parti, rien de plus.


Dominique Voynet : Le courant ecologiste surfe sur un probleme reel qui est la destruction de notre planete. Mais sa pratique politique pose probleme. Et le ralliement des Verts aux ecolos "realistes" allemands, qui gere le pays avec la gauche et la droite, ne rassure pas non plus.

Ce courant est tellement divise qu'il est impossible, a priori, de connaitre leur projet reel. Mais depuis la participation aux gouvernements successifs de ministres ecolos defendant le nucleaire, le courant Vert a perdu toute sa credibilite.


Arlette Laguillier : C'est un programme de gauche, un parti aux traditions proches des sectes, et une candidate mediatique.

Le parti de Laguillier propose une societe socialiste et defend les interets des salaries. Mais en 2002 n'appelle pas a voter contre Le Pen. Il y a bien un projet de societe de gauche mais personnellement je n'y crois pas. Une societe a parti unique omnipotent ne correspond plus aux besoins du 21eme siecle.


Olivier Besancenot : (evidemment puisque c'est le candidat que je soutiens :)

Le programme de la LCR consiste a inverser le raisonnement actuel tenu pour les grands partis de gauche et de droite. Ces gens la nous disent que dans la societe tout depend des capitalistes, et donc tout doit etre oriente en faveur des capitalistes, des actionnaires des entreprises et d'une facon generale tout doit favoriser les plus riches.

A cela Besancenot repond que dans la societe tout depend des travailleurs et que tout doit etre fait en faveurs de ceux qui travaillent ou qui aimeraient bien travailler. C'est aussi simple que cela.

Le reste est une question de volonte : la societe n'est jamais que ce que les hommes (les femmes) en font !!

Pour les details je vous renvoie au site de la LCR et au site de Besancenot.

Mais le projet de societe est clair : une societe democratique ou les salaries decident des choix qui orientent l'economie.


Et je passe sur les petits candidats dont le projet de societe est encore plus difficile a cerner que celui des grands courants bien identifies : que penser d'un candidat des chasseurs par exemple, est ce serieux ?

12 avril 2007

Un homme dangereux !

Azouz Begag, ex membre du gouvernement, vient de publier un livre consacre a Sarkozy. Cf Le Monde.

Visiblement adopte au gouvernement pour etre "l'arabe de service" affiche par Sarkozy pour rallier les voix de banlieues, Begag raconte comment il etait traite comme un bouffon (sic) par Sarkozy

Et il raconte aussi les menaces de Sarkozy : "connard ! je vais te casser la gueule !" et autres gentillesses !

Cf Extrait du livre.

Ce n'est pas un langage de ministre, et encore moins de presidentiable, mais ca montre bien comment fonctionne le personnage Sarkozy : magouilles, violence, intimidations, absence totale de scrupule ..

Les electeurs doivent le savoir !

Le titre du livre de Begag s'intitule "Un mouton dans la baignoire" en reference à l'un des plus demagogiques mensonges de Sarkozy selon lequel les "arabes" egorgent leur mouton dans leur baignoire

Une pratique qui a disparue depuis des decennies, si tant est qu'elle ait reellement existee, mais que Sarkozy et l'extreme droite fascisante evoquent regulierement ...

C'est evidemment la politique anti sociale, anti travailleurs et ultraliberale qui constitue le plus grand danger d'une election de Sarkozy.

Mais se rendre compte que le personnage est vraiment dejeante c'est important aussi !!